Le Canada évitera la récession en 2016, dit le Conference Board

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L’activité économique sera poussive, mais le Canada devrait éviter la récession en 2016.

Le Conference Board se joint au mouvement en abaissant ses prévisions de croissance pour l’économie canadienne cette année. Sous le poids de la chute persistante des cours pétroliers, la progression du PIB ne devrait être que de 1,7 % en 2016. Le groupe de recherche chiffre à 1,2 % la croissance en 2015, après l’avoir ciblée à 1,6 % dans ses perspectives de juillet 2015, soit « la pire performance depuis 2009 », disait-il. Le Conference Board ne va donc pas aussi loin que d’autres prévisionnistes ayant évoqué une croissance pouvant être encore plus faible cette année qu’en 2015.

« La récente faiblesse était en grande partie limitée au secteur de l’énergie, mais d’autres secteurs, tels que les dépenses des ménages, les exportations et la fabrication, n’ont pas réussi à prendre la relève », explique l’institution. Le Canada « ne connaîtra pas un rebond de la croissance économique avant l’an prochain, lorsque la reprise du secteur non énergétique sera enfin bien enclenchée ».

En octobre dernier, elle tablait sur une meilleure année 2016 pour l’industrie pétrolière. Ce ne sera pas le cas. « Comme les stocks continuent d’augmenter, les prix mondiaux du pétrole ne devraient toutefois pas dépasser 40 $US cette année […] Les compagnies pétrolières devraient réduire leurs budgets de dépenses réelles en immobilisations de 16 % en 2016, après un recul de 24 % l’an dernier », ajoute l’institution.

Ménages

Les investissements dans la construction immobilière devront également répondre à une faible demande et à une hausse des taux d’inoccupation. Pour leur part, les investissements en machinerie et équipements se heurtent à la fragile confiance des entreprises, à la croissance mondiale lente et aux répercussions d’un dollar faible sur la capacité des entreprises à acheter de la machinerie à l’étranger. Aussi, en raison de la faiblesse de l’emploi et des minces gains de revenu disponible, les consommateurs « seront réticents à ouvrir leur porte-monnaie, compte tenu en plus de leurs niveaux records d’endettement ».

Tous les espoirs se tournent donc vers le commerce extérieur. Sans compter la contribution du gouvernement fédéral, qui pourrait injecter 10 milliards dans l’économie au cours des prochains exercices. « Cela fera avancer le PIB réel d’environ 0,3 % cette année. »

En janvier, Marchés mondiaux CIBC abaissait ses prévisions 2016 pour la deuxième fois en un mois. Elle estime que la progression du PIB canadien ne sera que de 1,3 % cette année. Le mois précédent, elle misait sur une croissance de 1,7 %.

Auparavant, la Financière Banque Nationale (FBN) disait s’attendre à ce que la performance économique de l’économie canadienne en 2016 soit pire que celle de 2015, déjà qualifiée de « plus mauvais millésime en six ans ». « Une nouvelle révision à la baisse de nos prévisions pour 2016 situe la croissance nationale à 0,9 % à peine [contre 1,6 % prévu précédemment et 1,2 % estimé pour 2015] […] Et même, cette prévision pourrait encore baisser, notamment si le cours du brut ne remonte pas vers notre objectif de fin d’année de 40 $US le baril », avait souligné la FBN.