PJC juge «imprévisible» le gouvernement de Philippe Couillard

François J. Coutu, président et chef de la direction de PJC
Photo: Graham Hughes La Presse canadienne François J. Coutu, président et chef de la direction de PJC

L’environnement législatif et réglementaire au Québec a un peu bousculé l’industrie pharmaceutique au cours des derniers mois, mais le Groupe Jean Coutu estime malgré tout avoir réussi à tirer son épingle du jeu au cours du troisième trimestre de l’exercice 2016.

Pour l’avenir à moyen terme, cependant, il faudra voir comment cet environnement changera, a laissé entendre la direction de l’entreprise, jeudi, à l’occasion d’une conférence téléphonique avec les analystes.

La direction de la société a été maintes fois interrogée sur les répercussions de deux projets de loi ou de règlement du gouvernement du Québec sur l’industrie et sur les négociations qui ont eu cours avec l’Association québécoise des pharmaciens propriétaires.

Un de ces projets de loi suspend pour une période de trois ans le plafond de 15 % des ristournes versées aux pharmaciens propriétaires par les fabricants de médicaments génériques. L’autre devrait permettre au ministère de la Santé et des Services sociaux de lancer un appel d’offres pour les fabricants et grossistes de médicaments génériques afin d’établir des prix et des conditions de distribution.

Invité à qualifier les relations entre le ministère de la Santé et l’industrie pharmaceutique, le président et chef de la direction, François J. Coutu, a répondu en un seul mot : « Imprévisible ». Et à d’autres questions similaires, il a répondu qu’« avec ce gouvernement, c’est difficile à dire ».

M. Coutu a aussi parlé d’un « contexte réglementaire particulièrement contraignant dans notre secteur d’activités ».

Malgré cet environnement changeant, il estime que le Groupe Jean Coutu a su tirer son épingle du jeu. « Dans un contexte de forte compétition, nos résultats sont très bons. Nous allons trouver notre place au soleil parce que nous sommes mieux préparés que nos compétiteurs », a-t-il commenté.

Ainsi, l’entreprise affiche un bénéfice net de 57,8 millions pour son trimestre qui a pris fin le 28 novembre 2015, soit 31 ¢ par action, comparativement à un bénéfice net de 56 millions ou 30 ¢ par action pour le trimestre correspondant de l’exercice précédent.

Entre autres défis, la suspension pour trois ans du plafond de 15 % de la ristourne versée aux pharmaciens propriétaires par les fabricants de médicaments génériques aura pour effet de diminuer la rentabilité de Pro Doc, la filiale de l’entreprise qui fabrique justement des médicaments génériques.

« Probablement que les marges vont diminuer dans l’avenir », a indiqué M. Coutu.

En conséquence, la direction espère trouver des moyens pour économiser le plus possible afin d’atténuer les répercussions sur ses marges de profit.

Pendant ce troisième trimestre aussi, les revenus sont passés de 736,7 à 749,2 millions, une croissance de 1,7 %.

L’augmentation est attribuable à la croissance générale du marché, malgré l’impact déflationniste de l’augmentation de volume des ordonnances de médicaments génériques — qui sont moins coûteux que les médicaments d’origine — ainsi que des réductions de prix des médicaments génériques.