Husky Energy fonde ses prévisions sur un baril à 40 $US

Des installations de Husky Energy en Alberta
Photo: Larry MacDougal La Presse canadienne Des installations de Husky Energy en Alberta

Calgary — Husky Energy tient pour acquis que le pétrole brut vaudra 40 $US le baril l’an prochain, et calcule que ses investissements futurs pourront être rentables même si le cours du West Texas Intermediate stagne à 30 $US le baril — ce qui est inférieur à son prix actuel.

La société de Calgary a dévoilé mardi un budget de dépenses en immobilisations d’entre 2,9 milliards et 3,1 milliards $US — à peu près semblable à celui de cette année — en incluant les coûts d’entretien et de maintenance, qui atteignent à eux seuls entre 2,4 milliards et 2,6 milliards. En outre, les dépenses en immobilisations de Husky pour 2015 semblent en voie de totaliser 3 milliards, ce qui est conforme à ce qui avait été annoncé précédemment.

Selon l’entreprise, les coûts de maintenance et d’entretien de l’an prochain seront inférieurs de 15 à 20 % à leur moyenne historique de 3 milliards. Husky n’a cependant pas soufflé mot de leur niveau en 2015.

Les dépenses en immobilisations prévues pour 2016 comprennent entre 700 millions et 800 millions pour les projets d’huiles lourdes, ainsi que 100 millions pour les projets de sables pétrolifères. Husky prévoit aussi dépenser au moins 400 millions dans chacun de ses projets en amont dans le Canada atlantique, dans l’Ouest canadien et dans la région de l’Asie-Pacifique, ainsi que 800 millions dans ses raffineries nord-américaines.

Husky Energy prévoit aussi accélérer la vente de certains actifs de production dans l’Ouest canadien et envisage de vendre partiellement certains actifs du secteur intermédiaire dans la région de Lloydminster, mais pas ceux en aval comme l’unité de valorisation de Lloydminster.

Moins de carbone au Mexique

Pendant ce temps au Mexique, le gouvernement mexicain a annoncé mardi qu’il allait investir 23 milliards de dollars dans ses six raffineries de pétrole, une initiative qui cherche à réduire de 90 % ses émissions de carbone. Au moment où de nombreux pays du monde sont réunis à Paris pour lutter contre le changement climatique, le gouvernement du président Enrique Peña Nieto a assuré qu’il se concentrerait sur la production de carburants propres : essence propre, gasoil à très faible teneur en soufre. De même que les résidus et les vapeurs seront utilisés pour la production d’électricité.

L’un des projets, qui nécessitera des investissements de l’ordre de 3,1 milliards, sera prêt au premier trimestre 2016 et devrait aboutir à la production de 212 500 barils d’essence par jour à très basse teneur en soufre, alors qu’en octobre dernier la production était de 100 100 barils. De cette manière, « la teneur en soufre de l’essence baissera, ce qui réduira de 90 % les émissions de gaz à effet de serre et d’autres contaminants dans l’atmosphère », estime le gouvernement mexicain qui espère créer avec tous ses projets quelque 63 000 emplois directs.

Par ailleurs, 3 milliards seront investis pour récupérer les vapeurs dégagées au cours du processus de production et les utiliser pour produire de l’électricité dans trois raffineries et un complexe de traitement du gaz. « On espère ce faisant satisfaire 13 % des besoins nationaux en électricité et devenir ainsi le deuxième producteur d’électricité du pays » avec une production totale de 2316 MW, indique le gouvernement.