Vos finances: Une autre année de rendement

Si l'année 2003 a été particulièrement intéressante en Bourse, 2004 ne sera pas laissée pour compte. Les rendements positifs doivent être au rendez-vous cette année encore, à un niveau moindre mais conforme aux attentes.

Si l'histoire de 2003 se répète... L'an dernier, le mot d'ordre était à la retenue. Après tout, le marché boursier américain venait d'aligner trois glissades consécutives en autant d'années. Après un départ lent, le mois de mars aura donné le coup d'envoi à une remontée spectaculaire quasi ininterrompue. Depuis mars 2003, l'indice TSX de la Bourse de Toronto est en progression de 38 %. Sur la période, la hausse atteint les 45 % pour l'indice américain S&P 500, sans repli notoire. Le rebond a surpris, et continue de surprendre.

La médiane des rendements prévus en février dernier par les gestionnaires de placements institutionnels se situait à 8 % pour le marché canadien en 2003, et à 9 % pour le marché américain. La réalité aura été tout autre. Pour l'année 2003, le rendement de l'indice représentatif de Bay Street a été de 26,7 %, de 26 % pour celui de Wall Street.

Résultats: les régimes de retraite canadiens ont connu l'an dernier leur meilleure performance depuis 1997, selon la compilation effectuée par le cabinet Mercer, Consultation en gestion de placements. Mieux, des rendements positifs ont été comptabilisés dans toutes les principales catégories d'actif, avec des performances médianes de 26 % dans les fonds d'actions canadiennes, de 14 % dans les fonds équilibrés discrétionnaires, ou de 39 % dans les actions canadiennes de société de petite capitalisation.

«Tous les secteurs ont affiché des hausses en 2003, ce qui est une première depuis 1996, et 83 % des actions de l'indice S&P/TSX étaient en hausse au quatrième trimestre, soit la plus forte proportion en 17 ans», ont renchéri les analystes de la Financière Banque Nationale (FBN).

Place à l'international

Une autre surprise, plus désagréable celle-là, est venue de la forte remontée du dollar canadien par rapport à sa contrepartie américaine. Ainsi, lorsqu'il est converti en dollars canadiens, le gain de 26 % de l'indice S&P 500 en 2003 est ramené à 6 %, alors que les gestionnaires de fonds d'actions américaines n'ont pu faire mieux qu'un rendement médian de 4,8 %. Pour les actions internationales (autres qu'américaines), là où la vigueur du dollar canadien a été plus atténuée, l'indice représentatif a affiché un saut de 13,9 % en dollars canadiens, alors que le rendement médian des gestionnaires a été de 10,9 %. En devises locales, les marchés d'actions internationales pris dans leur ensemble ont bondi de 31 % l'an dernier.

«Bien que les marchés d'actions étrangères aient enregistré des rendements exceptionnels en 2003, la forte appréciation du dollar canadien a fait en sorte que les investisseurs canadiens n'ont pas obtenu d'aussi bons rendements sur ces marchés étrangers», a souligné Mercer.

L'année 2004 pourrait être différente. Le retour en force de l'économie américaine, le réveil du Japon, la vigueur de l'économie chinoise et une montée en puissance de la zone euro devraient se conjuguer à un plafonnement du dollar canadien autour des 78 ¢US pour rendre ce segment plus attrayant aux yeux des investisseurs canadiens, après quatre années de déception dans les placements étrangers.

Outre cet élément qui ressort cette année, 2004 devrait être dans l'ensemble, une autre année de rendements positifs. D'ailleurs, les spécialistes de la FBN ciblent pour le S&P 500 un objectif de 1225 points, et pour le TSX, de 9200, soit un rendement y compris les dividendes) de 7 à 10 % cette année. Les marchés ont-ils trop monté l'an dernier? «Même si l'indice S&P 500 a gagné 26 % en 2003, son ratio cours-bénéfice a peu augmenté parce que les bénéfices américains ont grimpé de 25 % du quatrième trimestre 2002 au quatrième trimestre 2003», a précisé la FBN. De plus, «les taux d'intérêt faibles seront favorables aux actions en faisant perdre de leur attrait aux obligations.»

Sans compter que le petit investisseur, avec ses liquidités records de 45 milliards conservées dans les comptes bancaires, doit entrer dans la mêlée cette année. «La reprise de 25 % de l'an dernier a fait baisser les liquidités, mais leur volume est encore nettement supérieur à la moyenne historique. Les actifs des marchés monétaires représentent actuellement 18,7 % des actifs investis en actions. La moyenne historique est de 13,8 %», peut-on lire dans le mensuel boursier de la FBN.

S'inspirant d'un modèle de valorisation retenu par la Réserve fédérale américaine, les analystes de la FBN estiment que l'indice S&P 500 est actuellement sous-évalué de 25 %. «Des indications semblables en 1992, 1995 et 1998 avaient chacune été suivies d'une solide performance boursière.»

Ce regard optimiste, avec ses rendements attendus de 7 à 10 %, rejoint celui des différents sondages dévoilés ces derniers mois et qui font ressortir des rendements anticipés par les investisseurs dits de détail oscillant entre 6,3 et 8,9 % en 2004. Les gestionnaires de placements sont un peu plus ambitieux avec des prévisions de rendement sur le marché des actions de l'ordre de 8 à 12 %. Ces investisseurs institutionnels estiment que les meilleures performances viendront des titres de sociétés à faible capitalisation canadiennes et des marchés en émergence. Parmi les secteurs de prédilection, ils retiennent ceux des matériaux, de l'énergie et financier.