Les minières veulent que Québec prépare le terrain pour la reprise

Le ministre délégué aux Mines, Luc Blanchette, a dévoilé mardi la Vision stratégique du développement minier au Québec à deux jours du budget Leitão.
Photo: iStock Le ministre délégué aux Mines, Luc Blanchette, a dévoilé mardi la Vision stratégique du développement minier au Québec à deux jours du budget Leitão.

Québec a déposé sa deuxième vision stratégique du développement minier dans un contexte de morosité. Après les ratés de la première, l’industrie souhaite que l’on passe de la parole aux actes.

Les consultations ont débuté en novembre 2014, suivies d’une tournée régionale au printemps 2015. Le ministre délégué aux Mines, Luc Blanchette, a dévoilé mardi la Vision stratégique du développement minier au Québec à deux jours du budget Leitão. « Il y a longtemps que nous attendions […] Maintenant que cela est fait, l’industrie minière souhaite que cette vision se traduise en actions structurantes qui permettront de diminuer les irritants qui nuisent à la bonne marche de l’activité minière au Québec », a martelé Josée Méthot, p.-d.g. de l’Association minière du Québec (AMQ).

Dans cette mouture 2016 de la stratégie québécoise dans le secteur minier, trois grands axes sont retenus pour les cinq prochaines années : mettre en valeur les filières minières actuelles et en développer de nouvelles ; prévenir et atténuer les impacts sur l’environnement ; promouvoir la participation citoyenne et la transparence. Mais l’essentiel des objectifs met l’accent sur le premier. Dans une entrevue à Radio-Canada, la Coalition Québec meilleure mine va en ce sens en soutenant que les deux derniers axes « sont les parents pauvres du document ».

Pour le ministre Blanchette, « les entreprises minières ont des défis à relever […] La vision que nous dévoilons prend en considération tant ces défis que les conditions de succès et les occasions à saisir. Elle propose des mesures qui permettront à l’activité minière de prendre un nouvel essor et de consolider la place du Québec parmi les chefs de file du développement minier responsable ».

À l’AMQ, on salue la volonté du gouvernement d’accélérer le traitement des autorisations requises pour démarrer un projet minier et le soutien financier à la recherche et développement ainsi qu’à l’exploration. « Ce document vient confirmer les intentions maintes fois exprimées par le gouvernement. Bien que plusieurs des mesures proposées étaient déjà connues […], elles prennent maintenant la forme d’engagements. Le gouvernement doit assumer son leadership pour aider l’industrie à se préparer à la reprise », a ajouté Mme Méthot.

Également consultée, l’Association de l’exploration minière du Québec (AEMQ) donne son satisfecit à la vision et aux mesures en soutien de l’exploration. « Nous demeurons cependant très préoccupés par les mécanismes visant la soustraction de nouveaux territoires (soit 30 % du territoire du Plan Nord) à l’exploration minière », a déclaré Valérie Fillion, directrice générale de l’AEMQ.

La Stratégie 2016 comporte de grands volets sur les infrastructures de transport nordiques. Le plan s’articule sur l’enveloppe de 200 millions sur cinq ans dédiée aux infrastructures portuaires composant la Stratégie maritime. Il propose des acquisitions ferroviaires et portuaires, et l’amélioration de routes. Ce dont se réjouit la Fédération des chambres de commerce du Québec (FCCQ), dans une longue liste d’appuis. La p.-d.g. Françoise Bertrand partage cependant les inquiétudes de l’industrie concernant « des mesures de conservation du territoire et des cibles gouvernementales qui sont proposées sur 30 % du territoire du Plan Nord et qui auront pour effet de réduire considérablement le territoire voué à l’exploration minière. La FCCQ tient à rappeler au gouvernement l’importance de ne pas nous enfermer dans une logique d’irréversibilité dans la protection de territoires ».

Mauvaise conjoncture

Dans son bilan de la première stratégie présentée par le gouvernement du Québec en juin 2009, de grands chapitres nous rappellent la révision du régime d’impôt minier en 2010 (réajusté en 2013), le lancement en 2011 du Plan Nord, la création de Ressources Québec, filiale d’Investissement Québec, en 2012, la sanction du projet de loi modifiant la Loi sur les mines en décembre 2013 et la mise sur pied d’un fonds Capital Mines Hydrocarbures dans le budget 2014-2015, doté d’une enveloppe de 1 milliard.

Mais quant aux retombées, la conjoncture économique étant, les données préliminaires de l’Institut de la statistique du Québec (ISQ) indiquent que les investissements miniers devraient atteindre les 2,3 milliards de dollars en 2015, en recul de 22,7 % sur un an et de 55,2 % depuis le sommet en 2012. Cette année-là, les investissements miniers bouclaient une série de neuf années de hausses consécutives pour établir un record de 5,1 milliards. Selon le bilan provisoire de l’ISQ, la performance de 2015 devrait ramener les investissements au niveau de 2009. À eux seuls, les coûts des travaux d’exploration, incluant les travaux de mise en valeur, ont accusé une baisse de 30,6 % par rapport à 2014, de 73,6 % depuis le record de 2011.

Pour leur part, les livraisons minérales sont passées sous la barre des 8 milliards de dollars pour la première fois depuis 2010. Elles sont estimées à 7,7 milliards en 2015, en baisse de 9,7 % par rapport à 2014. L’emploi lié au secteur minier s’élève à 15 934 personnes-année en 2015, une baisse de 9,9 % sur un an.

1 commentaire
  • Dominique Roy - Abonnée 16 mars 2016 12 h 11

    Le scoutisme libéral

    C'est drôle de voir les scouts libéraux calquer la fumisterie de leur discours sur celle de maître Philippe. Ils se gargarisent de belles formules économiques creuses avec la triste conviction qu'ils touchent à du vrai, du réel. Faut-il être surpris de voir stagner timidement notre économie lorsque l'on sait que leur capitaine affirme avec une certitude doctorale que la vessie qu'il a sous les yeux est une lanterne. LoBo