Péladeau se fait dire non à son tour

Le chef du Parti québécois a commenté sa rencontre de 90 minutes avec le chef de la direction de Bombardier, disant espérer avoir nourri la réflexion d’Alain Bellemare.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Le chef du Parti québécois a commenté sa rencontre de 90 minutes avec le chef de la direction de Bombardier, disant espérer avoir nourri la réflexion d’Alain Bellemare.

À l’issue de sa rencontre avec la direction de Bombardier à Montréal, Pierre Karl Péladeau a dit souhaiter être parvenu à faire évoluer la réflexion de Bombardier quant à l’entente conclue avec le gouvernement du Québec. Mais l’entreprise, elle, a répété que l’entente avec Québec ne serait pas modifiée.

Après le chef caquiste, François Legault, vendredi, c’était au tour lundi du chef de l’opposition officielle à l’Assemblée nationale de rencontrer la direction de Bombardier pour discuter de l’entente conclue entre la société et le gouvernement du Québec pour promouvoir le développement de la CSeries et finaliser le sort du centre d’entretien d’Aveos.

Et M. Péladeau est sorti de sa rencontre de plus d’une heure trente avec la direction de Bombardier en affirmant que sa position n’avait pas changé d’un iota et qu’il continuait de croire que l’entente avec Québec avait été mal négociée.

« Cette transaction-là n’est pas dans le meilleur intérêt des Québécois et des Québécoises, mais certainement dans l’intérêt de Bombardier », a conclu M. Péladeau. Il a parlé d’« amateurisme » de la part du gouvernement Couillard dans la négociation de cette entente avec Bombardier.

Son opposition à cette entente demeure, parce qu’il croit que Québec aurait dû investir dans la société-mère, où il y aurait eu moins de risques financiers, selon lui, et non dans une coentreprise vouée à la CSeries.

« J’ose espérer que la réflexion et le propos que j’ai tenu avec M. [Alain] Bellemare [président et chef de la direction de Bombardier] lui donneront à penser qu’il y a des éléments là-dedans pour faire évoluer sa réflexion », a opiné M. Péladeau.

Mais plus tard, John Paul MacDonald, vice-président principal aux ressources humaines et affaires publiques chez Bombardier, a réitéré que l’entente telle que négociée avec Québec satisfaisait l’entreprise et qu’elle ne serait pas rouverte.

« L’entente que nous avons conclue avec le gouvernement provincial, c’est la bonne entente. Le gouvernement du Québec investit dans la CSeries et c’est la CSeries qui représente l’avenir du Québec et l’avenir de Bombardier ici au Québec », a martelé M. MacDonald.

Invité à dire s’il était prêt à renégocier l’entente conclue avec Québec pour plaire à ceux qui la critiquent, le représentant de la direction de Bombardier s’est fait catégorique : « Il n’y a pas de renégociation à faire. Notre négociation était avec le gouvernement provincial et ça va rester comme ça. »

Québec a injecté 1 milliard $US dans une coentreprise vouée au développement de la CSeries de Bombardier. Depuis l’annonce de cette entente, des voix se sont élevées pour critiquer le manque de garanties quant au maintien du siège social au Québec, d’un plancher d’emplois, ainsi que des garanties d’emploi aux 1800 ex-employés du centre d’entretien Aveos.

10 commentaires
  • Michel Lebel - Abonné 1 mars 2016 06 h 59

    Il ne gouverne pas!

    À ce que je sache, PKP est dans l'opposition et non au gouvernement. Le premier ministre est toujours bel et bien Philippe Couillard!

    M.L.

    • Pierre Schneider - Inscrit 1 mars 2016 08 h 46

      À ce que je sache, les citoyens représentés par l'opposition ont le droit de tout savoir au sujet de ce "deal" où notre argent a été investi sans aucune garantie.

    • Colette Pagé - Inscrite 1 mars 2016 10 h 20

      Bien évidemment. Par contre, il faut reconnaître que dans ce dossier la CAQ et le PQ ont, comme opposition, défendu les intérêts du Québec.

