Couillard défend ses choix malgré la perte de 2400 emplois

Photo: Paul Chiasson La Presse canadienne

À la lumière de la perte de 7000 emplois chez Bombardier, le premier ministre Philippe Couillard s’est félicité, mercredi, d’avoir limité les investissements du gouvernement au seul programme d’avion de la CSeries du conglomérat.

M. Couillard a affirmé qu’il aurait commis une erreur en déployant l’investissement de 1 milliard $US au-delà du seul programme d’avion CSeries.

Selon le premier ministre, l’annonce de Bombardier, mercredi, montre que le gouvernement a fait le bon choix en se concentrant sur le programme d’avion moyen porteur, alors que le programme des avions d’affaires est en perte de vitesse. « L’influence se trouve au bon endroit, dans la Série C, c’est là qu’il fallait avoir l’influence, a-t-il dit. Toute l’influence du monde ne créera pas des acheteurs milliardaires d’avions d’affaires, il faut réaliser ça, le marché est international. C’est donc pourquoi ç’aurait été une si grave erreur d’investir comme on nous le recommandait du côté de l’opposition. Le gouvernement a fait le bon choix et ce choix est, de façon éclatante, validé aujourd’hui. »

Lors d’un point de presse, M. Couillard a souligné l’intention, annoncée par Air Canada, d’acheter des avions de la CSeries. « On investit dans l’endroit qui croissait, il aurait été totalement illusoire de le faire dans un endroit qui ne croît pas, notamment les avions d’affaires, a-t-il dit. Je rappelle qu’il s’agit de plusieurs milliards de dollars, les commandes de la Série C, c’est un impact majeur et il faut se réjouir de ça, malgré les pertes d’emplois, c’est une bonne nouvelle. »

Le chef péquiste Pierre Karl Péladeau a réclamé mercredi que le gouvernement renégocie les conditions de l’entente qu’il s’apprête à finaliser avec le conglomérat du transport ferroviaire et de l’aéronautique. « C’est invraisemblable, a-t-il dit. L’État met 1,3 milliard [$CAN] dans une entreprise qui va réduire ses emplois ici, au Québec. Déjà que l’entente initiale était mauvaise, elle l’est encore plus aujourd’hui à la lueur des résultats qui sont annoncés. »

Le chef caquiste François Legault croit qu’il faudrait des garanties sur le maintien d’actifs et d’emplois, notamment pour préciser que le Québec doit être le dernier touché par les licenciements de la multinationale. En chambre, M. Legault a demandé lui aussi une renégociation de l’entente, en insistant sur la valeur boursière du conglomérat, qui aurait permis au gouvernement de prendre une position importante dans l’entreprise avec la même somme que celle consacrée au programme de la CSeries. « Il aime mieux avoir 50 % des actions de la Série C que d’avoir 50 % des actions de tout Bombardier », a-t-il dit.

«L’État met 1,3 milliard [$CAN] dans une entreprise qui va réduire ses emplois ici, au Québec» Pierre Karl Péladeau, PQ
«Le gouvernement a fait le bon choix et ce choix est, de façon éclatante, validé aujourd'hui» Philippe Couillard, premier ministre
«Il aime mieux avoir 50% de la Série C que d’avoir 50% de tout Bombardier» François Legault, CAQ
7 commentaires
  • Dominique Roy - Abonnée 18 février 2016 07 h 34

    Je suis convaincu que la lettre d'intention d'Air Canada est là seulement pour camouffler les pertes d'emplois annoncées par Bombardier. Du maquillage, du mensonge. Triste et désolant. LoBo

  • Sylvain Bolduc - Abonné 18 février 2016 07 h 38

    PKP et Legault ont tellement raison

    Parce qu'ici on ne parle pas de la vulnaribilité de l'entente en ne mentionnant pas l'exigence d'Air Canada de cesser la poursuite du gouvernement du Qc à Air Canada dans le dossier d'Aveos ce qui démontre très bien le chantage auquel le gouvernement s'exposeavec une telle entente.

    Donc le gouvernement devra accepter à peu près n'importe quel chantage dans le but de ne pas perdre sa mise de $1,300,000,000 et les éventuels profits.....s'il y e na car il semble bien que Bombardier a laissé aller les aviona pour des "peanuts" alors bye bye profits pour un bon bout de temps.

  • Colette Pagé - Inscrite 18 février 2016 10 h 38

    Une mauvaise entente conclue à la va-vite !

    Tellement peu convaincante est cette entente du Gouvernement avec Bombardier. Aucune obligation de garder le siège social , aucun plancher d'emplois. Avec une contribution significative de 1,5 milliards n'auraient pas pu exiger davantage de Bombardier. N'aurait-on pas pu exiger la présence de représentants du Gouvernement au CA.

  • Gilles Teasdale - Abonné 18 février 2016 11 h 27

    Premier ministre de quoi.

    Création d'emplois ,qui disait . Magouille avec air canada pour ne pas rapatrier Avéos,Mise à pied massive chez Bombardier.Je vois plutôt CRÉATION de CHÔMAGE et comme bonis Couillard est content.

  • Jean-Yves Verreault - Inscrit 18 février 2016 16 h 20

    Le fameux trio économique de M.Couillard aurait maintenant sa place au sein CH. Compte tenu de sa perfornmance depuis 2014 je les verrais très bien faire du sur place comme nos glorieux le font depuis 3 mois. Rappelez-vous de la campagne électorale de 2014 quand M.Couillard ne s'en pouvait plus de nous rabattre les oreilles avec son plan et son équipe économiques. L'effet Couillard qui nous amènerait la prospérité qu'on nous disait à l'époque. C'est ce que ça donne des gens qui n'ont jamais créér de jobs de leur vie. Le plus désolant dans tout ça c'est que la population les a crûs et continue à les croire. Je viens de lire le tome 2 de la biographie de Jacques Parizeau sur la période 1976-1985. On s'entend que notre fameux trio n'aurait pas pu jouer sur la même patinoire que Monsieur!