Le prix du pétrole repart à la baisse

Les marchés ont réagi lundi aux propos qu’a tenus le ministre iranien du Pétrole et qui laissent peu de doutes quant aux intentions de ce pays de geler sa production de pétrole.
Photo: Spencer Platt Agence France-Presse Les marchés ont réagi lundi aux propos qu’a tenus le ministre iranien du Pétrole et qui laissent peu de doutes quant aux intentions de ce pays de geler sa production de pétrole.

New York — Les cours du pétrole ont fini en nette baisse lundi à New York, les investisseurs semblant douter de la volonté des membres de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) de participer à une réduction concertée de l’offre.

Le cours du baril de « light sweet crude » (WTI) pour livraison en avril a perdu 1,32 $US à 37,18 $US sur le New York Mercantile Exchange (Nymex). « Il y a beaucoup d’inquiétudes sur le fait que l’OPEP arrive ou non à organiser une réunion », a mis en avant Phil Flynn, de Price Futures Group.

Après avoir chuté en début d’année au plus bas depuis 2003 en raison de la surabondance générale, le marché rebondit depuis février après l’annonce d’un accord de gel de la production entre l’Arabie saoudite, membre dominant de l’OPEP, et la Russie, qui ne fait pas partie de l’organisation, mais reste sensible au moindre signe venu du cartel, à l’ensemble duquel il espère voir étendu ce consensus. Or, « on entend dire qu’une réunion », qui impliquerait l’ensemble de l’OPEP et la Russie, « a peu de chance d’avoir lieu ce mois-ci et devrait attendre avril, a noté Matt Smith, de ClipperData. L’ncertitude persistante sur une réunion de ce type contribuent une nouvelle fois à faire baisser les cours. »

Plus spécifiquement, le ministre russe de l’Énergie, Alexandre Novak, a indiqué qu’une telle réunion n’aurait probablement lieu qu’en avril, tout en confirmant que l’Iran n’était pas prêt pour l’instant à une telle mesure. « Le lieu et la date de la rencontre des producteurs est actuellement discutée, elle aura probablement lieu en avril », a déclaré M. Novak lors d’une visite à Téhéran, cité par l’agence russe Interfax. Au début du mois, M. Novak avait indiqué qu’une telle réunion entre pays membres de l’OPEP et non membres, comme la Russie, pourrait avoir lieu entre le 20 mars et le 1er avril.

Les cours du brut, qui ont chuté de plus de 60 % depuis juin 2014 en raison d’une offre excédentaire, ont amorcé une nette reprise depuis la mi-février et la proposition faite par l’Arabie saoudite et la Russie, ainsi que le Qatar et le Venezuela, d’un accord pour geler leur production à ses niveaux de janvier.

L’Iran, revenu sur le marché pétrolier mondial à la suite de la levée de sanctions sur son programme nucléaire, a en effet donné un coup au marché depuis le week-end à travers des propos de son ministre du Pétrole, Bijan Namadar Zanganeh, qui a demandé à ce qu’on laisse son pays « tranquille » tant qu’il n’atteindrait pas une production de 4 millions de barils par jour (bj), soit un million de plus qu’actuellement.

« Cela limite les chances de tout accord étendu sur une limite de la production, ont jugé les experts de Commerzbank. Par exemple, le Koweït [proche de Riyad au sein de l’OPEP] avait conditionné sa participation à celle de l’Iran. »

En plus de Riyad et Moscou, l’accord de février a été conclu par deux membres de l’OPEP, le Qatar et le Venezuela, qui désire fortement la fin de la politique de prix bas à cause de ses graves difficultés économiques.

Du côté de la demande, les dernières prévisions de l’OPEP ne sont pas non plus de bon augure pour les cours puisque le cartel a légèrement revu à la baisse ses prévisions concernant les requêtes qu’exprimeront ses clients cette année. « Une nouvelle fois, les cours évoluent en fonction de propos venus de l’OPEP », a conclu M. Smith.