Air Canada veut prolonger le contrat de son fournisseur américain

Air Canada affirme qu’il n’avait que le devoir d’inclure cette obligation dans ses statuts, et que de toute manière, ses activités d’entretien «en ligne» peuvent inclure de l’entretien lourd.
Photo: Getty Images Air Canada affirme qu’il n’avait que le devoir d’inclure cette obligation dans ses statuts, et que de toute manière, ses activités d’entretien «en ligne» peuvent inclure de l’entretien lourd.

Air Canada envisagerait de prolonger sa relation avec la société américaine AAR, un fournisseur de services d’entretien lourd avec lequel le transporteur a resserré ses liens depuis la fermeture de son sous-traitant Aveos en 2012.

Selon un article du Duluth News Tribune publié le 29 octobre, le contrat de cinq ans dont bénéficie AAR vient à échéance en 2017, mais des discussions seraient en cours pour l’allonger de deux ans.

AAR compte 385 employés dans un centre situé à Duluth, au Minnesota, où elle s’occupe de désassembler les avions d’Air Canada pour des examens en profondeur. Ce type de travail peut prendre plus d’un mois par appareil.

« Il y a trois ans, ce hangar était essentiellement un grand trou, mais nous en avons fait un centre d’entretien de classe mondiale », a dit le vice-président d’AAR, Mark Ketterer, cité par le Duluth News Tribune. « Aujourd’hui, il abrite quatre avions, sa capacité maximale. Ça ne veut pas dire que nous ne voulons pas continuer à grandir. »

Ayant assisté à un événement de presse pour souligner l’entretien du 200e appareil à Duluth, le quotidien a ajouté que selon « des représentants des deux sociétés », des démarches ont été entamées pour que le contrat 2012-2017 soit prolongé jusqu’en 2019. Une porte-parole d’AAR a confirmé au Devoir que le contrat expire en 2017, avec option de prolonger. Selon un représentant d’Air Canada cité par le Tribune, AAR est « un excellent partenaire d’affaires ».

La fermeture d’Aveos, qui a déjà été une filiale de l’ex-société mère d’Air Canada, figure au coeur d’une guerre juridique opposant Air Canada et le procureur général du Québec. Celui-ci accuse le transporteur de ne pas respecter la loi fédérale de 1988 mentionnant l’obligation de maintenir des centres de révision et d’entretien lourd à Winnipeg, à Mississauga et dans la Communauté urbaine de Montréal.

En guise de défense, Air Canada affirme qu’il n’avait que le devoir d’inclure cette obligation dans ses statuts, et que de toute manière, ses activités d’entretien « en ligne » peuvent inclure de l’entretien lourd.

La Cour d’appel a donné raison au procureur général la semaine dernière, sans préciser le niveau d’activité idéal. Air Canada continue d’analyser le jugement avant de décider s’il veut aller en Cour suprême, a indiqué une porte-parole jeudi.

Avant Aveos

 

Lors de l’audition de la cause en Cour supérieure, à l’automne 2012, un vice-président d’Air Canada avait indiqué que le transporteur faisait affaire avec AAR bien avant la fermeture d’Aveos.

En 2011, deux ans avant l’échéance du contrat d’Aveos, Air Canada a entamé les démarches pour trouver un fournisseur capable de faire l’entretien de ses 89 appareils A320, avait dit le vice-président, Alan Butterfield, au juge Martin Castonguay. Un certain nombre de fournisseurs avaient alors été contactés, dont Aveos et Avianor, de Mirabel.

La fermeture subite d’Aveos, en avril 2012, s’est soldée par le licenciement de 2600 employés, dont 1800 à Montréal. Alors que la direction d’Aveos a accusé Air Canada, son principal client, de lui confier des volumes de travail incertains, le transporteur a affirmé qu’Aveos connaissait très bien la nature cyclique de l’industrie et les volumes à venir.

Dans les années qui ont suivi la fermeture d’Aveos, les actifs de la défunte société ont été repris par d’autres entreprises en vue d’un redémarrage, comme AJW Technique, ou tout simplement liquidés.



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