Sans Ottawa, Bombardier devra ajouter des liquidités, dit Daoust

Le gouvernement québécois a prévu d’autres solutions dans l’éventualité où Ottawa choisirait de ne pas investir dans le projet d’avion CSeries de Bombardier, a déclaré jeudi le ministre des Transports, Jacques Daoust.

M. Daoust a affirmé que dans ce cas, Québec exigera des liquidités de Bombardier afin de garantir son investissement de 1 milliard $US dans le projet. « Le scénario prévoit aussi que si c’est un non, on va procéder autrement, mais on va continuer de soutenir Bombardier », a-t-il dit lors d’un échange avec la presse parlementaire.

« On est capable de trouver d’autres solutions à ça et on les a prévues dans l’entente qu’on a avec eux », a-t-il dit. Aux journalistes, M. Daoust a expliqué que davantage de garanties pourraient alors être exigées de l’entreprise, dans le cadre de la filiale qui doit être créée avec le programme de la CSeries. « Bombardier va devoir nous donner des garanties. Ça peut être des liquidités disponibles, sans conteste, à l’intérieur de la société. »

Par ailleurs, M. Daoust a salué l’intention d’Ottawa de revoir la loi qui oblige Air Canada à exploiter un centre d’entretien à Montréal. « On gérait des avions de 30 ans, qui avaient été construits il y a 60 ans, et rappelons-nous aussi que ce projet de loi qui parlait de Montréal n’incluait pas Mirabel, à cette époque, qui est devenu le centre essentiellement. »

Dans le cadre de la transaction par laquelle Air Canada a fait part de son intention d’acheter 45 appareils de la CSeries, Québec a accepté de renoncer à ses recours juridiques contre Air Canada pour le maintien d’activités d’entretien lourd à Montréal, en échange d’un engagement du transporteur à faire l’entretien de ses CSeries au Québec. Parallèlement, Ottawa a décidé de modifier la Loi sur la participation publique au capital d’Air Canada qui impose à l’entreprise de faire l’entretien lourd de ses appareils dans trois villes canadiennes dont Montréal.

3 commentaires
  • Colette Pagé - Inscrite 11 mars 2016 09 h 05

    La C série : un éléphant blanc ?

    Y a-t-il une limite au montant de subvention que le Gouvernement du Québec est prêt à donner à Bombardier ? Il ne semblerait que la réponse à cette interrogation soit négative. Se pourrait-il que ce projet d'avion soit démesuré face aux géants Boeing, Airbus et autres largement subventionnés par les États ? Ou pour le dire autrement, la série C deviendra-t-elle un puits sans fond, un éléphant blanc ?

    • Jean-Pierre Martel - Abonné 11 mars 2016 11 h 42

      Il ne fait aucun doute que Bombardier devra recevoir d’autres sommes d’argent provenant des gouvernements supérieurs.

      Ceci étant dit, je trouve maladroit que le ministre des Transports du Québec donne à l’avance des excuses au fédéral pour ne pas supporter Bombardier; ce dernier pourrait se passer du fédéral, selon le ministre. Alors où se trouve la nécessité du fédéral d’intervenir ?

      Avec ses deux milliards$ de recherche et développement dépensés annuellement, la CSeries est devenue le projet industriel le plus innovant au Canada depuis les vingt dernières années.

      Si le Parti libéral du Québec avait une stratégie industrielle, il verrait que c’est beaucoup plus important d’investir dans l’aéronautique que de consacrer 20 milliards$ à provoquer un boom minier sans retombées économiques appréciables dams le toundra québécoise.

      Le temps est du côté de Bombardier. La CSeries est plus silencieuse et moins énergivore que n’importe quelle autre alternative.

      Ce n’est qu’une question de temps pour que les investisseurs et les États forcent leurs compagnies aériennes à en tenir compte.

  • Jean-Pierre Roy - Abonné 11 mars 2016 11 h 21

    Ce n'est pas un éléphant blanc.

    Ce n'est pas un éléphant blanc, c'est un avion qui aurait besoin d'un support plus déterminé et plus robuste de la collectivité québécoise, qui devrait oublier son ancienne description: née pour un petit pain!