150 milliards de déficit d’ici cinq ans

Une analyse de la Banque TD indique que le gouvernement fédéral est en voie de générer un déficit budgétaire de 150 milliards au cours des cinq prochaines années.

Le rapport estime aussi que, compte tenu de l’approche privilégiée sur le plan fiscal, il faudra plus d’une décennie pour retrouver l’équilibre budgétaire, à moins que le gouvernement n’augmente les impôts ou ne réduise les dépenses.

L’institution dit avoir obtenu ces chiffres après avoir recalculé les déficits prédits par Ottawa en prenant en considération les promesses électorales des libéraux et les prévisions de TD concernant la croissance économique, qui sont plus pessimistes que celles qui font consensus.

Les libéraux prévoient un manque à gagner d’au moins 18,4 milliards l’an prochain, un déficit qui, selon plusieurs observateurs, devrait plutôt atteindre 30 milliards. Les projections financières d’Ottawa ne comprenaient pas les milliards de dollars que les libéraux ont promis de dépenser, dont une partie importante servira probablement à financer les projets d’infrastructure qui doivent contribuer à relancer l’économie.

Durant la campagne électorale, les libéraux avaient promis de maintenir les déficits sous la barre des 10 milliards et de revenir à un budget équilibré après quatre ans. Ils ont toutefois rectifié le tir depuis, évoquant une situation économique morose. En publiant une mise à jour économique la semaine dernière, le ministre des Finances, Bill Morneau, a insisté sur le fait que le point de départ du gouvernement était « beaucoup plus éloigné » que les libéraux l’avaient d’abord cru.

Les calculs de M. Morneau, surtout basés sur les estimations du secteur privé, incluent 6 milliards additionnels par année qui, selon le gouvernement, est nécessaire pour tenir compte de tout risque éventuel.

La mise à jour fournit des prévisions pour les deux prochaines années alors que le rapport de TD concerne une période de cinq ans. Le rapport prévient aussi que l’actuelle tendance risque de forcer les libéraux à abandonner un autre de leur engagement, celui de faire passer le ratio de la dette au PIB du Canada de 31 à 27 % en quatre ans. TD prédit que ce ratio, qui représente la capacité du gouvernement à rembourser la dette, atteindra 36,1 % d’ici 2020-2021.

3 commentaires
  • Roxane Bertrand - Abonnée 2 mars 2016 07 h 27

    Les temps changent...

    On dirait que les mécanismes de relance économique qui fonctionnent ne sont plus les mêmes qu'autrefois. On s'endette pour les infrastructures, mais cela ne marche plus.

    D'autres facteurs se sont infiltrés dans l'équation.

    Peut-être serait-il temps de placer les citoyens au cœur du succès économique en investissant en éducation? Plus la "valeur" des individus descend, plus un pays est pauvre....rajouter une couche de macadam n'améliore rien sur le fond.

  • Clermont Domingue - Abonné 2 mars 2016 12 h 51

    Ratio de la dette.

    Si le ratio de la dette au PIB est de 36%. ce n'est pas grave, si les taux d'intérêt sont très bas.
    Les temps changent.Quand leur économie est en difficulté, les Américains font appel à la FED, leur banque centrale. Cette dernière n'hésite pas à recourir aux QE (création monétaire)
    Les infrastructures,ça ne soigne pas les malades,ça n'instruit pas les jeunes et ça ne nourrit pas les pauvres. Tôt ou tard, il faudra imiter les Américains.
    Le monde a changé les idées doivent suivre.

  • - Inscrit 2 mars 2016 15 h 41

    Un gouvernement de visibilité !

    Quand même étonnant pour un gouvernement qui n'a pratiquement pas de postes au budget qui soit utiles aux contribuables ! Pas de dépenses en santé, pas en éducation ou en voirie ... ce ne sont pas les Affaires extérieures, l'armée ou les postes qui doivent connaitre une augmentation aussi exponentielle !

    En fait, ce gouvernement ne se justifie que pour le rôle de subventionneur des provinces ... pour se faire valoir. C'est la principale raison d'exister qu'il s'est donner depuis qu'il a envahi le champ d'imposition des personnes à l'époque de la de la Deuxième Guerre mondiale.

    C'est un gouvernement qui ne sert qu'à poser.