La saignée des prix serait endiguée

Un pétrolier au large de Saint-Nazaire, en France
Photo: Loic Venance Agence France-Presse Un pétrolier au large de Saint-Nazaire, en France

Paris — Le cours du pétrole pourrait avoir finalement touché le fond du baril, selon l’Agence internationale de l’énergie (AIE).

L’organisation basée à Paris, et qui représente les principaux pays consommateurs de pétrole du monde, a toutefois prévenu vendredi que le rebond constaté au cours des derniers jours — dans la foulée de creux sans précédent depuis plusieurs années — ne prédit pas nécessairement une relance soutenue à long terme. La production de pétrole des pays hors OPEP va baisser en 2016 un peu plus que prévu précédemment, a estimé vendredi l’Agence internationale de l’énergie, mais le surplus d’offre devrait subsister, même si le retour de l’Iran sur les marchés est moins rapide qu’annoncé par Téhéran.

Devant la persistance des prix bas de l’or noir, l’AIE estime dans son rapport mensuel, que la production des pays hors OPEP devrait baisser de 750 000 barils par jour (bj) cette année, essentiellement aux États-Unis, contre une estimation précédente de 600 000 bj. Les exportations iraniennes ont pour leur part augmenté de 300 000 bj depuis le début de l’année, estime le bras énergétique des pays de l’OCDE, un chiffre « plus modeste que la hausse de 400 000 bj annoncés par Téhéran », début mars.

« Le retour de l’Iran sur le marché a été moins important que ce que les Iraniens avaient annoncé. En février, nous estimons que la production a augmenté de 220 000 bj et, provisoirement, il semble que le retour de l’Iran sera progressif », a-t-elle ajouté.

Le mois de février est le premier mois complet où l’Iran ne subit plus les sanctions internationales, levées mi-janvier. Téhéran avait annoncé à ce moment-là vouloir augmenter immédiatement sa production de 500 000 bj. Et début mars, le ministre iranien du pétrole, Bijan Namadar Zanganeh, avait indiqué que les exportations de son pays avaient augmenté de 400 000 bj pendant le mois iranien de Bahman (21 janvier-19 février), pour atteindre 1,75 million de barils par jour (mbj).

Toutefois, ce retour progressif ne changera pas foncièrement la donne sur le marché du pétrole, au moins au premier semestre. Le surplus d’offre devrait atteindre 1,9 mbj au premier trimestre et 1,5 mbj au deuxième. Il faudra attendre la seconde moitié de l’année pour que l’écart entre l’offre et la demande se réduise fortement, jusqu’à 200 000 bj.

Alors que la croissance de la consommation est toujours évaluée par l’AIE à 1,2 mbj sur l’année, ce début de rééquilibrage sera principalement le fait de la baisse attendue de la production de brut dans les pays non-membres de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole, et principalement aux États-Unis, où l’Agence s’attend à une baisse de 530 000 bj.