Londres renonce à une réforme pénalisant les plus démunis

Londres — Le gouvernement britannique a annoncé mercredi l’abandon d’une réforme fiscale qui devait réduire les crédits d’impôts accordés aux plus démunis, devant les critiques suscitées jusque dans son propre camp.

« Le plus simple est d’abandonner ces changements » annoncés en juillet, a déclaré le ministre des Finances George Osborne dans un discours à la Chambre des communes à l’occasion de la présentation du budget rectificatif du gouvernement conservateur.

Ces coupes auraient représenté 4,4 milliards de livres (8,8 milliards $CAN) dans les crédits d’impôts, des allocations qui permettent de compléter les revenus des travailleurs précaires et qui représentent une facture de 30 milliards de livres pour l’État. Elles entraient dans le cadre de vastes réductions de dépenses annoncées par le gouvernement qui prévoit de dégager un excédent d’ici à l’année budgétaire 2019-2020.

Mais cette réforme des crédits d’impôt était vigoureusement critiquée, non seulement par l’opposition travailliste mais aussi par une partie des conservateurs. Fin octobre, M. Osborne avait subi un humiliant revers à ce sujet lorsque la Chambre haute du Parlement, la Chambre des Lords, avait refusé de voter cette baisse. « J’ai entendu les inquiétudes. Je les entends et je les comprends », a déclaré M. Osborne mercredi, ajoutant que son gouvernement pouvait abandonner cette réforme grâce à l’«amélioration des finances publiques » enregistrée par ailleurs.

Revirement surprenant

Le ministre des Finances, dont la décision a suscité la surprise parce qu’il défendait cette réforme jusque-là bec et ongles, a toutefois souligné qu’il prévoyait toujours de réduire de 12 milliards de livres les aides sociales, en utilisant d’autres leviers. Un organisme indépendant, l’Institute for Fiscal Studies, avait estimé que trois millions de familles auraient perdu en moyenne 1000 livres par an si la réforme des crédits d’impôt avait été menée jusqu’au bout.

Réélus avec une majorité absolue aux élections législatives de mai, les conservateurs, traditionnellement proches des milieux d’affaires, étaient attaqués sur ce point, après s’être également présentés pendant la campagne électorale comme le parti des « gens qui travaillent ».

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