Desjardins prépare la succession de Monique Leroux

Selon les règles de gouvernance propres au Mouvement Desjardins, Monique F. Leroux doit céder la direction après avoir effectué deux mandats de quatre ans.
Photo: Ryan Remiorz La Presse canadienne Selon les règles de gouvernance propres au Mouvement Desjardins, Monique F. Leroux doit céder la direction après avoir effectué deux mandats de quatre ans.

Après huit années passées à la tête du plus grand groupe financier coopératif au pays, Monique F. Leroux cédera cette année son siège de présidente et chef de la direction du Mouvement Desjardins. Le processus menant à l’élection d’un successeur a débuté lundi, mais déjà, des candidats potentiels se profilent.

Depuis lundi, les personnes qui souhaitent accéder à la présidence de Desjardins peuvent se procurer un bulletin de mise en candidature, qu’ils pourront déposer jusqu’au 1er février. La course sera alors officiellement lancée et les candidats tenteront de récolter des appuis.

Le prochain p.-d.g. sera élu le 19 mars par un « collège électoral » composé de 256 représentants des caisses Desjardins du Québec et de l’Ontario, qui se réuniront à huis clos. La personne choisie entrera officiellement en fonction le 8 avril. Il s’agit d’un processus de sélection unique à Desjardins dans le secteur des institutions financières, tant au Québec qu’au Canada.

Le conseil d’administration devrait donner son avis sur le type de candidat recherché afin d’aider le collège électoral à prendre une décision. Pour l’instant, impossible de savoir précisément quelles sont les attentes du conseil.

De manière générale, les candidats doivent être membres en règle d’une caisse Desjardins depuis au moins 90 jours à partir du moment où leur bulletin de candidature est reçu. Ils doivent également obtenir l’appui de dix signataires parmi les membres du collège électoral.

Le président et chef de la direction du Mouvement Desjardins peut assumer ses fonctions pendant un maximum de deux mandats consécutifs de quatre ans. En 2008, Monique F. Leroux est devenue la première femme à occuper ce poste en étant choisie parmi huit candidats. Elle a été élue par acclamation pour un second mandat en 2012.

Que nous réservera l’élection de 2016 ? Difficile de le prédire. À l’interne, quelques noms circulent déjà, nous indique une source bien informée.

Dans les discussions de couloirs, on évoque surtout trois candidats potentiels : Stéphane Achard, premier vice-président et directeur général Entreprises, Services de cartes et Monétique, Guy Cormier, premier vice-président Réseau des caisses et Services aux particuliers, et Robert Ouellette, premier vice-président, Technologies et Centre de services partagés.

« Il y a des noms qui circulent, mais ce sont des spéculations pour le moment », affirme le porte-parole du Mouvement Desjardins, André Chapleau.

Revoir la gouvernance

Il est possible que le nouveau titulaire du poste provienne de l’externe, mais il serait « souhaitable » que le collège électoral privilégie un candidat qui connaît bien la culture du groupe financier coopératif, note Claude Béland, président du Mouvement Desjardins de 1987 à 1999.

Celui-ci juge que le caractère coopératif de Desjardins s’est effrité avec les années et que l’institution financière ressemble de plus en plus à une banque comme les autres. Il espère donc que la prochaine élection sera l’occasion de ramener le sujet de la gouvernance à l’avant-plan et de se demander s’il est approprié qu’une même personne cumule les fonctions de président et de chef de l’exploitation.

« Il me semble que ce serait normal de revenir à des règles de gouvernance qui sont généralement reconnues dans le mouvement coopératif, où on a un président du conseil qui représente les membres et un président de l’exploitation qui représente l’entreprise, explique-t-il en entrevue au Devoir. Je pense que la question va revenir sur le tapis et que les gens vont souhaiter un président qui s’occupe vraiment du caractère coopératif de Desjardins et un chef de l’exploitation qui s’occupe de faire en sorte que les services aux membres soient de grande qualité. »

Après l’élection de son successeur, Monique F. Leroux demeurera en place pendant trois mois à titre de « présidente sortante de charge » pour accompagner la personne élue dans ses nouvelles fonctions. Ce sera cette personne élue, et non Mme Leroux, qui tiendra les rênes de Desjardins, précise le porte-parole André Chapleau.

« Le conseil estimait qu’il était utile qu’il y ait une certaine forme de passation de pouvoirs […] et on a demandé à ce que Mme Leroux soit disponible dans les trois mois suivant l’élection », résume-t-il.

L’an dernier, le conseil d’administration de Desjardins avait proposé de prolonger de six mois le mandat de Mme Leroux, mais cette idée, critiquée par plusieurs, avait finalement été mise de côté.

7 commentaires
  • Donald Bordeleau - Abonné 12 janvier 2016 00 h 21

    Bon appuie cela peut aider

    Le président et chef de la direction du Mouvement Desjardins peut assumer ses fonctions pendant un maximum de deux mandats consécutifs de quatre ans. En 2008, Monique F. Leroux est devenue la première femme à occuper ce poste en étant choisie parmi huit candidats, mais Paul Desmarais avait sa préférée. Elle a été élue par acclamation pour un second mandat en 2012.

  • François Dugal - Inscrit 12 janvier 2016 07 h 45

    Un certain sourire

    Si j'avais eu des émoluments de $3.3 millions par année pendant les huit dernières années, je sourirais "à pleines dents", comme madame Leroux; je crois même que je sauterais sur place!

  • Michel Fontaine - Abonné 12 janvier 2016 08 h 13

    Suggestion

    Et pourquoi pas Jean-Marc Aussant à la tête du Mouvement Desjardins ?

    • Daniel Bérubé - Abonné 13 janvier 2016 02 h 46

      Très bonne idée ! Connaissance poussé en administration, valeurs coopératives dans sa personne, idées neuves... par contre, ayant été en politique pourrait représenter pour lui un boulet...

  • Patrick Daganaud - Abonné 12 janvier 2016 09 h 54

    La coopération

    Il faut un(e) président(e) qui revienne vraiment au caractère coopératif qu'ont perdu encore davantage les caisses et le mouvement Desjardins sous la gouverne de Madame Leroux.

    • Robert Beauchamp - Abonné 12 janvier 2016 18 h 15

      J'abonde dans le même sens.

  • Daniel Bérubé - Abonné 13 janvier 2016 03 h 10

    Se démarquer,

    faire autrement, et par pitié, éviter de faire comme les banques ! Le mouvement coopératif est présent de façon particulière au Québec, et nous pouvons en être fier; il se démarque par le désir autre que les profits à tout prix profitant à un nombre limité de personnes, le désir de plaire aux membres, que les profits soient redistribués ou réinvestis dans l'entreprise.