United préfère Boeing à Bombardier

La pénurie de commandes pour les avions de la CSeries de Bombardier s’est poursuivie jeudi lorsque le transporteur américain United a annoncé avoir préféré des appareils de Boeing à ceux de l’avionneur montréalais, à faible consommation de carburant.

En fait, United a annoncé jeudi avoir passé une commande pour 40 avions 737-700 de Boeing — et non leur version MAX, à plus faible consommation d’énergie — qui devraient être livrés à la mi-2007.

Les avions remplaceront une partie de la flotte exploitée par les partenaires régionaux de United, puisque le transporteur prévoit supprimer de plus de moitié le nombre d’avions de 50 sièges de sa flotte d’ici 2019.

Bombardier (TSX : BBD.B) a déjà indiqué qu’elle visait des commandes de la part de grands transporteurs pour l’aider à faire décoller la CSeries, dont le nombre de commandes fermes est coincé à 243 depuis près de 16 mois.

La porte-parole de Bombardier, Isabelle Gauthier, a indiqué que la société travaillait toujours en vue d’attirer des « clients de marque », alors qu’elle tente d’énergiser la perception de son avion sur le marché.

« Nous ne connaissons pas de stagnation, nous ne ralentissons pas, nous sommes concentrés et c’est mondial », a-t-il affirmé lors d’un entretien.

Le président des avions commerciaux de Bombardier, Fred Cromer, a déjà indiqué qu’il était à la recherche de transporteurs aériens qui donneraient leur « sceau d’approbation » au programme.

Même s’il n’avait pas identifié de ligne aérienne en particulier, des analystes avaient présumé qu’il s’agissait de United et de American Airlines. Delta Airlines a indiqué cette semaine qu’elle pourrait se laisser tenter par la CSeries si le prix était bon. United a refusé de préciser pourquoi il avait préféré Boeing à ses concurrents.

Selon l’analyste Walter Spracklin, de RBC Marchés des capitaux, la perte de cette commande est décevante pour Bombardier.

« Une commande phare d’un grand transporteur américain aurait aidé à donner une légitimité à l’incursion de Bombardier dans le segment des avions à fuselage étroit avec la CSeries », a-t-il écrit dans un rapport.

Le prix allongé pour la commande de United n’a pas été dévoilé, mais M. Spracklin croit que Boeing a été particulièrement proactif à ce sujet et qu’il a peut-être libéré des quarts de production pour accommoder le transporteur.

L’analyste Benoit Poirier, de Valeurs mobilières Desjardins, avait dit croire que la CSeries avait une « solide chance » de l’emporter sur Boeing, Airbus et Embraer en ce qui a trait à la commande de United.

Il croit que l’obtention de commandes de la part d’Air Canada, Delta et British Airways est toujours possible.

Le gouvernement du Québec a investi 1 milliard $US pour obtenir une participation de 49,5 % dans le programme de la CSeries. Bombardier a affirmé que cet appui rassurerait sûrement les clients potentiels qui pourraient s’être inquiété des capacités financières de l’entreprise. Le gouvernement fédéral étudie la possibilité d’apporter sa propre contribution à Bombardier.

Entre-temps, M. Poirier croit que le marché restera sceptique et qu’il spéculera sur le risque d’annulation du programme de la CSeries si aucune commande n’est décrochée dans les six prochains mois.

Bombardier doit livrer son premier appareil CS100 au transporteur Swiss Airlines d’ici le deuxième trimestre.

L’action de Bombardier a cédé jeudi 11 cents, soit 9,2 %, pour clôturer à 1,09 $ à la Bourse de Toronto.

*Ce texte a été modifié après publication.
 
1 commentaire
  • Jeanne M. Rodrigue - Abonnée 22 janvier 2016 11 h 32

    "L'effet libéral"


    Le total des compressions libérales depuis 2014 est de 4 milliards 100 millions de dollars et le plus affligeant dans cette sinistre comptabilité c’est que cela risque fort de tomber dans des limbes stériles.

    C’est frustrant, pour les millions de Québécois qui se serrent et continuent de se serrer la ceinture (sont et seront les plus touchés par l’austérité Couillard: femmes, enfants et les plus démunis) de constater que ce n’était, dans le cas de Bombardier, qu’extrême onction.

    Bombardier a reçu, grâce à une mauvaise entente de Maître Daoust (rappelons qu'aucune portion de capital-action de la maison mère Bombardier ne fut négociée) la jolie somme d’un milliard 425 millions (un milliard américain) soit plus du tiers de nos serrements de ceinture depuis avril 2014, avec le risque, bien réel, de voir le programme de la CSeries annulé, si aucune commande n’est décroché dans les prochains mois. Mais qu'est-ce qui ne va pas chez Bombardier?