La Russie adopte l’austérité

Devant à la déroute des prix des hydrocarbures qui assurent la majorité de ses revenus, le gouvernement russe a annoncé mercredi préparer une réduction de 10 % de ses dépenses, présentée comme nécessaire en raison du risque d’une banqueroute comparable à celle de 1998.

« Il faut vivre en fonction de ses moyens, y compris en abaissant les dépenses budgétaires, en réduisant les dépenses de fonctionnement de l’État, en privatisant les actifs de l’État », a résumé le premier ministre, Dmitri Medvedev, lors d’un forum économique à Moscou.

Le brusque effondrement des cours du pétrole, tombés cette semaine à 30 $US le baril, a brusquement changé la donne pour la Russie, qui espérait une reprise économique cette année après la profonde récession de l’an dernier. « Nous devons prendre des mesures réfléchies pour adapter notre budget à la nouvelle réalité », a résumé le ministre des Finances, Anton Silouanov. « Si nous ne le faisons pas, il se passera la même chose qu’en 1998 », année marquée par une grave crise financière conduisant la Russie à faire défaut sur sa dette, « et la population payera à travers l’inflation le prix de ce que nous n’aurons pas fait en adaptant le budget », a-t-il mis en garde.

Confirmant des informations parues ces derniers jours dans la presse russe, il a indiqué que tous les ministères devraient lui présenter un plan de réduction des dépenses de 10 % par rapport à ce qui est prévu dans la loi de finances, adoptée il y a à peine quelques semaines. Ces correctifs, qui doivent être finalisés d’ici la fin du premier trimestre, représentent environ 500 milliards de roubles (9 milliards $CAN), a-t-il précisé.

M. Silouanov a souligné que le gouvernement travaillait à la recherche de nouvelles rentrées budgétaires, notamment avec des ventes de participations dans des entreprises publiques qui pourraient rapporter 1000 milliards de roubles en deux ans.

Le budget 2016 a été bâti sur un baril à 50 $US avec un déficit de 3 % du PIB, limite que le président, Vladimir Poutine, a ordonné de ne pas franchir. Selon M. Silouanov, si le déficit est resté contenu à 2,6 % l’an dernier, cette année s’annonce plus difficile.

Selon la banque centrale, si le pétrole se maintient durablement à son niveau actuel, le PIB baissera encore cette année, après une contraction estimée par le gouvernement à 3,7 % en 2015.