Le PTP risque de buter contre le Congrès américain

Mitch McConnell, l’homme fort de la Chambre haute du Congrès
Photo: Chip Somodevilla Getty Images Agence France-Presse Mitch McConnell, l’homme fort de la Chambre haute du Congrès

Washington — Le chef de la majorité républicaine du Sénat américain a averti que le grand accord de libre-échange négocié par Barack Obama avec 11 pays du pourtour pacifique échouerait s’il était présenté pour ratification au Congrès avant les élections de novembre 2016.

« Il ne faut certainement pas que ça vienne avant l’élection, a dit Mitch McConnell, l’homme fort de la chambre haute du Congrès, dans une interview au Washington Post jeudi. Le président commettrait une grave erreur s’il essayait d’avoir un vote avant l’élection. Il y a beaucoup de résistance dans l’institution. »

La fin de non recevoir du chef républicain est un coup dur pour le Partenariat transpacifique (PTP), scellé en octobre après cinq ans de négociations, dans le but d’établir la plus vaste zone de libre-échange au monde, les 12 pays représentant 40 % de l’économie mondiale. Le Congrès doit ratifier l’accord, sous la forme d’un projet de loi que le président américain doit présenter.

Obama avait obtenu une victoire en obtenant en juin l’adoption par le Congrès d’une procédure d’examen accéléré. Il s’était appuyé sur la majorité républicaine, les démocrates de son parti étant majoritairement protectionnistes. Cela signifie que le Congrès devra voter pour ou contre l’accord, sans pouvoir l’amender, ce qui évitera un dépeçage ou une obstruction. Mais les républicains, partisans du libre-échange, ont diversement accueilli le PTP conclu en octobre. Les candidats à l’investiture démocrate pour la Maison-Blanche Hillary Clinton et Bernie Sanders ont déclaré leur opposition.

Les considérations électorales pourraient aussi avoir poussé Mitch McConnell à prendre position contre une adoption rapide du texte, les républicains rechignant à l’idée de donner à Barack Obama une ultime victoire politique avant son départ de la Maison-Blanche. Mais une fenêtre existera entre novembre 2016, date de l’élection présidentielle, et la prise de fonction du prochain président, en janvier 2017.

Mitch McConnell a souligné que le successeur de Barack Obama pourra profiter de la procédure d’examen accélérée, qui sera valable jusqu’en 2021. « Le prochain président, quel qu’il soit, aura l’autorité pour soit revoir cet accord, s’il n’a pas été approuvé, et donner une chance au Congrès de donner son avis », a dit le sénateur.