La Russie espère un retour à la croissance en 2016

Moscou — Le ministre russe de l’Économie, Alexeï Oulioukaïev, a estimé mercredi que l’économie russe pourrait enregistrer une légère croissance en 2016 en dépit de l’effondrement des cours du pétrole, qui n’a pas eu des conséquences aussi dramatiques cette année que l’an passé.

« Bien sûr, notre situation va dépendre des limitations liées à l’évolution des marchés de matières premières, mais un résultat légèrement positif sur l’année peut être atteint », a déclaré le ministre, cité par les agences russes.

Il a précisé que l’évolution du PIB et la production industrielle pourraient se retourner pour redevenir très légèrement positives dès le deuxième trimestre. Le PIB de la Russie a chuté de 3,7 % en 2015 en raison des sanctions occidentales imposées sur fond de crise ukrainienne et du plongeon du marché pétrolier. Alors que Moscou espérait un retour à la croissance cette année, les cours du pétrole ont violemment décroché fin 2015 et de nombreux économistes, dont ceux de la banque centrale russe ou du FMI, tablent sur une poursuite de la récession cette année.

Mais pour M. Oulioukaïev, ce deuxième choc pétrolier n’a pas eu des conséquences aussi dramatiques pour que celui survenu un an plus tôt (plongeon du rouble, envolée des prix, brusque hausse des taux de la banque centrale, chute de la production…). Cette fois « la dévaluation n’est pas significative, l’inflation n’a pas augmenté et ralentit […], le taux directeur n’a pas été relevé […] et les conséquences ont été très peu significatives pour l’économie réelle », a jugé le ministre.

Il a souligné que le fort ralentissement de l’inflation, actuellement à 7,9 % sur un an, donnait « une importante marge de manoeuvre pour une baisse du taux » de la banque centrale, mais que le calendrier relevait de la compétence de cette institution.