L’empreinte carbone va être divisée par deux d’ici 2040, selon ExxonMobil

Selon ExxonMobil,les énergies solaire et éolienne vont connaître une forte croissance, aidées par des politiques publiques agressives.
Photo: iStock Selon ExxonMobil,les énergies solaire et éolienne vont connaître une forte croissance, aidées par des politiques publiques agressives.

New York — L’empreinte carbone de l’économie mondiale devrait être réduite de moitié d’ici 2040, estime lundi le géant pétrolier ExxonMobil, qui prévoit également une hausse des coûts des mesures visant à encourager un changement des comportements énergétiques.

« Les gains en efficacité énergétique [techniques permettant de consommer moins avec un rendement équivalent] et le recours croissant aux sources d’énergies renouvelables […] vont aider à réduire de moitié l’intensité carbone de l’économie mondiale », avance sans donner de chiffre la pétrolière dans ses perspectives 2014-2040. À cette échéance, la consommation de gaz naturel et le recours aux énergies renouvelables, solaire, éolienne, hydraulique, géothermique, bioénergies, va représenter près de 40 % de la croissance en énergie.

Associées au nucléaire, ces énergies vont constituer, selon ExxonMobil, près de 25 % des approvisionnements en 2040. Les énergies solaire et éolienne vont notamment connaître une forte croissance, aidées par des politiques publiques agressives, de sorte qu’elles devraient constituer plus de 10 % de la production d’électricité en 2040, en hausse de quatre points de pourcentage comparé à 2014.

Toutefois, les énergies fossiles devraient rester la source d’énergie la plus largement utilisée dans le monde, avec près de 60 % du marché, dont un tiers occupé par le pétrole. En conséquence, la croissance des énergies liées au CO2 va atteindre un pic en 2030 avant de commencer à décliner sous le coup de la diminution des émissions de pays de l’OCDE, l’Organisation de coopération et de développement économiques. Celles-ci vont chuter de 20 % d’ici 2040, affirme ExxonMobil.

En tout, la demande globale d’énergie devrait augmenter de 25 % entre 2014 et 2040 du fait d’un accroissement de la population mondiale et du boom des économies émergentes, d’après le groupe d’Irvin, au Texas. La population mondiale devrait grossir de deux milliards d’individus pendant cette période.

Pressé par ses actionnaires et les marchés d’évaluer l’impact sur son activité des politiques environnementales pour lutter contre le réchauffement climatique, ExxonMobil, un des plus gros pollueurs au monde, indique que le coût de ces décisions va aller en augmentant. « L’accord conclu sur le climat à la COP21 à Paris a fixé plusieurs objectifs. Si beaucoup de politiques associées sont seulement en train d’émerger, on peut anticiper que de telles décisions vont accroître le coût des émissions de dioxyde de carbone dans le temps », prévient William Colton, un des vice-présidents d’ExxonMobil.

Le prix du carbone serait d’environ 80 $US la tonne d’ici 2040, avance ExxonMobil. Considérée par les experts comme un outil nécessaire pour encourager les entreprises à utiliser moins de produits énergétiques polluants, la taxe carbone varie actuellement en fonction des pays qui l’ont adoptée.