      Et cette fois en faisant de la Politique Autrement. Quant à QS, il est regrettable que ce parti en appuyant le PLQ ait fait bande à part. Un parti progressiste ?

      Quant à Bombardier qui obtenu du Québec ce qu'elle demandait sans exigences significatives l'entreprise n'a aucune raison de ré-ouvrir l'entente. Bien loin d'une entente gagnant/gagnant. Plutôt un Québec qui en se faisant passer un sapin s'est fait rouler dans la farine.

      Autrement l'entente confidentielle serait rendue publique.

    • Michel Lebel - Abonné 1 mars 2016 10 h 36

      @ Claude Gélinas,

      J'entends depuis fort longtemps cette expresssion: " défendre les intérêts du Québec". Mais qui définit les intérêts du Québec? En régime démocratique, il me semble que ce sont les élus, et plus précisément, le gouvernement élu. Je ne vois comment on peut sortir de cette équation, tout en sachant que personne n'est à l'abri de l'erreur. Mais la démocratie, si imparfaite soit-elle, doit jouer.


      M.L.

    • Claude Bariteau - Abonné 1 mars 2016 11 h 24


      La famille Beaudoin dit NON. Le gouvernement Couillard nous a bien traité. Pas question de rouvrir l'entente.

      Deux chefs de parti qui représentent plus de vote que le PLQ ont été écouté et monsieur MacDonald, le messager du CA, annonce que rien ne changera.

      Il fallait s'y attendre. Les poches pleines, la famille Beaudoin d'entend pas les vider, surtout lorsque d'autres entrées de fond s'annoncent. C'est à ce moment que les choses se corseront si cette entrée est celle du Gouvernement du Canada, car elle changera la donne.

      C'est à ce moment que la position du Québec paraîtra ridicule si, par exemple, cette entrée se fait par l'obtention de votes au CA de l'entreprise mère.

      Dès lors, les rencontres de messieurs Legault et Péladeau mettront la famille Beaudoin à vue. Si elle ouvre la porte au Canada après l'avoir fermée au Québec, elle renira non pas ses racines, mais l'appui financier obtenu du Québec du gouvernement et de la Caisse de dépôt, hier et maintenant.

      Je ne connais pas la posiiton de QS, mais je serais surpris qu'elle soit analogue à celle du PLQ et aux antipodes de celles de la CAQ et du PQ. Si elle s'associe à celle de la CAQ et du PQ, c'est 58 % des votes obtenus par ces partis qui pèseront sur les épaules de la famille Beaudoin.

      Ce n'est pas rien.

    • Jean-François Trottier - Abonné 1 mars 2016 11 h 33

      Le moins que l'opposition puisse faire et surtout dans ce cas, c'est de se positionner et de dire ce qui devrait être fait!

      Personne ne s'attend vraiment à ce que Bombardier décide de rouvrir une entente unilatéralement, et en réalité ce qu'ont fait la CAQ et le PQ est ce qu'on appelle "prendre une option", autremement dit exprimer ce qu'ils feraient si, d'aventure, ils prenaient le pouvoir à moyen terme.

      Quant au gouvernement Libéral, il a fait ce qu'on attendait d'eux en tenant compte de sa sinistre incompétence : après un coup d'oeil vers la caisse occulte, la décision s'est imposée d'elle-même je supppose.

      Ici il me semble qu'on donne beaucoup d'importance à une démarche des partis d'opposition uniquement parce que plus personne n'attend quoi que ce soit de positif du gouvernement. C'est ça, la catastrophe, celle que nous vivons journellement.

    • Claude Bariteau - Abonné 1 mars 2016 13 h 08

      Monsieur Lebel, le régime politique d'inspiration britannique, qui en devenu nôtre dans le Dominion of Canada créé en 1867, n'a rien d'un régime démocratique, mais tout d'infect pour reprendre le terme utilisé par René Lévesque.

