Cara: la fermeture du capital rencontre des obstacles

Toronto - Le projet de fermer le capital du groupe Cara Operations, qui possède notamment les chaînes de restaurants Chalet suisse, Harvey's et Second Cup, s'est buté hier au refus d'importants actionnaires minoritaires.

Des membres de la famille fondatrice de Cara — les soeurs Gail Regan et Rosemary Phelan, ainsi que leur nièce Holiday Phelan-Johnson, qui contrôlent ensemble la société de portefeuille Cara Holdings — se donnent maintenant trois semaines pour décider de ce qu'elles vont faire, après que leur offre de 329 millions pour le rachat de la participation des actionnaires minoritaires eut été rejetée avant même le début d'une assemblée extraordinaire.

Les actionnaires minoritaires se sont prononcés par procuration. Leur refus a entraîné l'ajournement de l'assemblée jusqu'au 24 février.

L'offre de Cara Holdings avait déjà été jugée insuffisante par Paul Phelan — le frère de Gail Regan et de Rosemary Phelan — ainsi que par le gestionnaire de fonds montréalais Jarislowsky Fraser. Paul Phelan détient 18,4 % des actions de catégorie A de Cara Operations. Cara Holdings propose 7,625 $ pour chaque action de Cara, soit un prix inférieur à une évaluation indépendante commandée par Paul Phelan et qui établissait la valeur de ces actions entre 8,25 $ et 9 $.

Après l'annonce du rejet de l'offre, l'action de Cara à la Bourse de Toronto a gagné près de 4 %, à 7,21 $. Son sommet des 52 dernières semaines est de 8,02 $.

Une offre bonifiée?

Le chef de la direction de Cara Operations, Gabe Tsampalieros, qui appuie le projet de fermer le capital, n'a pas voulu dire si l'offre allait être bonifiée. «Il est toujours possible de régler un problème en y mettant plus d'argent, mais je ne suis pas certain que ce soit la meilleure solution», a-t-il déclaré. «Il y a une valeur pour chaque chose, mais une fois que vous avez atteint cette valeur, il faut chercher d'autres avenues.»

Puisque les actionnaires ont souvent un délai de deux semaines pour évaluer une nouvelle offre, M. Tsampalieros a précisé qu'une nouvelle circulaire pourrait être mise à la poste cette semaine.

D'autre part, Cara Operations a fait savoir hier que ses ventes pour le trimestre terminé le 7 décembre avaient progressé d'un maigre 2,1 % par rapport à la période correspondante de l'année dernière. Ainsi les ventes totales incluant les restaurants franchisés ont atteint 421,3 millions, dont 276 millions sont allés dans les coffres de Cara. Les ventes pour les restaurants comparables (ouverts depuis plus d'un an) ont toutefois reculé de 1 %.

Le bénéfice net pour le trimestre s'est établi à 7,9 millions, ou 8,6 ¢ par action, en hausse par rapport aux 7,4 millions, ou 8 ¢ par action, de la période correspondante de l'année dernière.