Les immigrants, une richesse pour les entreprises qui les emploient

Des immigrants ayant obtenu la citoyenneté canadienne prêtent serment à l’occasion d’une cérémonie.
Photo: Raad Adayleh Associated Press Des immigrants ayant obtenu la citoyenneté canadienne prêtent serment à l’occasion d’une cérémonie.

La plupart des grandes entreprises québécoises emploient déjà des travailleurs immigrants et tirent de cette expérience un bilan plus que positif, rapporte une étude du Conseil du patronat du Québec (CPQ).

Près de 84 % des répondants à un sondage réalisé par le CPQ auprès de ses entreprises membres ont dit compter un ou plusieurs immigrants parmi leurs employés ou dirigeants. De ce nombre, près des deux tiers estiment que cette main-d’oeuvre répond à leurs attentes, alors que presque tous les autres disent qu’elle les dépasse parfois de beaucoup. Plus de la moitié évoque une ardeur au travail et une attitude conformes aux attentes, les autres les qualifiant de supérieures.

Bien que dans 70 % des cas, ces employés immigrants en sont à leur premier emploi au Canada, les entreprises affirment que leur intégration a été facile, voire très facile à plus de 90 % en ce qui a trait à leurs relations avec leurs supérieurs ou leurs collègues. Un quart rapporte toutefois avoir rencontré des difficultés en matière de langue et de différences culturelles.

Dans le petit nombre d’entreprises qui n’ont pas encore de travailleurs immigrants, la moitié dit que c’est parce qu’aucun d’entre eux n’y a postulé, et un autre tiers, parce que les postes disponibles sont habituellement affichés à l’interne.

« Je ne peux pas dire que cela m’étonne, mais cela me conforte néanmoins dans mon impression que les réticences, qu’on entend exprimées parfois par des employeurs à l’égard des travailleurs immigrants, disparaissent généralement aussitôt qu’on est directement exposé à cette réalité », a commenté mercredi en entretien téléphonique au Devoir le président-directeur général du CPQ, Yves-Thomas Dorval.

Ce dernier a tout de suite précisé que le sondage réalisé en ligne au début du mois d’octobre auprès de seulement une centaine d’entreprises ne peut pas prétendre à la moindre fiabilité scientifique. Il n’y voit pas moins un reflet assez juste de la réalité, du moins celle des membres du CPQ, où la grande entreprise montréalaise est relativement surreprésentée.

Le bonus économique à la diversité

Le sondage fait partie d’une étude plus large sur l’impact de l’immigration économique sur la prospérité québécoise dévoilée mercredi par le CPQ.

On y rappelle entre autres que les immigrants économiques (essentiellement des travailleurs qualifiés, mais aussi des entrepreneurs et des investisseurs) constituent près des deux tiers des quelque 47 000 immigrants reçus en moyenne au Québec chaque année.

On y passe aussi en revue plusieurs recherches scientifiques établissant un lien entre l’immigration et l’innovation, l’entrepreneuriat et les exportations. Des experts parlent d’un « bonus à la diversité » et avancent que la diversité culturelle du personnel et de la direction d’une entreprise la rend plus encline à développer de nouveaux produits et percer de nouveaux marchés.

Pour son étude, le CPQ a aussi sondé des spécialistes en immigration ainsi que des organismes engagés dans le domaine, tels que des sociétés d’État, des associations professionnelles et des banques, pour connaître leur appréciation des principaux programmes gouvernementaux en vigueur dans le domaine. La moyenne de leurs notes est d’à peine 4,6 sur 10 pour le programme à l’intention des travailleurs qualifiés et ne passe même pas le cap de 4 sur 10 en ce qui a trait aux entrepreneurs et aux investisseurs.

Faire mieux

Le CPQ tire de l’exercice une série de recommandations. Pour les travailleurs qualifiés, il en appelle entre autres à une amélioration des processus de reconnaissance des compétences acquises à l’étranger, à la mise en place de stages en entreprise et à une meilleure information des immigrants sur les valeurs et la culture québécoise. On se réjouissait aussi du projet de réforme de la Loi sur l’immigration présenté mercredi par le gouvernement Couillard et visant notamment à assurer un meilleur arrimage entre les immigrants choisis et les besoins des entreprises. « La meilleure façon d’intégrer les nouveaux arrivants est qu’ils se trouvent rapidement un emploi », fait valoir Yves-Thomas Dorval.

Pour les immigrants entrepreneurs et investisseurs, le CPQ recommande une diminution du temps d’attente et de la paperasserie, l’aide d’accompagnateurs aux entrepreneurs qui arrivent de l’étranger et une meilleure coordination entre le ministère de l’Immigration et les autres ministères et organismes à vocation économique.

« L’immigration économique ne peut pas régler tous nos problèmes de rareté de main-d’oeuvre, de productivité… Mais elle fait partie de la solution,conclut son p.-d.g. Est-ce qu’on en maximise actuellement le potentiel ? Non. On doit faire mieux. »

3 commentaires
  • Yves Corbeil - Inscrit 3 décembre 2015 08 h 48

    Avec un diplôme pour Mme Weil et M.Couillard

    Honte à elle et son PM. Avec les mesures de coupures imposés partout par son gouvernement, ne se rends elle pas compte que bientôt les québécois n'auront même plus le diplôme nécessaire pour satisfaire ses désirs, quelle imposent aux réfugiés.

    Devrons-nous expulser ces cohortes d'illettrés qui vont sortir du système Blais, Couillard dans quelques années Mme Weil et ce n'est pas M.Hamad qui va les prendre sous son ailes non plus.

    Je pense bien que vous avez besoin d'une autre réunion de caucus pour aligné vos politiques car le future s'annonce ''coiteux'' avec vos mesures.

  • Marie-Claude Delisle - Inscrite 3 décembre 2015 11 h 54

    Coeurs infarcisés vs remèdes économiques ?

    Mettons que je veux bien... Autant pour que les réfugiés s'intègrent vite et bien et perdent très rapidement cette étiquette de réfugiés même dans leur tête, que parce que j'espère qu'en voyant l'intérêt économique les Québécois délient les cordons de leur coeur (infarcisé par moments...)
    MAIS 1. Puisque qu'on sait que le réchauffement climatique cause déjà des souffrances, des sécheresses, de la faim et de la pauvreté qui forcent certains d'entre eux, de + en + nombreux à migrer,
    2. Puisque la Convention de 1951 sur les réfugiés omet de citer le climat comme cause reconnue de migration,
    3. Puisque l'ex-cancre canadien refuse d'admettre un réfugié non-politique (entendre : refuse tout pauvre sans intérêt économique)
    Pas sûre qu'il faille se réjouir de ce froid et inhumain projet encore inspiré par l'argent, les vraies affaires et autres conneries néolibérales

  • Marc Davignon - Abonné 3 décembre 2015 15 h 55

    Info-Pub.

    Pour les patron?