      Il l'est parce qu'il accorde un pouvoir démesuré à un parti qui fait élire une majorité de candidats sans avoir un appui majoritaire du peuple, ce qui est le cas diu PLQ de 2014 avec 42 % du vote. Je dis bien démesuré parce que ce parti, son chef en tête, contrôle l'Assemblée nationale et le Conseil des ministres, ce dernier comprenant des élus choisis et nommés par le premier ministre.

      Alors, que deux chefs de partis, peut-être trois, qui ont reçu l'appui de 56 % des électeurs -j'exclue ON et le PV- rencontrent officiellement le directeur général de Bombardier, il s'agit, pour moi, d'un geste important autant de Bombardier, qui a accepté de les rcevoir, que des chefs du PQ et de la CAQ qui, ensemble, sont à la tête de partis qui ont reçu près de 48 % des votes exprimés en 2014.

      Alors, je ne comprends pas que vous avanciez que la démocratie se limite à sa déformation injecte.

    • Michel Lebel - Abonné 1 mars 2016 15 h 13

      @ Claude Bariteau,

      "Ce régime qui n'a rien d'un régime démocratique" a tout de même permis à un parti sécessionniste de gouverner et de faire deux référendums sur la souveraineté. C'est pas si mal pour un "régime infect"! Disons, M.Bariteau, qu'il me semble que vous exagérez quelque peu dans votre critique du régime honni!

      M.L.

  • Jean-Marc Simard - Inscrit 1 mars 2016 08 h 12

    Le plus grand vol ($) du siècle...

    «Mais l’entreprise, elle, a répété que l’entente avec Québec ne serait pas modifiée.»

    Cette entente complice conclut entre Bombardier et le Gouvernement Couillard ressemble de plus en plus au plus grand vol du siècle...Ce n'est pas la CSeries ni les emplois de ses employés que cette entente veut sauver mais les actions et les intérêts de ses actionnaires, mis à mal par le risque d'une faillite...Même si l'entente était respectée, les 2400 congédiements annoncés resteraient quand même des emplois perdus...Depuis quand une entreprise exige-t-elle qu'un partenaire respecte une entente non encore signée ? De quel droit une entreprise exigerait-elle qu'une entente mettant en jeu 1,3 milliards de dollars publics, qui ne sont pas les siens, ne serait pas modifiée ? C'est à celui qui donne les dollars, soit le Gouvernement du Québec, que revient le droit de décider de la nature de l'entente non à l'entreprise...C'est lui qui a le gros bout du bâton...Pendant que les actionnaires de Bombardier, richissimes, continuent à vouloir protéger leurs avoirs, pour plusieurs placés en paradis fiscaux, les contribuables québécois devraient se soumettre aux désidératas de ces enfants gâtés ? Vraiment, cette histoire commence à ressembler de plus en plus au plus grand vol ($) du siècle, avec la complicité de notre PM Couillard...Ce dernier ne peut faire ce qu'il veut avec l'argent des contribuables...Ce n'est pas le sien...

    • Pierre Brosseau - Abonné 1 mars 2016 17 h 04

      M. Simard, le risque financier pris par le gouvernement du Québec est très élevé et les retombées possibles, si et quand elles surviendront, seront diluées dès l'entrée officielle du gouvernement fédéral dans le jeu puisque la participation de Québec passera de 49% à 33% si Ottawa s'engage également à hauteur de $1 milliard US.

      Mais ce n'est pas, à mes yeux, le plus troublant de cette négociation à trois bandes. Ce qui l'est c'est l'abandon par Québec de sa plainte contre Air Canada pour son non respect de la loi qui prévoyait lors de sa privatisation,le maintien à Montréal et Winnipeg de l'entretien de ses gros avions. Air Canada achètera éventuellement 45 avions de la CSeries dont il a de toute façon besoin et échappe à une poursuite qui l'aurait certainement condamnée à compenser financièrement les travailleurs lésés. C'est ce qu'on appelle se placer au-dessus des lois, sinon à côté ... avec la complicité du gouvernement. Nous visons dans un mode extraordinaire !