Hydro s'en mêle

Pour offrir leurs services IP, les compagnies ont d'abord besoin d'une chose: un fil, n'importe lequel, qui soit branché sur leurs éventuels clients. Ce lien, les vieilles compagnies de téléphone l'ont, les compagnies traditionnelles de câble aussi. Mais elles ne sont pas les seules. Les compagnies qui fournissent l'électricité l'ont aussi. «Des tests seront réalisés au cours de cette année, disait la semaine dernière une porte-parole d'Hydro-Québec, Flavie Côté. De plus, on maintient une vigie technologique pour suivre ce qui se fait ailleurs et la réaction des marchés que cela suscite.»

On compterait une cinquantaine de projets, en Europe et aux États-Unis, de branchement Internet haute vitesse par les réseaux électriques grâce à ce que l'on appelle le «courant porteur». Les tests d'Hydro-Québec, qui marquent un regain d'intérêt de la société pour une technologie qu'elle avait déjà mise à l'étude il y a longtemps, ne viseraient toutefois pas aussi haut. Ils se contenteraient de mesurer l'intérêt qu'il y aurait à brancher en réseau les équipements informatiques d'un même bâtiment par les prises de courant.

Dans un rapport cité cet automne par l'hebdomadaire Les Affaires, la filiale d'Hydro-Québec CapiTech estimait cependant pouvoir offrir le service Internet haute vitesse aux régions éloignées pour le quart, voire le septième du prix des compagnies de téléphone ou de câble. De là à offrir elle-même le service de téléphonie IP dans ces régions, ou à vendre cette ressource, il n'y a qu'un pas que la société d'État se refuse toujours à franchir.

É. D.