Manuvie proposera les bracelets santé à ses clients

Près d’un an après que sa filiale américaine John Hancock eut lancé le programme Vitality grâce aux bracelets Fitbit, Manuvie a confirmé mardi que le concept traversera la frontière en 2016.
Photo: Olivier Zuida Le Devoir Près d’un an après que sa filiale américaine John Hancock eut lancé le programme Vitality grâce aux bracelets Fitbit, Manuvie a confirmé mardi que le concept traversera la frontière en 2016.

Maintenant que Manuvie compte bel et bien offrir à ses clients des bracelets santé en échange de rabais sur les primes d’assurance vie, que feront les autres assureurs ? À cette question, le Mouvement Desjardins et SSQ Groupe financier affirment sans détour qu’elles n’emboîtent pas le pas, tandis que la Banque Royale ne veut pas faire de commentaires.

Près d’un an après que sa filiale américaine John Hancock eut lancé le programme Vitality grâce aux bracelets Fitbit, une tactique techno dans un marché perçu comme saturé, Manuvie a confirmé mardi ce que sa direction admettait du bout des lèvres le mois dernier : le concept traversera la frontière en 2016.

Manuvie et Vitality, décrits comme « chefs de file mondial de l’intégration de programmes de mieux-être à l’assurance vie », n’ont pas dévoilé les détails du programme car ce dernier est en voie d’élaboration. Aux États-Unis, par exemple, il permet aux clients d’obtenir des rabais pouvant atteindre 15 % sur les primes et des rabais chez certains partenaires, notamment chez l’épicier Whole Foods et les hôtels Hyatt.

Après le processus de souscription à une assurance vie, le client de Manuvie répondra aux questions du programme et se verra attribuer une note d’état de santé. Selon l’assureur, « le client commencera à accumuler des points » dès la signature du contrat d’assurance. « Par exemple, en faisant de l’activité physique, en passant ses examens de dépistage annuels et en recevant le vaccin contre la grippe », a précisé Manuvie.

Si l’on se fie aux sondages effectués auprès des cadres de l’industrie, la technologie a tout ce qu’il faut pour secouer l’ordre établi du secteur. En mai 2015, la firme-conseil Accenture a rapporté que 63 % des cadres prédisent la croissance des technologies portables à toute l’industrie d’ici 2017.

Au Mouvement Desjardins, un des gros joueurs de l’industrie québécoise, la technologie portable n’est pas dans les cartons. « Desjardins n’envisage pas de déploiement à court terme pour ce type de solution d’assurance-vie individuelle », a indiqué une porte-parole, Valérie Lamarre. « Cependant, nous réfléchissons constamment aux façons de moduler notre offre de produits et services pour encourager la santé et les modes de vie plus sains chez nos membres et clients. »

L’assureur SSQ Groupe financier a l’oeil sur l’évolution des choses, mais demeure dans les gradins également. « SSQ demeure toujours à l’affût des tendances de marché et s’intéresse aux innovations technologiques », a écrit Danielle Rioux, analyste aux communications institutionnelles. « Néanmoins, nous ne prévoyons pas de lancer à court terme de programme » comme celui de Manuvie et Vitality, a-t-elle précisé.

Des demandes d’information lancées auprès de plusieurs autres assureurs du Québec et du reste du Canada sont demeurées lettre morte. La Banque Royale a tenu à préciser qu’elle ne souhaite pas faire de commentaires.

Le mois dernier, le président de Manuvie Québec, Charles Guay, avait indiqué au Devoir que « l’idée de ça, c’est de dire que pour la première fois, au lieu de consommer un produit d’assurance seulement après sa mort, on va pouvoir en profiter avant sa mort. La direction qu’on prend, c’est de faire davantage de prévention que de guérison. »

Usage des données

L’usage de données confidentielles récoltées dans le cadre de tels programmes a déjà été décrit comme un enjeu potentiellement délicat dans un contexte d’assurance, non seulement en raison de l’usage qui en serait fait — en interne ou avec des tierces parties —, mais parce que la sécurité des données quant aux risques de piratage est une menace en soi.

« La sensibilité des clients au sujet de la protection de la vie privée est capitale », a écrit PricewaterhouseCoopers dans un rapport traitant spécifiquement de l’industrie de l’assurance et de l’usage des nouvelles technologies. Celles-ci offrent un potentiel énorme, mais les assureurs doivent faire preuve de discernement.

« Les détenteurs de police sont généralement d’accord pour partager leurs données à condition qu’ils y voient un avantage clair de le faire — la technologie portable est un exemple, a ajouté PwC. La transparence et la responsabilité concernant la collecte d’information, son usage et sa protection sont primordiales. »