Créer de la richesse en polluant moins est à la portée de l’industrie

«Le monde a besoin de plus d’éoliennes, pas de nouveaux pipelines de sables bitumineux», a réagi mercredi Greenpeace.
Photo: Spencer Platt Agence France-Presse «Le monde a besoin de plus d’éoliennes, pas de nouveaux pipelines de sables bitumineux», a réagi mercredi Greenpeace.

Les émissions de gaz à effet de serre (GES) associés au secteur de l’énergie n’ont pas augmenté en 2015 et se trouvent essentiellement au « même niveau qu’en 2013 », s’est réjoui mercredi l’Agence internationale de l’énergie en évoquant un « découplage confirmé » entre croissance économique et pollution atmosphérique.

Cette deuxième année de stabilité des émissions de GES survient alors que la Chine et les États-Unis, plus grands émetteurs au monde, ont vu leurs émissions diminuer de 1,5 % et 2 % respectivement, en raison d’un usage plus modéré du charbon pour produire de l’électricité. En contrepartie, elles ont augmenté ailleurs en Asie, de même qu’en Europe.

« Ces données confirment l’étonnante mais réjouissante nouvelle de l’an dernier : nous avons maintenant deux ans de découplage entre émissions et croissance économique,a affirmé le directeur général de l’AIE, Fatih Birol. Dans la foulée du sommet historique de Paris, ceci marque un nouveau souffle dans la lutte contre les changements climatiques. »

L’AIE a précisé que seules quatre périodes ont généré une baisse ou une stagnation des émissions de GES depuis 40 ans, et que trois de ces périodes étaient caractérisées par un affaiblissement économique mondial (le début des années 1980, 1992 et 2009). Cependant, le Fonds monétaire international estime que les années 2014 et 2015 se sont traduites par une croissance du PIB mondial de 3,4 % et 3,1 % respectivement.

« Nos informations préliminaires indiquent que l’électricité provenant de sources renouvelables a joué un rôle crucial, car elle a compté pour plus de 90 % de la nouvelle électricité en 2015,a écrit l’AIE. Le vent a représenté plus de la moitié de cela. »

Les premiers signes de découplage dont l’AIE avait fait état en mars 2015 étaient attribuables au recours à des énergies renouvelables en Chine et à certains efforts d’efficacité énergétique dans les pays de l’OCDE. Selon les données officielles, le charbon représentait en 2014 près de 40 % de la production électrique dans le monde. La production hydroélectrique était à 17 %, alors que le gaz naturel se situait à 22 %.

Depuis quelques années déjà, le monde des affaires et industriel s’est rallié à la cause environnementale, une prise de conscience s’expliquant par des motivations morales mais aussi financières, en raison des économies générées par une réduction de la consommation d’énergie. Par exemple, la coalition We Mean Business, l’une des mieux connues, regroupe 371 entreprises dont les revenus annuels totalisent 7800 milliards de dollars américains et 183 investisseurs institutionnels dont l’actif sous gestion atteint 20 700 milliards.

Les écologistes ravis

Greenpeace, qui milite depuis longtemps pour la mise en place de moyens et de technologies facilitant le découplage entre émissions de GES et croissance économique, s’est réjouie de l’annonce. « Les données fournies par l’Agence internationale de l’énergie prouvent qu’investir dans les énergies renouvelables permet d’améliorer la qualité de vie tout en diminuant les émissions de gaz à effets de serre », a indiqué l’organisme dans un courriel transmis par Patrick Bonin, son porte-parole au Québec.

« Si le Canada et le Québec sont sérieux dans leur volonté de participer activement à la lutte contre les changements climatiques, nous devons reconnaître dès à présent que le monde a besoin de plus d’éoliennes, pas de nouveaux pipelines de sables bitumineux », a ajouté le groupe écologiste.

Le gouvernement du Québec s’est engagé à diminuer de 37,5 % ses émissions de GES d’ici 2035, mais certains observateurs se demandent comment il y parviendra dans la mesure où l’électricité est déjà produite à partir de sources renouvelables. Cela forcera une très importante remise en question du secteur des transports, entre autres, qui représente à lui seul plus du tiers de la consommation énergétique.

L’accord intervenu à Paris au mois de décembre ne fixe pas un pourcentage de réduction précis. Cependant, il juge essentiel de limiter la hausse de la température moyenne « bien en deçà » de deux degrés Celsius par rapport au niveau préindustriel, et incite les pays à cibler 1,5 degré.

1 commentaire
  • Denis Paquette - Abonné 17 mars 2016 14 h 16

    Un nouvel ère

    Sommes nous enfin en train de sortir de la morosité économique, la Chine et la Russie nous l'annoncent, peut etre que 2016 va être le début d'un nouvel ère, je serais porté a le croire, n'y a-t-il pas une tradition qui veut que la dernière parti du mandat du président américain est celui des remises en question , mais ceci dit ca ne sera pas faciles car il y a bien des tensions a apprivoiser, de toutes les facons avec les élections américaines, c'est tout le leadership qui va changer, le prochain gouvernement va-t-il accepter les fameux paradis fiscaux, mais comment discipliner des entreprises qui sont essentiellement dans les nuages, voila la plus grande difficulté, pas facile a départager ce que vaut l'éphémère