Le PQ et la CAQ dénoncent l’amateurisme du gouvernement

Les chefs de la CAQ et du PQ, François Legault et Pierre Karl Péladeau, ont donné une conférence de presse conjointement, répondant ainsi à l’invitation de Jean Poirier (au centre), le représentant syndical des employés d’Aveos.
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne Les chefs de la CAQ et du PQ, François Legault et Pierre Karl Péladeau, ont donné une conférence de presse conjointement, répondant ainsi à l’invitation de Jean Poirier (au centre), le représentant syndical des employés d’Aveos.

Québec — Le Parti québécois et la Coalition avenir Québec ont exceptionnellement fait front commun lors d’une conférence de presse, mercredi, aux côtés d’anciens employés d’Aveos, congédiés en 2012.

L’ancien représentant syndical des travailleurs d’Aveos, Jean Poirier, a affirmé que le gouvernement québécois n’aurait pas dû s’entendre avec Air Canada pour que l’entreprise suspende sa demande d’appel devant la Cour suprême.

Selon M. Poirier, cette décision entre en contradiction avec les propos de M. Couillard, qui a répété depuis la semaine dernière que Québec ne renoncerait à sa poursuite que si Air Canada officialise l’achat de 45 avions CSeries.

« Vous avez vu le même texte que moi, comme quoi ils ont arrêté, qu’ils suspendent les procédures jusqu’au mois de juillet, a-t-il dit. Puis M. Couillard dit que non, on n’arrête pas les procédures, on est encore en train de regarder ça. Pour moi, c’est de la contradiction totalement. »

Le chef péquiste, Pierre Karl Péladeau, a affirmé que M. Couillard gaspille ses munitions alors que deux tribunaux ont déjà rendu des décisions favorables à Québec, selon qui Air Canada doit maintenir ses activités d’entretien à Montréal.

« Alors, nous avons la démonstration hors de tout doute que ce sont des “peewee” en matière de négociation, a-t-il dit. […] Vous n’abandonnez pas des munitions qui vont justement vous amener à la table de négociation avec davantage de leviers. »

Le chef caquiste, François Legault, croit que Québec aurait intérêt à tout tenter pour faire valoir les jugements qu’il détient plutôt que de miser sur un engagement d’Air Canada de faire l’entretien de ses appareils de la CSeries à Montréal.

« Ça se peut qu’il y ait zéro emploi, a-t-il dit. Pourquoi sacrifier 1800 emplois de qualité, avec un jugement clair, pour du vent, pour du vent ? Donc, moi, je comprends ces gens-là d’être en colère contre Philippe Couillard actuellement. »

Avant de se rendre à la période des questions, M. Couillard a accusé les partis de l’opposition de manipuler les travailleurs, dont plusieurs étaient des employés d’Air Canada jusqu’à ce que le transporteur vende ses activités d’entretien, ce qui a mené à la création d’Aveos.

« Ce qui est triste dans cette histoire, et je ressens beaucoup de sympathie et d’empathie pour les travailleurs, les deux partis de l’opposition manipulent les travailleurs d’Aveos, a-t-il dit. Ils ne leur disent pas la vérité, on va leur dire la vérité. »

En Chambre, M. Couillard a lancé un message aux ex-employés d’Aveos, au sujet de ses adversaires.

« N’écoutez pas ces porteurs de nuages », a-t-il dit.

Avant de se rendre à une réunion du Conseil des ministres, Mme Anglade a affirmé que le litige avec Air Canada avait été suspendu, devant la Cour suprême, sans toutefois être annulé. « C’est suspendu pour permettre aux parties d’échanger et de trouver le terrain d’entente », a-t-elle dit.

La ministre de l’Économie a par ailleurs fixé la barre plus haut que la société Bombardier quant au nombre de commandes fermes à atteindre — 300 — d’ici le début des livraisons des appareils CSeries.

En juillet dernier, le président et chef de la direction de Bombardier, Alain Bellemare, avait plutôt pris ses distances de cet objectif fixé par l’équipe de direction qui l’avait précédé.

Alors qu’elle insistait mercredi sur l’importance de miser sur les avions de Bombardier plutôt que sur le maintien de centres d’entretien pour Air Canada, Mme Anglade a été sans équivoque.

Selon la ministre, l’atteinte de 300 commandes fermes pourra créer un effet d’entraînement important pour Bombardier, qui peine à trouver des clients.

