La rémunération de la haute direction a augmenté de 7,3%

C’est la première fois depuis 2000 — soit depuis la mise en place du nouveau processus électoral — qu’un candidat externe tente de se faire élire aux commandes du Mouvement Desjardins.
Photo: Michaël Monnier Le Devoir C’est la première fois depuis 2000 — soit depuis la mise en place du nouveau processus électoral — qu’un candidat externe tente de se faire élire aux commandes du Mouvement Desjardins.

Les cinq membres de la haute direction du Mouvement Desjardins ont vu leur rémunération globale progresser de 7,3 % pour s’établir à 9,25 millions au cours de l’exercice 2015.

Sa présidente et chef de la direction, Monique Leroux, dont le deuxième et dernier mandat vient à échéance le 8 avril, a vu la sienne atteindre 3,9 millions, en hausse de 6,6 %.

Le salaire total des hauts dirigeants tient compte de divers éléments, dont le salaire de base, les diverses primes ainsi que la valeur du régime de retraite.

En excluant la valeur du régime de retraite de Mme Leroux, celle-ci a touché une rémunération directe totale de 2,66 millions en 2015, année où les excédents de la coopérative ont frôlé les 2 milliards. Son salaire de base a été de 1,27 million, en progression de 6,4 % comparativement à 2014.

Ces informations figurent parmi des documents déposés auprès des autorités réglementaires la semaine dernière par le plus grand groupe financier coopératif au pays.

Par ailleurs, Mme Leroux aura droit à une « allocation » de 571 612 $ qui lui sera versée à la fin de son mandat. Un porte-parole, André Chapleau, a indiqué qu’il s’agissait de bénéfices antérieurs qui remontent avant son élection, en 2008, et auxquels la dirigeante du Mouvement Desjardins avait droit. « Le conseil a décidé de lui remettre la somme, a-t-il expliqué au cours d’un entretien téléphonique. Ce n’est pas une indemnité de départ. »

Le montant octroyé à Mme Leroux jusqu’au 8 avril ainsi que pour la période de trois mois au cours de laquelle elle épaulera son successeur — qui sera élu ce samedi — sera divulgué l’an prochain.

C’est le vice-président exécutif à la direction du Mouvement Desjardins et directeur général de la Fédération, Normand Desautels, qui vient au deuxième rang au chapitre de la rémunération globale. Celle-ci s’élève dans son cas à 2,15 millions, en progression de 7,8 %.

L’augmentation la plus notable est observée du côté du premier vice-président et directeur général Gestion de patrimoine et Assurances de personnes, Denis Berthiaume, qui a vu son salaire total bondir de 9,2 %, à près de 1,5 million. Cette hausse s’explique principalement par la valeur de son régime de retraite.

Par ailleurs, les salaires et avantages sociaux ont atteint 48,5 millions en 2015 au Mouvement Desjardins, ce qui représente une hausse de 8,6 % par rapport à 2014. « Cette augmentation des frais associés au personnel s’explique notamment par la hausse de la charge de retraite et l’indexation annuelle des salaires », peut-on lire dans les documents.

Au cours de l’exercice 2015, le Mouvement Desjardins a vu ses excédents avant ristournes progresser de 23 % pour atteindre 1,96 milliard. Néanmoins, cela ne fera pas grimper les ristournes versées aux membres, qui, après avoir atteint 217 millions en 2015, devraient plutôt osciller dans une fourchette de 150 à 160 millions.

On connaîtra le successeur de Mme Leroux ce samedi, puisque le collège électoral de la coopérative se réunira à Lévis pour choisir entre les trois candidats ayant déposé leur candidature. Il s’agit de l’homme d’affaires et ex-chef du Bloc québécois Daniel Paillé, de Guy Cormier, premier vice-président du réseau des caisses et des services aux particuliers, et de Robert Ouellette, premier vice-président aux technologies et au centre de services partagés.

C’est la première fois depuis 2000 — soit depuis la mise en place du nouveau processus électoral — qu’un candidat externe tente de se faire élire aux commandes du Mouvement Desjardins.

6 commentaires
  • Gaston Bourdages - Abonné 15 mars 2016 06 h 22

    Nous est-il possible à nous membres de...

    ....Desjardins de connaître la hausse moyenne des salaires accordés à l'ensemble des membres du personnel de la moyenne et petite direction ?
    J'espère qu'il s'y trouve justice sociale à partir du bas de l'échelle jusqu'au dernier barreau.
    J'ai hâte de voir si j'obtiendrai une réponse ?
    Gaston Bourdages,
    Auteur,

  • Julien Thériault - Abonné 15 mars 2016 08 h 31

    Nouveau slogan

    « La caisse dans une main et l'autre main dans la caisse. »

  • Bernard Terreault - Abonné 15 mars 2016 09 h 34

    Une époque est révolue

    Le mouvement coopératif Desjardins a été fondé par des idéalistes et ses hauts dirigeants se contentaient de rémunérations "confortables", mais n'ayant rien à voir avec des salaires de banquiers. Mais il semble que depuis une dizaine d'années Desjardins ne soit plus capable de recruter des dirigeants "compétents" sans leur offrir des salaires dits "compétitifs" qui leurs permettent non seulement de vivre très confortablement mais aussi, comme les banquiers, se constituer des patrimoines de plusieurs millions (ou se payer des luxes extravagants).

    • Nicole Delisle - Abonné 15 mars 2016 15 h 08

      Disons que l'on est bien loin des idéaux et aspirations de Alphonse Desjardins et de son épouse. Le système coopératif a évolué vers le
      type capitaliste des banques. Les hauts dirigeants se sont plus occupés de
      leur rémunération et avantages sociaux, ainsi que de changements qui
      se rapprochent des banques. Ils ont mis par dessus bord les avantages
      coopératifs pour les membres, la proximité des établissements, les disponibilités d'ouverture des caisses. M. Béland disait vrai quand il affirmait:" que Desjardins avait perdu son âme". On se reconnaît de moins en moins dans leur façon de faire. Espérons que le prochain
      président se rapprochera davantage des membres et de leurs besoins.
      Car si ce n'est pas le cas, les gens se tourneront de plus en plus vers
      d'autres services financiers axés sur le client.

  • - Inscrit 15 mars 2016 10 h 21

    La coopération...

    ...c'est enrichissant !

  • - Inscrit 15 mars 2016 23 h 02

    Une règle pour les gestionnaires ?

    Je suis d'avis que la règle pour fixer la rétribution des gestionnaires comme pour les employés des institutions financières (surtout pour les institutions de coopérants), devrait être le rendement de l'institution. Je ne sais si le rendement des caisses a été de 7,3 % pendant la dernière années ?

    D'autant que les directions des caisses font présentement des pressions sur les sociétaires pour qu'ils acceptent des réductions de la ristourne.