Gildan changera de p.-d.g.

Une passation des pouvoirs se dessine chez Gildan. Dans la foulée, les principaux actionnaires entendent jouer plus à fond la carte de la bonne gouvernance en acceptant de diluer l'exercice de leurs droits de vote par une conversion d'actions sans compensation.

Le p.-d.g. de Gildan, Greg Chamandy, a indiqué hier qu'il entendait céder progressivement la place à son frère cadet Glenn au cours des prochains mois. Ce dernier était jusqu'à maintenant président et chef de l'exploitation.

Les deux hommes se partageront les commandes de l'entreprise pendant environ un an, afin d'assurer une transition harmonieuse. Par la suite, Greg partagera son temps entre l'entreprise qu'il a fondée «et d'autres intérêts commerciaux non reliés». Il entend toutefois demeurer chef du conseil d'administration de la compagnie de fabrication de vêtements de sport en coton, dont il détient une part importante. «Je suis extrêmement fier du chemin parcouru au cours des cinq dernières années, a-t-il déclaré. Je suis persuadé que Glenn, avec l'appui de l'équipe de direction, réussira à mettre en oeuvre notre stratégie et à réaliser une croissance rentable soutenue conformément aux objectifs financiers que nous nous sommes fixés.»

Conversion des actions

Les deux frères ont par ailleurs annoncé qu'ils avaient l'intention de convertir leurs actions à droits de vote multiples en actions ordinaires à raison d'une contre une, et ce, sans contrepartie en espèces ou d'une autre nature. Cette décision, qui devrait plaire aux actionnaires minoritaires, réduira considérablement l'emprise des dirigeants sur le capital de Gildan.

Les deux frères exercent la totalité des droits de vote rattachés aux actions à vote multiple de catégorie B par leurs sociétés de portefeuille respectives. Ces actions comportent chacune huit droits de vote, contre un droit de vote par action de catégorie A. Au 31 janvier 2004, Gildan avait 23,5 millions d'actions de catégorie A et 6,1 millions d'actions catégorie B en circulation. Sur cette base, le projet de conversion des deux frères ferait passer leurs droits de vote de 67 % à 21 %.

Bénéfice de 2,9 millions $US

Par ailleurs, pour le premier trimestre de son exercice 2004, la société a fait état hier d'un bénéfice net de 2,9 millions $US, ou 10 ¢US par action. Ces profits sont inférieurs de 22 % à ceux de la période correspondante en 2002. À l'époque, l'entreprise québécoise avait déclaré un bénéfice de 3,7 millions $US, ou 13 ¢US par action. Les résultats de l'entreprise correspondent toutefois aux prévisions des analystes financiers, qui s'attendaient à un bénéfice de 8 ¢US ou 9 ¢ $US par action.

L'entreprise de Montréal a notamment attribué la baisse de son bénéfice à une augmentation des dépenses d'amortissement liées à l'adoption du dollar américain comme monnaie de divulgation. Si l'on ne tient pas compte de cet élément non récurrent, Gildan a réalisé au premier trimestre un bénéfice de 5,5 millions $US, ou 18 ¢US par action, en hausse de 48,6 % par rapport à l'an dernier.

Les revenus pour la période terminée le 4 janvier ont totalisé 78 millions $US, en hausse de 20 % par rapport à l'année précédente. Malgré tout, Gildan a vu sa part du marché mondial des t-shirts chuter de 31,4 % à 30,5 %. L'entreprise demeure néanmoins le chef de file de son secteur.

«Au cours du premier trimestre, la société s'est concentrée sur les gammes de produits à plus grande valeur ajoutée dans le segment des t-shirts et elle a décidé de ne pas participer activement à des promotions de t-shirts blancs à prix fortement réduit», peut-on lire dans un communiqué transmis en fin de journée.

Gildan a cependant réussi à accroître sa part du marché des vêtements molletonnés ainsi que de celui des chandails de sport.