Jacques Daoust nie un conflit de personnalités avec le patron d’Investissement Québec

Le ministre de l’Économie du Québec, Jacques Daoust
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne Le ministre de l’Économie du Québec, Jacques Daoust

En dépit des rumeurs qui circulent, le ministre de l’Économie, Jacques Daoust, assure ne pas avoir un conflit de personnalités avec le dirigeant d’Investissement Québec (IQ), le bras financier du gouvernement.

Questionné à savoir s’il était à couteaux tirés avec Pierre Gabriel Côté, nommé président-directeur général de la société d’État il y a un peu plus d’un an, le ministre Daoust a réfuté les allégations. « Je n’ai pas de conflit de personnalités avec lui, a-t-il dit vendredi, au cours d’un entretien au Forum économique de Davos, en Suisse. Il a dirigé des entreprises. Quand tu as une boîte de 500 personnes [comme IQ], tu as besoin d’un leader, et il en a assumé, des rôles de leader. »

On raconte que M. Côté, issu du milieu des affaires, où il a entre autres travaillé chez Bombardier, Dessau et Fibrek, n’était pas l’homme que le ministre de l’Économie souhaitait voir aux commandes d’Investissement Québec. Sur ce point, M. Daoust s’est limité à dire que ce genre de décision ne lui revenait pas. « J’ai un sous-ministre et ce n’est pas à moi de choisir cela, a-t-il donné comme exemple. [Avec] M. Côté, ce n’est pas à moi de choisir. Je suis capable de travailler avec cet homme. Je pense que l’on a monté cela un peu en [épingle]. »

De son côté, M. Côté a estimé que certains « cherchent des bibittes » depuis sa nomination chez Investissement Québec. « Moi, j’ai développé une expertise comme industriel, et lui, comme banquier. On travaille ensemble et on se complète très bien », a-t-il réagi.

Dans le passé, les deux hommes ont déjà travaillé ensemble, en 2012, lorsque M. Daoust dirigeait IQ et que M. Côté était chez Fibrek. Le fabricant de pâte kraft était alors la cible d’une offre publique d’achat hostile de Produits forestiers Résolu, qui avait fini par remporter la bataille. Même à cette époque, les relations entre les deux étaient bonnes, a assuré le ministre de l’Économie. « S’il y a quelqu’un qui a appuyé Fibrek et M. Côté dans ce dossier, c’est bien moi. Je le défendais. À la fin, ce sont les actionnaires de Fibrek qui ont décidé de laisser aller l’entreprise. »

Déçu pour Bombardier sans toutefois être inquiet

S’il aurait aimé voir le transporteur américain United choisir la CSeries de Bombardier jeudi plutôt que de passer une commande de 40 avions à Boeing, M. Daoust s’est néanmoins réjoui de constater que la multinationale était sur les rangs. « Je savais qu’avec United, la possibilité n’était pas aussi grande qu’avec Delta. Cette compagnie semble avoir un intérêt plus marqué. » En début de semaine, le dirigeant de Delta avait vanté le nouvel avion commercial de Bombardier — dont la dernière commande ferme remonte maintenant à près de 16 mois — sans toutefois confirmer l’achat d’appareils.

D’après M. Daoust, même s’il a été critiqué, l’investissement de 1 milliard $US fait par Québec dans le programme de la CSeries n’est pas étranger à l’intérêt manifesté par certaines compagnies aériennes à l’endroit de l’avion. « Le gouvernement a donné un gros coup de barre, a estimé le ministre de l’Économie. Delta n’aurait jamais fait ces commentaires s’il n’y avait pas eu plus d’assurance que les avions CSeries allaient être livrés. »

M. Daoust continuait vendredi de multiplier les rencontres privées à Davos. Celui-ci fera ensuite escale à Bruxelles, en Belgique, pour faire le point sur l’accord de libre-échange entre le Canada et l’Union européenne (UE), qui, à son avis, devrait être ratifié dans environ un an.

M. Daoust souhaite que ce dossier se règle, afin d’éviter de voir les États-Unis doubler le Canada en concluant une entente avec l’UE.