Le titre de Résolu dégringole

Photo: Résolu

Des résultats décevants et une menace de destitution du Forest Stewardship Council (FSC) ont fait dégringoler le titre de Produits forestiers Résolu, qui a touché un creux annuel en Bourse, jeudi.

Sur le parquet torontois, l’action a dégringolé jusqu’à 5,25 $ avant de clôturer à 5,86 $, en baisse de 19,4 %, ou 1,41 $.

Au quatrième trimestre, Résolu a affiché une perte nette de 214 millions $US, ou 2,39 $US par action, comparativement à 109 millions, ou 1,15 $US par action, l’an dernier. Les ventes ont fléchi de 15 % pour s’établir à 894 millions, une performance que l’entreprise a en partie attribuée à la détérioration des prix ainsi qu’aux conditions économiques mondiales. « L’impact de la baisse des prix a été de 348 millions, a commenté le président et chef de la direction de Résolu, Richard Garneau, au cours d’un entretien téléphonique. On ne pouvait pas faire grand-chose. »

Abstraction faite des éléments non récurrents, Résolu a subi une perte de 26 millions, ou 29 ¢ US par action, par rapport à 35 millions, ou 37 ¢ US par action, au quatrième trimestre de 2014. Le bénéfice d’exploitation a quant à lui dégringolé de 60,5 % pour s’établir à 41 millions, ce qui a quand même été accueilli positivement par M. Garneau. « Dans le passé, comme en 2008 et 2009, ce résultat a déjà été négatif, a-t-il rappelé. C’est rare que la baisse des prix est généralisée, comme ça été le cas cette fois-ci. »

Menace d’expulsion

Parallèlement, le FSC, qui gère un processus international de certification forestière, a fait savoir qu’il demandera en mars à son conseil d’administration d’envisager la destitution de Résolu. La plus grande entreprise forestière du Québec détient le deuxième plus grand nombre de certifications FSC en Amérique du Nord.

Par voie de communiqué, le directeur général de FSC, Kim Carstensen, a expliqué avoir abandonné l’idée de la médiation après n’avoir reçu que des « signaux négatifs » de la part de Résolu. « L’entreprise a préféré émettre des commentaires dérogatoires et instaurer au sein du public un climat de méfiance à l’égard de notre système », a-t-il indiqué. Une destitution serait une première en 22 ans, a noté le président de FSC au Canada, François Dufresne, ajoutant que cela n’entraînerait pas automatiquement la révocation des certificats détenus par Résolu.

De son côté, M. Garneau a répliqué en affirmant qu’il serait troublant de voir l’organisme international décider d’aller de l’avant avec une telle décision. « S’ils décident qu’ils ne veulent pas d’une entreprise qui figure parmi les meilleures en matière de développement durable, […] je trouverais cela très surprenant », a-t-il commenté.

Le grand patron de Résolu a accusé le FSC de se ranger du côté de Greenpeace en incluant l’organisme écologiste dans le processus de médiation. Selon lui, seuls les gouvernements du Québec et de l’Ontario ont les moyens de résoudre les litiges entourant les Premières Nations ainsi que le Plan de conservation du caribou.

Dans le passé, Québec avait fait connaître son intention de ne pas s’immiscer dans le processus de médiation.