Ottawa et Québec majoritaires?

L’aide attendue d’Ottawa à Bombardier pourrait prendre la forme d’une contribution directe dans la commandite abritant le programme CSeries, reléguant Bombardier à un rôle minoritaire dans l’équipe des administrateurs.

La dilution du poids de 50,5 % de Bombardier dans la commandite accueillant la CSeries avait été évoquée lorsque la multinationale québécoise a confirmé sa demande d’aide au gouvernement fédéral. Selon l’agence Reuters citant deux sources familiarisées avec ce type de dossier, Ottawa pourrait annoncer, et ce, dès ce vendredi, une contribution similaire à celle de Québec. Une proposition formulée par Québec et appuyée par Bombardier, a ajouté l’agence mercredi.

Jeudi, dans une entrevue à Radio-Canada, le ministre des Transports Jacques Daoust a confirmé un scénario où, si Ottawa décide de coiffer l’offre québécoise et d’injecter 1 milliard $US, les gouvernements disposeraient d’une majorité au conseil d’administration de la filiale. Il a parlé de la possibilité qu’un nouvel investisseur obtienne également deux sièges, comme Québec, sur un total de sept.

Dans la transaction annoncée en octobre, Québec a également obtenu 200 millions de bons de souscription lui donnant le droit d’acheter des actions classe B de Bombardier, soit l’équivalent de 8,9 % des actions classe A et B s’ils sont exercés. Les sources de Reuters ne précisent pas si Ottawa, qui serait mal à l’aise avec la structure de propriété de la famille Bombardier-Beaudoin empruntant aux votes multiples, exigerait également de tels bons dilutifs.

Republic Airways

Captant la balle au bond, le chef caquiste, François Legault, a exprimé jeudi des craintes devant la perspective que les deux gouvernements soient majoritaires au sein d’un conseil d’administration présidé par Daniel Johnson. « Moi, j’ai froid dans le dos de voir une situation comme celle-là », a-t-il dit.

Par ailleurs, en début de soirée, Republic Airways Holdings a annoncé son intention de se réorganiser sous la protection de la loi sur les faillites. L’entreprise américaine avait passé en 2010 une commande ferme de 40 appareils CS300, assortie d’options pour 40 autres appareils. Une porte-parole de Bombardier, Isabelle Gauthier, a indiqué à La Presse canadienne que pour le moment, la commande ne semblait pas menacée.

4 commentaires
  • Pierre Bernier - Abonné 26 février 2016 07 h 01

    Vers le modèle Airbus ?

    Prendre la mesure des limites de l'entreprenariat privé dans les secteurs difficiles.

  • Robert Bernier - Abonné 26 février 2016 09 h 38

    Double standard?

    A-t-on exigé de prendre le contrôle de GM quand onlui a avancé 13 milliards il y a quelques années?

    Les gouvernements -et j'inclue le gouvernement à-plat-ventriste de Couillard- réagissent ainsi au Kouébek bashing, si facile et si répandu. Il ne s'agit ni d'une décision économique ni d'une décision de sage gestion. Il s'agit d'une décision de politique populiste. Je n'aime pas à ce point les Beaudoin-Bombardier mais, si j'étais à leur place, je refuserais net, je leur dirais de se le garder leur argent et d'assumer tout ce qui arrivera ensuite.

    Toutes les grandes compagnies aériennes dans le monde sont lourdement financées par les États, soit directement, soit indirectement à travers de juteux contrats de la Défense: aux USA, la Défense est de facto le bs de ces entreprises. Je suis convaincu que, s'il ne s'agissait pas d'une compagnie québécoise francophone, le Canada anglais n'hésiterait pas à faire de même et à soutenir cette entreprise de haute technologie.

    Misère. Que faisons-nous encore à payer des impôts à ce pays qui nous méprise et ne veut nous retourner notre argent que sous forme d'assurance-emploi (de moins en moins) ou de péréquation (avec des obligations "morales" d'accepter des pipelines). Dans ta niche, pitou!

    Robert Bernier
    Mirabel

  • Jocelyne Sirois - Abonné 26 février 2016 11 h 35

    Je suis pleinement d'accord avec le commentaire de M. Bernier.

  • Jean-François Trottier - Abonné 26 février 2016 13 h 20

    Le roi de la chicaine

    Dans le jounal La Presse je lis que Couillard "...a affirmé que le Parti québécois (PQ) et la Coalition avenir Québec (CAQ) auraient dû se manifester plus rapidement afin de mieux comprendre l'investissement gouvernemental dans la C Series."

    Imaginez, c'est SA réponse aux critiques de l'opposition.

    Depuis quand l'oppositon devrait faire des démarches à la place du gouvernement, et quand Couillard et cie ont-ils informé à l'avance qui que ce soit, dont l'opposition, de leurs intentions quand aux tractations avec Bombardier, Trans-Canada ou quiconque ?

    Ce gars est incapable de pontifier et de mâcher de la gomme en même temps je crois.