La Royale hausse de 52 % sa provision pour mauvaises créances à cause du prix du pétrole

La banque a aussi procédé à des tests de tension pour voir comment réagirait l’ensemble de son portefeuille si une « tempête parfaite » regroupant plusieurs facteurs devait survenir. 
Photo: Henrickson / CC La banque a aussi procédé à des tests de tension pour voir comment réagirait l’ensemble de son portefeuille si une « tempête parfaite » regroupant plusieurs facteurs devait survenir. 

Toronto — La Banque Royale a mis davantage d’argent de côté pour parer aux mauvaises créances, la longue période de faiblesse des prix du pétrole nuisant à la capacité de rembourser les dettes des entreprises énergétiques et des consommateurs dans les provinces productrices de pétrole.

« Il n’y a aucun doute que la faiblesse persistante des prix du pétrole est difficile pour les clients dans les régions touchées et qu’elle entraîne une augmentation des provisions de crédit dans notre portefeuille », a observé mercredi le chef de la direction de la Royale, David McKay, lors d’une conférence téléphonique pour discuter des résultats du premier trimestre de la banque. « Il est important de noter que l’augmentation fait suite aux creux historiques que nous avons connus ces dernières années, et je voudrais aussi souligner que nous avons réussi à traverser plusieurs cycles. »

La banque a affiché un bénéfice net de 2,45 milliards pour son plus récent trimestre — un résultat stable par rapport à la même période l’an dernier, et inférieur de 6 % à celui du trimestre précédent, alors qu’il s’était élevé à 2,59 milliards. La hausse du résultat des activités de gestion de patrimoine et de sa principale division des services bancaires a été contrebalancée par les plus faibles résultats des activités d’assurance et des marchés de capitaux.

La Royale a en outre augmenté sa provision pour pertes sur prêts à 410 millions — une hausse de 140 millions, ou 52 % — ce qui était principalement attribuable aux portefeuilles du secteur du pétrole et du gaz naturel et à celui des prêts personnels et des cartes de crédit. « À cette période l’an dernier, le prix du pétrole était d’environ 50 $US le baril, un niveau qui, avions-nous souligné, nuisait à la rentabilité du secteur », a rappelé le chef du risque de la Banque Royale, Mark Hughes, lors de la conférence téléphonique. « Le prolongement de la faiblesse des prix du pétrole, qui se sont établis en moyenne à 37 $US le baril (au cours du premier trimestre), a mis une pression additionnelle sur certains de nos clients. »

Les provisions pour pertes sur prêts du segment des marchés de capitaux de la banque ont progressé de 84 millions à 121 millions au cours du trimestre, en raison de pertes liées à quatre comptes du secteur du pétrole et du gaz naturel et d’un autre du secteur des services publics.

M. Hughes a indiqué que la banque avait effectué des tests de tensions actualisés pour voir comment ses prêts au secteur pétrolier performeraient dans divers scénarios, dont un qui mise sur un baril de pétrole à 30 $US pour le reste de l’année. Après avoir effectué ces tests, la Royale a décidé d’ajouter neuf entreprises à sa liste de surveillance pour le secteur de l’énergie. Elle n’a pas voulu identifier ces entreprises.

Entre-temps, du côté des services bancaires personnels et commerciaux, les provisions pour mauvaises créances ont grimpé de 44 millions à 284 millions, ce qui était attribuable à la croissance du chômage dans les provinces productrices de pétrole. « Dans ce contexte, nous continuons à surveiller de près les modifications dans les habitudes financières de nos clients pour s’assurer que nous conservions une visibilité sur les premiers signes de difficultés », a expliqué M. Hughes. « Nous avons observé une hausse des délinquances au cours du trimestre par rapport aux creux historiques dans notre portefeuille d’hypothèques résidentielles en Alberta. »

Tempête parfaite

La banque a aussi procédé à des tests de tension pour voir comment réagirait l’ensemble de son portefeuille si une « tempête parfaite » regroupant plusieurs facteurs devait survenir. Cette tempête comprenait un baril de pétrole à 25 $US pour le reste de l’année, ainsi qu’une récession au Canada et un plongeon de jusqu’à 25 % des prix des maisons à l’échelle du pays. « Dans ce scénario, que nous jugeons improbable pour l’instant, les provisions reposant sur ce test de tension augmenteraient de 40 à 50 points de base, ce qui reste à l’intérieur de notre moyenne historique », a affirmé M. Hughes.

Malgré le difficile environnement économique, M. McKay a dit croire que la pression émanant de la faiblesse des prix du pétrole serait confinée aux provinces dépendantes à l’énergie, tandis que les bénéfices liés à la dépréciation du dollar canadien pour les fabricants et pour l’activité d’exportation aideraient à soutenir la « modeste » croissance du PIB cette année.

2,447 milliards
Le bénéfice net au premier trimestre (1,58 $ par action) est sensiblement le même que ce qu’il était au cours de la même période il y a un an (2,456 milliards ou 1,65 $ par action).