La confiance des PME est à son plus bas depuis 2008

Photo: Jaco Wolmarans Getty Images

La chute vertigineuse du dollar canadien et celle du prix du baril de pétrole ont fait péricliter la confiance des propriétaires de petites et moyennes entreprises (PME) du Canada en janvier.

L’indice du Baromètre des affaires de la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI) est tombé à 54,3 ce mois-ci, 10 points de moins que le niveau de croissance économique normal. Il s’agit du pire indice depuis la récession de 2008.

Simon Gaudreault, économiste principal à la FCEI, explique que l’Alberta, en pleine dégringolade à cause de l’effondrement du pétrole, entraîne les autres provinces dans sa chute. De plus, ce mois-ci, les coûts liés au taux de change affectent 38 % des entrepreneurs, un record. L’indice varie normalement entre 65 et 70 lorsque l’économie réalise son plein potentiel de croissance.

À l’échelle des provinces, l’indice de confiance des propriétaires de PME a dégringolé de 26 points en Alberta par rapport à janvier 2015, à 28,8 seulement. Il a fléchi à 58,4 en Ontario, mais l’indice du Québec a progressé à 61,2, un sommet depuis 2013. Il s’est redressé au Nouveau-Brunswick à 62,8. La FCEI signale que l’indice reste faible dans les secteurs des ressources naturelles et de la construction mais il est vigoureux dans les secteurs des services professionnels, de l’information, des arts, de l’hébergement et de la restauration.

Les résultats de janvier 2016 s’appuient sur 712 réponses recueillies auprès d’un échantillon de membres de la FCEI. La marge d’erreur est de 3,7 %, 19 fois sur 20.

Les CPA déprimés

Chez les comptables professionnels agréés, le pessimisme à l’égard de l’économie est à son niveau le plus élevé depuis le premier trimestre de 2009 conclut un autre sondage, le CPA Canada Tendances conjoncturelles. « Le niveau de pessimisme à l’égard des perspectives de l’économie canadienne a grimpé en flèche chez les comptables professionnels occupant des postes de direction », lit-on.

Plus précisément, la moitié des personnes interrogées au cours du dernier trimestre de 2015 se sont dits pessimistes quant à la performance de l’économie canadienne au cours des 12 prochains mois. « Le sondage trimestriel n’a jamais révélé de niveau de pessimisme aussi élevé depuis le premier trimestre de 2009, lorsqu’il s’établissait à 83 %. »

Le prix du pétrole demeure le principal obstacle à la croissance économique canadienne, selon 39 % des participants au sondage. L’incertitude au sujet de l’économie canadienne arrive au deuxième rang (21 % des répondants).

Le niveau d’optimisme des comptables professionnels interrogés à l’égard des perspectives de leur entreprise pour les 12 prochains mois s’établissait à 38 % « mais le niveau de pessimisme suivait de près, à 31 % ». Pour ce qui est du chiffre d’affaires, 51 % des répondants s’attendaient à une croissance au cours des 12 prochains mois. Sur le plan du bénéfice, 48 % des répondants prévoient une hausse. « C’est la première fois depuis le deuxième trimestre de 2009 que moins de 50 % des répondants prévoient une hausse du bénéfice », poursuit le sondage.

Quant aux effectifs, « le pourcentage des répondants qui prévoient une augmentation dans leur entreprise au cours des 12 prochains mois (31 %) est essentiellement identique au pourcentage de ceux qui prévoient une réduction (30 %), tandis que 38 % ne prévoient aucun changement et que les autres ne savent pas. »

La dernière édition du rapport trimestriel CPA Canada Tendances conjoncturelles repose sur un sondage effectué par courriel, auquel ont répondu 512 personnes sur les 5760 qui, selon les dossiers de CPA Canada, occupent des postes de haut niveau. La marge d’erreur associée à ce type d’enquête est de 4,2 %, 19 fois sur 20.