Les bonnes paroles de Mario Draghi stimulent les marchés

Mario Draghi, président de la BCE
Photo: Daniel Roland Agence France-Presse Mario Draghi, président de la BCE

Francfort — Après avoir déçu en décembre, le président de la Banque centrale européenne (BCE), Mario Draghi, a satisfait les marchés jeudi en faisant miroiter de nouvelles actions de politique monétaire, peut-être dès mars, dans sa lutte acharnée pour faire repartir l’inflation.

La BCE « ne capitule pas » et a « le pouvoir, la volonté et la détermination d’agir » pour remplir son mandat, à savoir ramener l’inflation en zone euro au niveau qu’elle souhaite, a martelé M. Draghi jeudi lors de sa conférence de presse à Francfort. Ces derniers mois, la hausse des prix est restée atone, sur fond de baisse des prix du pétrole. « Il n’y a pas de limites » à l’utilisation des instruments de politique monétaire à sa disposition, a-t-il poursuivi. Et la démonstration pourrait en être faite dès le mois de mars, puisqu’il sera « nécessaire de réévaluer et peut-être revoir » la politique monétaire lors de la prochaine réunion du conseil des gouverneurs, le 10 mars.

Les marchés ne s’y sont pas trompés et les Bourses européennes sont parties à la hausse après ces annonces. Francfort a fini sur une hausse de 1,9 %, Paris de 2 % et Londres de 1,8 %.

La banque centrale avait déjà décidé début décembre de prolonger de six mois son programme de rachat de dettes lancé en mars 2015, le « QE », et d’abaisser l’un des taux directeurs. Ces mesures avaient toutefois fortement déçu observateurs et investisseurs, qui attendaient une action de plus grande envergure, et notamment un gonflement du volume mensuel des rachats dans le cadre du « QE ». Ce pourrait être la prochaine étape annoncée en mars.

« En décembre, le conseil de la BCE n’a pas validé l’assouplissement monétaire que Draghi avait manifestement demandé. En mars, il veut essayer encore », a réagi Holger Schmieding, de la banque Berenberg. Et selon cet économiste, « les chances que le conseil des gouverneurs accepte un stimulus supplémentaire ont augmenté ». Comme beaucoup le prévoyaient, l’Italien n’a dévoilé aucune nouvelle mesure concrète. Mais « ce qui était annoncé comme un premier rendez-vous de l’année ennuyeux s’est avéré être une réunion BCE passionnante, M. Draghi ouvrant grand la porte pour une nouvelle intervention en mars », se réjouissait Carsten Brzeski, du groupe financier ING.