La place des femmes en entreprise reste à faire

Les entreprises de l’Europe de l’Est dominent la liste avec un taux de postes de direction occupés par des femmes de 35 %, alors que seulement 16 % des entreprises n’ont aucune femme dans ces fonctions.
Photo: iStock Les entreprises de l’Europe de l’Est dominent la liste avec un taux de postes de direction occupés par des femmes de 35 %, alors que seulement 16 % des entreprises n’ont aucune femme dans ces fonctions.

Elles étaient un peu plus nombreuses à occuper des postes de direction dans les entreprises en 2015 à l’échelle mondiale. C’est dans l’Europe de l’Est, Russie en tête, où la proportion de femmes est la plus élevée. Loin derrière, le Canada se situe toutefois dans le peloton de tête parmi les pays du G7.

Dans son exercice annuel, le cabinet Grant Thornton International retient que la proportion de femmes exerçant un poste de haute direction se chiffre, en moyenne, à 24 % dans le monde, selon son édition Women in business 2016. Il s’agit d’une remontée par rapport au taux de 22 % d’il y a un an, mais un retour au niveau d’il y a deux ans. Derrière cette moyenne planétaire, établie à partir de 5520 entrevues menées auprès de dirigeants d’entreprise de taille moyenne réparties dans 36 économies, le cabinet souligne que le tiers de ces entreprises n’avaient pas de femmes dans leur haute direction. L’on parle, ici, des fonctions de chef de la direction, de chef de l’exploitation, de chef financier ou de chef de la direction des ressources humaines, du marketing, etc.

Plus en détail, la présence féminine se vérifie davantage à la direction des ressources humaines (23 %), à la direction financière (21 %) et au marketing (11 %), alors que leur poids est de 9 % dans la fonction de chef de la direction et de 8 % dans celle de chef de l’exploitation.

Les entreprises de l’Europe de l’Est dominent la liste avec un taux de postes de direction occupés par des femmes de 35 %, alors que seulement 16 % des entreprises n’ont aucune femme dans ces fonctions. La Russie est bonne première avec une proportion de 45 %. Grant Thornton rappelle la tradition communiste priorisant les principes d’égalité qui anime ces économies. S’y ajoutent un haut niveau d’éducation et la présence de programmes familiaux en milieu de travail répondant à une philosophie bien ancrée conciliant travail et famille.

L’existence de normes sociales solidement enracinées explique également pourquoi l’Asie du Sud-Est suit avec un taux de présence féminine de 34 %, alors que 21 % d’entreprises n’ont pas de femmes dans ces fonctions. En revanche d’autres pays de la zone Asie-Pacifique campent à l’autre extrémité avec des taux de 23 % en Australie, de 19 % en Nouvelle-Zélande et de seulement 7 % au Japon. D’ailleurs, 70 % des entreprises nippones couvertes par l’étude n’ont aucune femme dans ces fonctions de direction.

Le Canada au sommet du G7

Le Japon plombe également la moyenne du G7, qui se situe à 22 % dans l’édition 2016 de l’étude, après avoir touché 18 % en 2012, avec 39 % d’entreprises de ce groupe n’ayant aucun dirigeant féminin. L’Italie, la France et le Canada affichent une performance les plaçant à la tête du G7 alors que l’Allemagne (15 %) rattrape le Japon dans le bas du classement.

Le Canada fait également mieux que les États-Unis, haussant la moyenne de féminisation des fonctions de direction en Amérique du Nord à 23 %. Mais 31 % des entreprises nord-américaines n’emploient aucune femme dans ces postes.