L’inflation annuelle canadienne a accéléré à 1,4 %

L’inflation a été nourrie par les hausses de prix des produits alimentaires.
Photo: Michaël Monnier Le Devoir L’inflation a été nourrie par les hausses de prix des produits alimentaires.

Les prix à la consommation ont grimpé plus rapidement en novembre, l’influence du plongeon des prix du pétrole commençant à s’estomper dans les données économiques.

L’inflation annuelle s’est établie à 1,4 % en novembre, a indiqué vendredi Statistique Canada, alors qu’elle n’avait été que de 1 % en octobre. Mais les économistes ont noté que cette augmentation était davantage liée à la diminution de l’impact des prix de l’énergie qu’à une intensification des pressions inflationnistes sous-jacentes.

Leslie Preston, des études économiques de la Banque TD, a ainsi fait remarquer que les prix de la catégorie de l’énergie avaient reculé de 6,4 % en novembre, comparativement à des chutes de 13 % plus tôt en 2015. « C’est un genre de poids qui a lourdement influencé l’inflation d’ensemble, et ce poids commence à s’alléger », a expliqué vendredi Mme Preston lors d’un entretien.

Entre-temps, l’inflation de base — qui exclut certains éléments dont les prix sont plus volatils, comme l’essence et les fruits et légumes frais — a ralenti le mois dernier, s’établissant à 2 %. Cette inflation, surveillée de près par la Banque du Canada, avait été de 2,1 % en octobre.

Selon Statistique Canada, les hausses de prix pour les aliments et pour le logement ont été parmi les plus importantes le mois dernier. Des augmentations ont été observées dans sept des huit composantes principales de l’enquête.

Puisque le Canada est un gros importateur de biens, plusieurs des augmentations de prix étaient attribuables à l’effet de la dépréciation du dollar canadien, a ajouté Mme Preston. Cette semaine, le huard a reculé sous la barre des 72 ¢US pour la première fois depuis mai 2004.

Mme Preston s’attend à ce que la Banque du Canada ne modifie pas son taux d’intérêt directeur lors de sa prochaine rencontre sur la politique monétaire, en janvier. En fait, la TD prédit que le gouverneur de la banque centrale, Stephen Poloz, ne modifiera pas ce taux avant près de deux ans, période pendant laquelle la croissance économique devrait modestement progresser, a-t-elle précisé. M. Poloz a réduit le taux directeur à deux reprises en 2015 pour atténuer l’impact du plongeon des cours du pétrole.

Selon Statistique Canada, les prix ont reculé de 1,1 % le mois dernier dans la composante du transport, ce qui a exercé une pression à la baisse sur l’inflation d’ensemble. Les prix de l’essence ont retraité de 10,6 % en novembre par rapport à l’an dernier. Les prix mondiaux de l’énergie ont glissé de nouveau ces dernières semaines, ce qui pourrait continuer à peser sur l’inflation. Mais les experts s’attendent à ce que l’élan à la hausse des prix attribuable à la baisse du dollar canadien aide à contrebalancer cette pression.

« La faiblesse du huard va simplement ajouter au mouvement à la hausse, ce qui va contrebalancer l’impact de la plus récente glissade des prix de l’énergie », a estimé l’économiste en chef de la Banque de Montréal, Doug Porter, dans une note à ses clients transmise vendredi. « L’époque où l’inflation d’ensemble était ultra-faible est maintenant une chose du passé, et nous allons la voir se faire un chemin vers 2 % dans les quelques prochains mois. »

Les prix à la consommation ont augmenté en novembre dans chaque province par rapport à l’an dernier, a indiqué Statistique Canada.