Grâce notamment à des acquisitions aux États-Unis - CGI veut porter son chiffre d'affaires à quatre milliards en 2005

Encouragé par la reprise aux États-Unis et le redémarrage des investissements dans le secteur des télécommunications, CGI s'est donné pour objectif de porter son chiffre d'affaires à quatre milliards en 2005, contre 2,7 milliards en 2002.

D'après le président et chef de l'exploitation de la société, Michael Roach, la moitié de cette augmentation de près de 40 % devrait découler d'acquisitions d'importance, principalement aux États-Unis. Le reste serait attribuable à la croissance interne de l'entreprise dont le carnet de commandes atteignait 12,2 milliards au 31 décembre dernier.

À la fin de l'année prochaine, CGI devrait réaliser environ 30 % de ses ventes aux États-Unis, 10 % en Europe et le reste au Canada. Actuellement, le marché canadien compte pour 80 % des revenus de l'entreprise de services en technologies de l'information.

Les contrats que lui a octroyés le géant des télécommunications BCE — qui est son principal actionnaire — représentent encore 19 % de son chiffre d'affaires, mais cette proportion diminue à mesure que l'entreprise diversifie sa clientèle et accroît sa présence sur les marchés étrangers.

La popularité grandissante de l'impartition — ou sous-traitance — auprès des gouvernements, des grandes entreprises de services et même des manufacturiers constitue une excellente nouvelle pour CGI qui s'estime bien positionnée pour tirer profit de la manne à venir, au Québec ainsi que dans les autres provinces.

La main-d'oeuvre

L'entreprise qui emploie actuellement 20 000 personnes espère accroître son effectif de 75 % au cours des deux prochaines années. Ses bureaux en Inde devraient bientôt fournir du travail à un millier de personnes, au lieu de 650 aujourd'hui. Mais CGI se défend bien de vouloir déserter le Québec au profit de pays en voie de développement où la main-d'oeuvre qualifiée est meilleur marché. «Nous avons un modèle de livraison globale. L'Inde en fait partie, mais le Canada aussi», a insisté hier la vice-présidente exécutive et chef de la direction corporative Paule Doré, en marge de l'assemblée annuelle des actionnaires.

Pour sa part, le fondateur Serge Godin, qui occupe toujours les fonctions de président du conseil et chef de la direction de CGI, a dit qu'il n'était pas question de vendre l'entreprise et de risquer de voir son siège social déménager. «Nous avons un rêve de faire de cette compagnie une institution mondiale, basée ici. Et il y a encore beaucoup à construire», a-t-il assuré.

Pour l'instant, tous les espoirs semblent permis. La société fondée en 1976 a en effet déclaré un bénéfice net de 48,7 millions, ou 12 ¢ par action, au premier trimestre clos le 31 décembre, comparativement à 37 millions, ou 10 ¢ par action, à pareille date l'année précédente. Ses revenus se sont établis à 700,5 millions, en hausse de 19 % par rapport aux 589 millions engrangés en 2002.

La direction a maintenu ses prévisions de croissance pour 2004 et s'attend à une croissance de ses revenus et de son bénéfice oscillant entre 8 et 17 %, en excluant d'éventuelles acquisitions.