Indemnité de départ de 2,8 millions pour le patron sortant de la Laurentienne

Réjean Robitaille a quitté ses fonctions le 1er novembre 2015.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Réjean Robitaille a quitté ses fonctions le 1er novembre 2015.

 Le président et chef de la direction sortant de la Banque Laurentienne a reçu une rémunération totale directe de 3 millions en 2015, en plus d’empocher une indemnité de départ frôlant 2,8 millions.

Réjean Robitaille, qui a quitté ses fonctions le 1er novembre dernier, a touché un salaire global — qui tient compte de diverses primes, des contributions aux régimes de retraite ainsi que son indemnité de départ — de 9,73 millions. Cela représente plus du double par rapport à sa rémunération globale de 4,39 millions en 2014.

L’information figure dans la circulaire de sollicitation envoyée aux actionnaires de la Banque Laurentienne qui, pour la première fois en 170 ans, tiendra son assemblée annuelle à l’extérieur du Québec, le 6 avril, à Toronto. « Cela s’inscrit dans notre volonté […] de démontrer notre présence pancanadienne », a expliqué la vice-présidente adjointe aux communications, Hélène Soulard. La Banque Laurentienne vise à doubler sa taille d’ici 2022, ce qui passe nécessairement par un accroissement de sa présence dans le reste du pays.

Pour sa part, le successeur de M. Robitaille, François Desjardins, a touché une rémunération de 1,78 million ainsi qu’une prime supplémentaire de 225 000 $ pour une « période de transition » comme grand patron de l’institution financière, peut-on lire. Le salaire global du 27e dirigeant de la banque s’est établi à 3,1 millions pour l’exercice terminé le 31 octobre, en progression de 80 %. Cela s’explique entre autres par la valeur de son régime de retraite, qui est passée de 71 000 $ à environ 1,1 million.

Au total, la rémunération totale de la haute direction de la Banque Laurentienne a atteint près de 17 millions. Elle tient toutefois compte des salaires de M. Robitaille et de Michel Lauzon, qui a quitté ses fonctions de chef de la direction financière le 31 juillet dernier. Son remplaçant, François Laurin, a reçu une paye globale de 141 000 $, dont un salaire de base de 57 000 $, pour compléter l’exercice 2015.

Les dirigeants des sept plus grandes banques canadiennes ont engrangé entre eux un peu plus de 60 millions en rémunération l’an dernier.

En 2015, la Banque Laurentienne a réalisé des profits nets de 102 millions, ou 3,21 $ par action, en recul de 26 %. Sur une base ajustée, son bénéfice a toutefois affiché une croissance de 5,3 %, à 172,2 millions, ou 5,62 $ par action. Contrairement à d’autres banques canadiennes, la Laurentienne a vu ses provisions pour pertes sur prêts diminuer puisqu’elle n’est pas directement exposée au secteur pétrolier et gazier. De 2014 à 2015, elles sont ainsi passées de 0,15 % des prêts et acceptations à 0,12 %.