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Tata Steel investira 400 millions de plus à Schefferville

Des installations du projet DSO, à Schefferville
Photo: Tata Steel Des installations du projet DSO, à Schefferville

En dépit de la dégringolade des cours du minerai de fer, le gouvernement du Québec investira dans le projet de mine de Tata Steel à Schefferville, sur la Côte-Nord. Reste à savoir combien d’argent le gouvernement mettra sur la table.

En marge du Forum économique mondial de Davos, en Suisse, le premier ministre Philippe Couillard et le ministre de l’Économie, Jacques Daoust, ont annoncé mercredi la signature d’une entente de principe entre le gouvernement et TS Global Minerals Holdings, une filiale de l’indienne Tata Steel.

En vertu de cette entente, Québec se donne jusqu’au 31 mars prochain pour déterminer la hauteur de sa participation dans le projet de mine de fer à enfournement direct (projet DSO).

Les deux parties ont par ailleurs convenu de collaborer pour faciliter le transit du minerai de fer jusqu’au port de Sept-Îles.

De son côté, Tata Steel investira jusqu’à 400 millions de dollars au cours des deux prochaines années pour accélérer le projet DSO. Elle a déjà injecté plus de 1 milliard, ce qui constitue son plus important investissement dans le domaine minier à l’extérieur de l’Inde.

Investissement bienvenu

« Ça envoie un grand signal d’espoir, notamment pour la Côte-Nord, a affirmé le premier ministre Couillard au moment de dévoiler l’entente. C’est très rassurant et important de voir une entreprise de la taille de Tata continuer à investir au Québec et continuer à investir dans le Plan Nord, malgré le fait que les cours des minerais, comme on le sait, sont plutôt bas. »

« Nous sommes heureux d’explorer les possibilités de collaboration avec le gouvernement du Québec en cette période difficile pour l’industrie minière », a pour sa part déclaré le directeur principal du groupe Tata Steel, finances et affaires générales, Koushik Chatterjee.

New Millennium Iron, qui est partenaire de Tata Steel dans le projet DSO, avait pourtant annoncé au début du mois de janvier une réduction temporaire des activités de l’usine située sur le site de la mine de fer. « Cette démarche a été entreprise en raison des conditions actuellement difficiles sur les marchés d’acier et du minerai de fer et devrait être revue sur une base continue », avait-on expliqué.

Chose certaine, l’investissement du groupe industriel indien a de quoi réjouir le gouvernement Couillard, qui a vu plusieurs projets prévus dans le cadre du Plan Nord être annulés ou mis sur la glace. En octobre dernier, Québec a reporté le démarrage du projet Mine Arnaud à Sept-Îles, faute de partenaire financier pour l’exploitation, puis FerroAtlántica a annoncé en décembre qu’elle renonçait à son projet de silicium métal prévu à Port-Cartier.

L’entente entre Québec et Tata Steel survient toutefois à un moment où la valeur du minerai de fer est à la baisse. En deux ans, le prix de la tonne de fer est passé de plus de 100 $US à quelque 40 $US.

Il est difficile de prédire à quel moment le cycle baissier prendra fin, mais selon plusieurs économistes, il faudra encore s’armer de patience. En décembre dernier, une analyse de Desjardins prévoyait que la baisse des prix de plusieurs métaux serait suffisante pour mettre fin aux surplus qui ont contribué aux chutes des cours. « Le fer et l’aluminium pourraient toutefois continuer de faire face à une conjoncture difficile », a-t-elle noté.

Dans ses prévisions pour les 12 prochains mois, l’économiste de la Banque Scotia, Patricia Mohr, écrivait récemment que « l’année 2016 restera difficile pour la plupart des producteurs de produits de base puisque la croissance mondiale devrait rester peu inspirante, dans le meilleur des cas ».

Les cours du fer devraient demeurer bas en 2016 et remonter dans quelques années, lorsque les grandes compagnies minières auront terminé leur expansion, a-t-elle ajouté dans un courriel envoyé au Devoir.

Étudier l'auto électrique

Québec a également annoncé mercredi la création d’une coentreprise afin de réaliser une étude technique et commerciale en vue de l’implantation possible d’une usine de composants pour véhicules électriques. Le gouvernement provincial et Investissement Québec détiendront une participation de 31 %, Exagon Motors 33 %, le constructeur automobile français Peugeot 21 %, et Hydro-Québec 12 %. Au total, les investissements — qui comprennent une contribution financière non remboursable de 2 millions de la part d’Ottawa — atteignent plus de 30 millions. D’ici de 12 à 14 mois, on devrait savoir si les partenaires iront de l’avant ou non avec le développement de composants — notamment des moteurs — destinés aux véhicules électriques. Les représentants de Peugeot et Exagon n’ont toutefois pas indiqué à quel endroit pourrait se faire l’assemblage de ces véhicules si l’aventure se poursuivait à long terme. Les réponses ont été similaires lorsqu’il a été demandé à quel endroit ces voitures seraient commercialisées. La Presse canadienne
1 commentaire
  • Donald Bordeleau - Abonné 21 janvier 2016 13 h 48

    Coup d'épée de Couillard dans l'eau.

    Tata suspend ses opérations. Il est peu probablement que l'investissement de 400 millions sera fait. L'article semble un coup d'essai pour créer une embellie du Plan Nord. Mais il faut se méfier des verbes (pourrait).

    KOLKATA 20 JAN 2016:
    Tata Steel a suspendu ses opérations à son projet de minerai de fer et le traitement minier canadien ce mois. Bien que le principal de l'acier n'a pas révélé quoi que ce soit en ce qui concerne le développement, son partenaire junior au Canada, New Millennium Iron Corp. (LNM) a annoncé que le cabinet d'exécution du projet Tata Steel Minerals Canada (TSMC) "temporairement" revus à la baisse des opérations d'hiver, y compris des activités de stabilisation de la route en toute saison de son usine de traitement du minerai à son projet de minerai d'expédition directe (DSO).

    Peut-être quelques millions pour améliorer la route?