Le Palais des congrès voit grand

Laurie Vanhoorne Collaboration spéciale
« Si on ne veut pas dans dix ans être considérés comme une ville destinée à accueillir de petits congrès, un agrandissement est indispensable », insiste Raymond Larivée, président-directeur général du Palais des congrès.
Photo: Annik MH de Carufel Le Devoir « Si on ne veut pas dans dix ans être considérés comme une ville destinée à accueillir de petits congrès, un agrandissement est indispensable », insiste Raymond Larivée, président-directeur général du Palais des congrès.

Ce texte fait partie du cahier spécial Tourisme

Montréal est reconnu depuis quatre ans comme la ville qui reçoit le plus grand nombre d’événements internationaux en Amérique du Nord, d’après des chiffres compilés par l’Union des associations internationales. « Depuis quelques années, le Palais des congrès enregistre une croissance globale annuelle de 6 à 7 %, note Raymond Larivée, président-directeur général du Palais des congrès depuis maintenant deux ans. Le nombre d’événements qu’on héberge demeure sensiblement le même, mais les congrès sont plus gros, prennent plus d’espace, dénombrent plus de participants inscrits. C’est surtout de ce côté-là que la croissance est intéressante. »

Un total de 347 événements ont ponctué l’année 2015 au Palais des congrès de Montréal, dont 47 congrès et une cinquantaine d’expositions, le tout pour des retombées économiques de 240 millions. Le 25e World Congress of the International Society of Ultrasound in Obstetrics and Gynecology a vu converger au centre de conférences 1500 personnes, tandis qu’elles étaient 2500 à se présenter à la rencontre annuelle de l’American College of Chest Physicians.

En 2016, 3500 personnes investiront le Palais des congrès au mois de mai dans le cadre de l’International Congress of Theoretical and Applied Mechanics, 2500 en feront autant à l’occasion du 24e International Congress of Theoretical and Applied Mechanics, qui se tiendra au mois d’août, et le World Congress of Pediatric Gastroenterology, Hepatology and Nutrition attirera à lui seul 4000 participants.

En 2017, année de célébrations à Montréal, qui fêtera son 375e anniversaire, pas moins de 12 000 personnes participeront aux Jeux mondiaux des policiers et des pompiers, qui se dérouleront au mois de juillet au Palais des congrès, lequel recevra en octobre de la même année les 8000 participants au 24e World Congress on Intelligent Transport Systems.

Un tel achalandage permet aujourd’hui au Palais des congrès d’envisager un agrandissement. « Depuis un an ou deux, lors de nos mois les plus occupés — mai, septembre, octobre, novembre —, on est contraints de refuser des demandes, se désole M. Larivée. On espère pouvoir terminer les études de faisabilité dans les prochains mois, de façon à faire une recommandation au gouvernement et à la communauté. »

Pouvoir d’attraction

Plusieurs facteurs contribuent à attirer dans la métropole des rencontres internationales toujours plus importantes. « Montréal est une ville internationale, connue, une ville de savoirs, de recherche, d’universités, souligne M. Larivée, qui a évolué dans le secteur de l’hôtellerie pendant une trentaine d’années avant d’occuper ses fonctions actuelles. Ça amène les gens à venir se rencontrer ici à l’occasion de grands rassemblements. »

Avec ses onze établissements d’enseignement supérieur, ses nombreux centres de recherche, ses deux mégacentres hospitaliers reliés à l’Université de Montréal et à l’Université McGill, Montréal se positionne comme un emplacement de choix pour la tenue d’événements rassemblant les communautés médicale et scientifique, qui depuis trente ans constituent en moyenne 34 % des congrès qu’elle accueille. L’aérospatiale est le deuxième secteur le plus représenté au sein du Palais des congrès.

Un travail d’équipe

La collaboration avec les communautés de chercheurs prend tout son sens dans le contexte de l’accueil d’un congrès international. La candidature d’une ville qui souhaite assurer la tenue d’un congrès repose en effet en grande partie sur la présence locale d’une communauté, d’un comité et de chercheurs dans les domaines concernés, chercheurs qui ont eux-mêmes alors l’occasion de participer à des événements de recherche et de publier leur travail.

Depuis 2015, le Palais des congrès de Montréal a notamment pour partenaires Montréal InVivo, un organisme de développement économique, et les Fonds de recherche du Québec, qui promeuvent et soutiennent financièrement la recherche, la mobilisation des connaissances et la formation des chercheurs dans la province. À travers ces partenariats, le Palais des congrès décerne des bourses d’implication. « On veut reconnaître le travail des chercheurs qui participent personnellement à la promotion de Montréal dans la perspective d’accueillir des congrès dans leur domaine, évoque M. Larivée. Les Fonds de recherche du Québec et Montréal InVivo, respectivement dans les secteurs des sciences et des sciences de la vie, deviennent pour nous des incubateurs importants. »

Demeurer compétitif représente le plus grand défi pour le Palais des congrès de Montréal, qui partage le terrain avec des centres de conférences dans toutes les grandes villes du monde. « Si on ne veut pas dans dix ans être considérés comme une ville destinée à accueillir de petits congrès, un agrandissement est indispensable », insiste M. Larivée.

Contexte économique favorable

 

Le contexte économique actuel participe également au pouvoir d’attraction de la métropole. Le tourisme d’affaires, comme le tourisme d’agrément, fait en effet partie des rares secteurs auxquels sourit la faiblesse du dollar canadien. En compétition avec une ville américaine pour la tenue du congrès de 2019 d’Apimondia, la fédération internationale des associations apicoles, le Palais des congrès a notamment pu miser sur les faibles coûts que représente ici l’organisation d’un événement international.

En avril dernier, l’institution montréalaise a obtenu la plus haute certification de qualité de l’Association internationale des palais des congrès et est devenue l’un des 26 centres de congrès sur les 180 membres à recevoir cet honneur. « C’est une reconnaissance de la qualité de toute la dynamique de gestion, d’accueil et de pratique d’affaires que nous avons développée. C’est une marque de reconnaissance qui certifie aux décideurs que le Palais des congrès de Montréal se situe parmi les plus grands, que ce soit en matière d’installations, d’infrastructures, de technologies, de services connexes, de partenaires ou même de restauration », évoque le président-directeur général.

À voir en vidéo