À 14,3 milliards d'euros au 30 septembre 2003 - Parmalat: l'endettement est huit fois plus important qu'annoncé

Milan — La société d'audit PricewaterhouseCoopers (PwC) a estimé que l'endettement net du groupe agroalimentaire Parmalat, au centre d'un vaste scandale financier, est près de huit fois plus élevé que celui annoncé par l'ancienne direction, selon un communiqué diffusé hier par Parmalat.

PwC a conclu une première étape de son travail de «révision critique» des comptes du groupe, en collaboration avec les banques d'affaires Mediobanca et Lazard, et a estimé à cette occasion que l'endettement net du groupe atteignait 14,3 milliards d'euros au 30 septembre 2003. L'endettement net annoncé pour cette période par les membres de l'ancienne direction, aujourd'hui en prison, était de seulement 1,8 milliard d'euros, selon le communiqué diffusé par Parmalat.

PricewaterhouseCoopers, appelé par la nouvelle direction pour établir les comptes véritables du numéro un italien de l'agroalimentaire, a estimé parallèlement que les disponibilités financières de Parmalat étaient «négligeables». Dans les comptes aux neuf premiers mois de 2003, les membres de l'ancienne direction prétendaient que la trésorerie du groupe était d'un peu plus de quatre milliards d'euros.

Fournitures courantes

Toutefois le groupe affirmait hier dans son communiqué qu'il était en mesure de payer les «fournitures courantes», qui correspondent pour ce groupe laitier en premier lieu aux livraisons de lait frais par les coopératives agricoles et les éleveurs.

Parmalat reconnaît que dans deux cas il est en situation de cessation de paiement pour ses fournitures courantes: dans son activité laitière aux États-Unis et pour sa filiale brésilienne. Mais dans ces deux cas, des «équipes de crise» sont au travail pour résoudre les problèmes financiers en accord avec les banques créancières, explique encore le communiqué.

D'une manière générale, la nouvelle direction juge que «les activités productives du groupe sont en grande partie stabilisées», à savoir que le fonctionnement industriel est redevenu normal après une période de flottement dans les tout premiers jours de janvier. Ainsi, pour le mois de janvier 2004, les ventes de lait longue conservation de Parmalat en Italie ont progressé de 13,8 % face à la même période l'an passé.

Par ailleurs, PwC estime dans son audit provisoire que l'excédent brut d'exploitation (qui rend compte de la rentabilité de base d'un groupe) et le chiffre d'affaires de Parmalat aux neuf premiers mois de 2003 sont nettement inférieurs à ceux annoncés par l'ancienne direction, toujours selon le communiqué. L'excédent brut d'exploitation atteint 121 millions d'euros aux neuf mois de 2003 contre 651 millions annoncés par l'ancienne direction et le chiffre d'affaires s'élève à quatre milliards d'euros contre 5,4 milliards affichés avant, selon ces résultats.

Selon ce premier bilan apuré, le chiffre d'affaires 2002 atteint 6,2 milliards (et non les 7,7 milliards annoncés avant) tandis que l'excédent brut d'exploitation s'élève à 286 millions (et non les 931 millions prétendus avant).

Parmalat a été placé sous «administration contrôlée» et est officiellement en état d'insolvabilité après la découverte de multiples faux en bilans et malversations.