Arvida: Alcan appelle au dialogue

Toronto — Le chef de la direction d'Alcan, Travis Engen, dit vouloir amorcer le dialogue avec les syndiqués qui occupent l'aluminerie du secteur Arvida, à Saguenay, que la société veut fermer en partie mais plus tôt que prévu.

M. Engen a accusé les syndiqués, membres du Syndicat des travailleurs canadiens de l'automobile (TCA-FTQ), de ne pas vouloir discuter avec les représentants patronaux. Toutefois, il a ajouté qu'il prévoyait une reprise des discussions pour bientôt et qu'il n'imposait aucune échéance à ce sujet.

Alcan a annoncé la semaine dernière qu'elle devançait d'une dizaine d'années l'arrêt de production des vieilles cuves Soderberg de son complexe industriel d'Arvida, à Saguenay, une décision qui entraînera la perte de quelque 560 emplois d'ici avril. Ces salles devaient être fermées en 2014. Les travailleurs occupent l'usine depuis mardi dernier et continuent de produire à pleine capacité.

La sécurité

Rappelant que l'usine demeurait sous la responsabilité d'Alcan, M. Engen s'est dit inquiet à propos de la sécurité des lieux. «Il faut garder en tête que cet endroit utilise des millions d'ampères d'électricité et du métal en fusion», a-t-il déclaré.

M. Engen a dit aux journalistes, hier à Toronto, qu'il avait parlé à des représentants syndicaux avant l'annonce de la société.

Plusieurs milliers de personnes ont participé, samedi après-midi, à Saguenay, à une manifestation d'appui aux syndiqués.

Les travailleurs ont poursuivi les activités sans la supervision de leurs supérieurs et tout se déroule bien, a ajouté M. Engen. «Nous demeurons ouverts, disponibles et intéressés. Chaque geste permettant l'ouverture du dialogue sera bien accueilli.»

Un dirigeant syndical local, Rolland Poirier, a indiqué que des contremaîtres inspectaient l'usine qui continue de fonctionner pendant 24 heures par jour, «mais les décisions sont prises par les opérateurs».

De son côté, le président de la Fédération des travailleurs du Québec, Henri Massé, a dit appuyer la «bataille» des syndiqués. Selon lui, une des solutions pour résoudre le conflit serait qu'Alcan «respecte ses engagements et maintienne et crée d'autres emplois pour remplacer ceux-là».

M. Massé a rappelé que la multinationale avait signé une entente dite de «stabilité opérationnelle» en 1998 dans laquelle elle promettait de ne pas fermer les cuves d'ici 2014 et «de les remplacer par une autre technologie». La FTQ avait appuyé «sans réserve» cette entente afin de préserver et de créer de l'emploi dans la région du Saguenay.

«C'est un peu désolant, l'Alcan [...] Ils violent [l'entente] du revers de la main en disant "l'entente, ce n'est pas grave".»

M. Engen a indiqué que la décision de fermer ces cuves était attribuable à une technologie vieillissante et à l'espoir d'éviter d'autres mises à pied.

La société Alcan, dont le siège social est situé à Montréal, est le plus important producteur mondial d'aluminium depuis qu'elle a fait l'acquisition de l'entreprise française Pechiney, au coût de 6,3 milliards de dollars, le mois dernier.