Le PIB du Québec s’est replié en octobre

Photo: Jacques Nadeau Le Devoir

La contribution des entreprises à la croissance fait toujours défaut. Le PIB du Québec a à peine relevé la tête au troisième trimestre, pour se replier en octobre.

L’Institut de la statistique du Québec (ISQ) a souligné jeudi que le PIB du Québec avait progressé de 1,1 % en rythme annualisé au troisième trimestre. Ce taux est inférieur à la croissance de 1,5 % mesurée à l’échelle canadienne sur l’intervalle.

L’Institut retient que la poussée québécoise s’explique essentiellement par l’amélioration du solde du commerce extérieur, qui peut cependant masquer une atonie sous-jacente. Plus en détail, les exportations ont diminué de 0,1 % au troisième trimestre, après avoir progressé de 2,7 % au deuxième. Mais les importations se sont repliées davantage, de 0,9 %, après avoir augmenté de 1,8 % au deuxième trimestre. « La demande intérieure finale progresse à peine en dépit d’une hausse des dépenses de consommation », a ajouté l’ISQ.

« Les investissements des entreprises ont continué de pointer vers le bas. Le recul annualisé atteint 6,4 % pour les ouvrages non résidentiels et 19,6 % pour les sommes investies en machinerie et équipements », a relevé Hélène Bégin, économiste principale au Mouvement Desjardins. Marc Pinsonneault, économiste principal chez Banque Nationale Marchés financiers, en rajoute : « Le volume des investissements des entreprises en machines et équipement est tombé à son plus faible niveau depuis le premier trimestre de 2002. Il faut dire que les profits des entreprises ont diminué au cours de chacun des quatre derniers trimestres et que, de plus, leur pouvoir d’achat est sérieusement érodé, probablement à cause de la dépréciation du dollar canadien, car ces machines et équipements sont souvent importés. »

Le quatrième trimestre a démarré sur une fausse note. Le PIB québécois a reculé de 0,5 % en octobre, alors que le PIB canadien est demeuré stable. « La baisse au Québec provient principalement des industries productrices de biens », a précisé l’ISQ. Le secteur de la fabrication a vu sa production baisser de 0,4 % en octobre, après un recul de 0,8 % en septembre. « Malgré le bon rythme de l’économie américaine, la production manufacturière vacille depuis quelques mois, tout comme les exportations internationales », a mis en exergue Hélène Bégin. « Même si le huard a récemment fléchi sous les 70 ¢ US, l’effet stimulateur sur nos exportations vers les États-Unis a probablement atteint ses limites. »

Au total, après 10 mois, l’augmentation du PIB se chiffre à 1,1 % au Québec, à 0,7 % au Canada. Pour Marc Pinsonneault, « au vu du repli du PIB réel en octobre, nous nous devons d’abaisser notre estimation de la croissance économique en 2015 à 1,1 % ». Pour Hélène Bégin, voir le Québec maintenir une croissance légèrement au-delà de 1 % cette année « sera positif dans les circonstances ».

2 commentaires
  • Pierre Beaulieu - Abonné 22 janvier 2016 10 h 39

    Tendance voulue?

    À première vue, je dirais que c'est une tendance voulue si je considère la politique économique du PLQ. On aurait dû savoir que la politique d'austérité amènerait un ralentissement de la croissance: moins de dépenses égale moins de revenus pour les uns et les autres (chômage, ralentissement des investissements, perte de confiance...) et pour le gouvernement lui-même.
    Logiquement, qui veut créer sciemment une situation semblable? Personne!
    Donc, c'est de l'incompétence!

  • François Dugal - Inscrit 22 janvier 2016 21 h 28

    L'effet

    Nous commençons à ressentir "l'effet liberal" dans l'économie.