En Alberta, le taux de chômage est supérieur à celui du Québec

L’économiste en chef de la Banque de Montréal, Doug Porter, a souligné dans une note à ses clients que la « solide » augmentation avait fait grimper le taux de chômage albertain au plus haut niveau à l’extérieur des provinces atlantiques.
Photo: Hans Slegers Getty Images L’économiste en chef de la Banque de Montréal, Doug Porter, a souligné dans une note à ses clients que la « solide » augmentation avait fait grimper le taux de chômage albertain au plus haut niveau à l’extérieur des provinces atlantiques.

Le taux de chômage en Alberta a grimpé plus haut que celui du Québec le mois dernier, une situation qui ne s’était pas produite depuis près de 30 ans.

La province des Prairies, fortement touchée par le plongeon des cours du pétrole brut, a vu son taux de chômage grimper de 0,5 point de pourcentage à 7,9 %, a indiqué vendredi Statistique Canada. Le taux de chômage du Québec s’est pour sa part établi à 7,6 % en février, pour un deuxième mois de suite.

Les données provinciales ont été dévoilées par l’agence fédérale dans son plus récent rapport sur la population active, qui révélait en outre que le taux de chômage national avait avancé de 0,1 point de pourcentage en février pour un troisième mois de suite, à 7,3 %, tandis que la croissance d’ensemble de l’emploi restait stable.

Selon l’agence fédérale, depuis qu’elle a commencé à compiler des données sur le marché du travail, en 1976, le taux de chômage de l’Alberta n’avait été supérieur à celui du Québec que pendant une période de quatre mois, soit d’octobre 1986 à janvier 1987. Le taux de chômage albertain est maintenant à son plus haut depuis qu’il a atteint 8,2 % en août 1995. Il a grimpé de 2,5 points de pourcentage par rapport à il y a un an, alors que le nombre d’emplois a diminué de 21 200, soit 0,9 %. Ce déclin comprend un déclin de 56 300 emplois à temps plein, soit 2,9 %.

L’économiste en chef de la Banque de Montréal, Doug Porter, a souligné dans une note à ses clients que la « solide » augmentation avait fait grimper le taux de chômage albertain au plus haut niveau à l’extérieur des provinces atlantiques, une situation « extrêmement rare ».

M. Porter a expliqué que le taux de chômage était historiquement plus élevé au Québec qu’en Alberta. Selon lui, le fait que les rôles soient renversés « en dit très long » sur le revirement important qui s’est opéré au Canada, simplement dans la dernière année. L’économiste a aussi souligné que la dernière fois que l’Alberta affichait un taux de chômage supérieur à celui du Québec, le prix du baril de pétrole avait dégringolé de 30 $US le baril à 10 $US le baril en environ six mois, ce qui n’est pas sans rappeler le récent plongeon du cours de l’or noir.

Dans l’ensemble du pays, le marché du travail a cédé 2300 emplois nets en février par rapport au mois précédent, un chiffre que l’agence fédérale a jugé statistiquement insignifiant. Le nombre d’emplois à temps plein a reculé de 51 800 en février, tandis que celui des emplois à temps partiel a avancé de 49 500.

La Saskatchewan a été parmi les provinces les plus touchées le mois dernier, effaçant 7800 emplois par rapport à janvier, avec un taux de chômage en hausse de 0,3 point de pourcentage, à 5,9 %. La Colombie-Britannique a été la seule à afficher une création d’emplois significative pour le mois dernier, avec un ajout net de 14 100 travailleurs, même si son taux de chômage est resté stable à 6,6 %.

L’Ontario a vu disparaître 11 200 emplois en février et son taux de chômage a avancé de 0,1 point à 6,8 %. Par rapport au mois de février de l’an dernier, la province a cependant créé 74 100 emplois.

Au Québec, un total net de 3400 emplois ont été créés en février.

Par rapport à février 2015, le Québec présente une variation de 16 600 emplois (+ 0,4 %) comparativement à 117 900 (+ 0,7 %) dans l’ensemble du Canada, a relevé l’Institut de la statistique du Québec. L’emploi à temps plein a progressé de quelque 69 500 alors que celui à temps partiel s’est replié d’environ 52 700.


Hausse du taux de chômage

Le taux de chômage était de 7,3 % en février au Canada. Voici les chiffres pour chaque province. 
 
  Février (%) Janvier (%)
Terre-Neuve-et-Labrador 14,1 14,4
Île-du-Prince-Édouard 11,0 9,5
Nouvelle-Écosse 9,1 8,5
Nouveau-Brunswick 9,9 9,3
Québec 7,6 7,6
Ontario 6,8 6,7
Manitoba 6,0 6,1
Saskatchewan 5,9 5,6
Alberta 7,9 7,4
Colombie-Britannique 6,6 6,6

 
3 commentaires
  • Gilles Provost - Abonné 12 mars 2016 16 h 14

    Pire à Montréal qu'en Alberta

    Difficile de pleurer sur le sort des Albertains quand on est Montréalais!
    Le taux de chômage de Montréal est supérieur à 11% et nous payons bien plus de taxes que les Albertains qui n'ont pas de TVQ et dont le taux de chômage n'est que de 8%.

    • Sylvain Auclair - Abonné 14 mars 2016 12 h 51

      On paie plus d'impôt, mais les Albertains paient leurs garderies, leurs logements et leurs études plus cher.

  • Luc Falardeau - Abonné 12 mars 2016 17 h 06

    Snif !

    Faudrait leur donner des emplois dans les énergies vertes...