Rona améliore ses résultats avant de passer sous contrôle américain

Rona estime que sa restructuration d’il y a trois ans a permis de redresser les ventes de ses magasins ouverts depuis au moins un an.
Photo: Annik MH de Carufel Archives Le Devoir Rona estime que sa restructuration d’il y a trois ans a permis de redresser les ventes de ses magasins ouverts depuis au moins un an.

À l’approche de son mariage avec le géant américain Lowe’s, Rona a vu ses profits croître en 2015 en plus de connaître sa meilleure performance en neuf ans au chapitre des ventes comparables.

L’entreprise québécoise a ainsi estimé mardi que sa restructuration d’il y a trois ans a permis de redresser les ventes de ses magasins ouverts depuis au moins un an — un indicateur clé dans le secteur du commerce de détail. Pour 2015, les ventes comparables ont ainsi affiché une progression de 3,1 %, par rapport à une hausse de 1,1 % en 2014. Un déclin avait auparavant été enregistré au cours des sept années précédentes.

« Le réseau de Rona est bien plus fort aujourd’hui qu’il ne l’était il y a un an », a expliqué son président et chef de la direction, Robert Sawyer, dans ce qui pourrait être sa dernière conférence téléphonique avec les analystes avant que la transaction avec Lowe’s soit complétée. Les actionnaires du quincaillier seront appelés à se prononcer le 31 mars, lors d’une assemblée extraordinaire, sur l’offre de 24 $ par action ordinaire de Lowe’s. Cette transaction de 3,2 milliards, dont la clôture est prévue au deuxième trimestre, devra également recevoir l’aval des autorités réglementaires fédérales.

Au quatrième trimestre terminé le 27 décembre, le bénéfice net de l’entreprise établie à Boucherville a plus que doublé pour s’établir à 16,7 millions, ou 13 ¢ par action. Abstraction faite des éléments non récurrents, Rona a engrangé un profit ajusté de 21,2 millions, ou 20 ¢ par action, par rapport à 17,3 millions, ou 15 ¢ par action, il y a un an. « La performance pour l’année a été réalisée en dépit d’un environnement concurrentiel, une économie morose ainsi que des conditions difficiles dans plusieurs régions », a expliqué M. Sawyer. Celui-ci a noté que les mises en chantier avaient fléchi de 7 % à l’échelle du pays en 2015.

Stimulées par l’acquisition des 20 magasins franchisés, les recettes ont progressé de 6,5 %, à 1,03 milliard. L’augmentation a été de 0,8 % du côté des ventes comparables.

De bonnes performances en Ontario ainsi qu’en Colombie-Britannique, combinées à une météo favorable ayant prolongé la saison des projets de construction et de rénovation à plusieurs endroits, ont contrebalancé la morosité de l’Alberta. « Notre position dans l’Ouest canadien demeure relativement bonne, a souligné aux analystes le chef de la direction financière, Dominique Boies. La situation ne s’empire pas. »

Pour l’exercice, Rona a engrangé un bénéfice net de 68 millions, ou 52 ¢ par action, en déclin comparativement à 78,2 millions, ou 56 ¢ par action, en 2014. Toutefois, sur une base ajustée, les profits du quincaillier ont progressé de 23 %, à 102,8 millions, ou 95 ¢ par action. Pour leur part, les recettes sont passées de 4,1 milliards à 4,23 milliards.

16,7 millions
Rona a plus que doublé son bénéfice net au quatrième trimestre. Cela, en dépit d’une économie morose et d’une diminution des mises en chantier au Canada.