« Il faut franchir le cap minimalement de 300 commandes pour la Série C et on est très proches du résultat, a-t-elle dit. C’est important le cap du 300 pour pouvoir déjà créer ce momentum.»

Le carnet de commandes de la CSeries compte actuellement 243 engagements fermes, un chiffre qui passera à 288 quand Air Canada matérialisera sa lettre d’intention pour l’acquisition de 45 appareils.

8 commentaires
  • Pierre Schneider - Inscrit 25 février 2016 08 h 20

    Et l'autre opposition ?

    Étonnant de constater que le parti qui dit représenter les intérêts des travailleurs et des exploités, Québec solidaire, n'ait pas joint ce front commun des oppositions aux politiques rétrogrades et désastruses de M. Couillard.

    • Colette Pagé - Inscrite 25 février 2016 10 h 36

      J'ai remarqué comme vous cette absence inexpliquable de QS. Par contre, étant donné la détestation manifeste du chef du PQ par Amir Khadir il ne faudrait pas se surprendre de cette absence.

      En revanche, cette initiative démontre à l'évidence si cette façon de Faire de la Politique Autrement se répétait il a fort à parier que le cynisme des citoyens envers la classe politique diminuerait.

  • André Poirier - Inscrit 25 février 2016 09 h 04

    Dixit Couillard

    « Ce qui est triste dans cette histoire, et je ressens beaucoup de sympathie et d’empathie pour les travailleurs, les deux partis de l’opposition manipulent les travailleurs d’Aveos... »

    Ils ne sont pas si cons que ça ces employés pour se laisser manipuler comme vous dites.

  • Tristan Roy - Inscrit 25 février 2016 12 h 38

    Escompte?

    Pour moi la vrai question est: quel escompte sur la valeur de Air Canada le gouvernement fédéral a-t-il concédé aux acheteurs privés pour qu'ils s'engagent en retour à maintenir Aveos et les emplois?

    Si Air Canada ne veut pas respecter ses engagements, peut on récupérer ce escompte?

  • Donald Bordeleau - Abonné 25 février 2016 13 h 45

    Trop de pilote dans l'avion

    C_Serie bientôt une société d’État. Lors des réunions du C.A. Daniel Johnson ne pourra pas assister aux réunions mensuelles de Bombardier selon le code d’éthique de Bombardier pour les gestionnaires qui doivent éviter les conflits d’intérêts, réels ou apparents, dans l’exercice de leurs fonctions. Drôle de situation pour l’ex Premier Ministre du Québec.

    http://www.bombardier.com/content/dam/Websites/bom

    Un deal qui garantit la réalisation du pipeline Énergie-Est se fera pour l'achat de 45 avions de SERIE _C et leur hypothétique entretien à Mirabel.

    La C_Série a besoin des milliards des gouvernements pour se développer et créer des emplois.

    Ottawa va investir aussi 1.3 milliards dans Bombardier pour assurer l'accord. On perd les 1800 emplois d’Avéos et les 2,400 d'emplois ici de Bombardier pour en créer des milliers au Mexique, Costa Rica, Inde, Maroc et en Roumanie.

    Un expert dit aussi que la promesse d’un Centre d’Excellence d’Entretien ( C.E.E.) est à oublier car trop onéreux en cette période ou l’économie est à l’arrêt. Toutes les réparations et les procédures d’entretien de Bombardier sont délocalisées hors du pays selon un ex travailleur de Bombardier par mesures d’économie. Bombardier fait les bons choix en matière d’entretien et de réparation avec des économies de plus de 80%.
    Un ingénieur indien formation aux USA, 15,000 $ salaire à Bangalore en Inde, un ingénieur québécois à Montréal 100,000 $ un riveteur d’avion en Inde 7,000 $, un riveteur avion syndiqué à Montréal 80,000 $.

    CS100 - 63 millions $ X 45 appareil = 2.835 milliards.

    Air canada aura un rabais significatif de 1.7 milliards pour l’achat des avions. Donc Air Canada va débourser 1.134 milliards après le rabais de Bombardier. Donc les contribuables paieront 1.7 milliards pour l’achat des appareils.

    http://www.journaldequebec.com/2016/02/17/bombardi

  • Donald Bordeleau - Abonné 25 février 2016 13 h 51

    Qui a le contrôle.

    On y perd notre latin entre Anglade et Daoust.

    Couillard a laissé le dossier de la C_Serie à Daoust.

    Il semble que Anglade serait une attachée politique de Daoust maintenant.