La croissance passera aussi par les banques

Michael E. Roach: «Notre stratégie de retour à la croissance reposera à la fois sur ce que nous avons bâti et sur les acquisitions. »
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Michael E. Roach: «Notre stratégie de retour à la croissance reposera à la fois sur ce que nous avons bâti et sur les acquisitions. »

Friand d’acquisitions, Groupe CGI mise également sur le virage technologique qui s’opère dans le secteur bancaire au Canada et ailleurs dans le monde afin d’asseoir sa croissance.

La société informatique québécoise a dit avoir investi de façon « significative » dans le grand Toronto, qui, d’après sa direction, représente environ la moitié des dépenses du secteur technologique au pays.

« Les banques doivent réduire leurs coûts pour mener à terme d’autres projets, a souligné mercredi le président et chef de la direction de Groupe CGI, Michael Roach. Elles entrent dans une période où elles sont déterminées à transformer leurs façons de faire. » Celui-ci participait à une conférence téléphonique afin de discuter de la performance financière de la multinationale.

M. Roach a entre autres cité le remaniement récent au sein de la haute direction de la Banque TD, qui, selon lui, illustre l’engagement de l’institution financière à investir dans le secteur technologique. De plus, la Banque Scotia a également annoncé récemment la création d’une unité digitale visant à accentuer son offre numérique, a ajouté le grand patron de Groupe CGI. « La concurrence est forte pour offrir de nouveaux services et les banques doivent [investir] afin d’être en mesure de mener cette transformation, a observé M. Roach. Cela s’observe ailleurs dans le monde, comme à Londres, New York et Paris, où nous avons investi massivement dans notre offre de service aux banques. »

Par ailleurs, la firme informatique dit avoir les reins assez solides pour réaliser une acquisition majeure au cours de la prochaine année si l’occasion se présente. L’entreprise a dressé une liste de 85 cibles potentielles de différentes tailles et elle s’affaire actuellement à identifier les dossiers qui pourraient « passer à la prochaine étape ».

« Nous générons entre 1,3 et 1,4 milliard de liquidités en plus d’avoir accès à une marge de crédit d’un montant similaire, a expliqué M. Roach. Nous avons la capacité et l’expérience pour réaliser à la fois d’importantes acquisitions ainsi que des plus petites. » La dernière acquisition majeure réalisée par Groupe CGI remonte à 2012, lorsque la société a mis la main sur la firme britanno-néerlandaise Logica au coût de 2,8 milliards.

Quant à sa performance financière, la multinationale a vu ses profits et revenus croître au quatrième trimestre. Pour le trimestre clos le 30 septembre dernier, son bénéfice net a bondi de 9 %, à 232,9 millions, ou 73 ¢ par action, contre 213,7 millions ou 67 ¢ par action il y a un an. Ses revenus trimestriels se sont améliorés de 4,1 % à 2,6 milliards. En excluant les éléments non récurrents, Groupe CGI a engrangé un profit ajusté de 260,4 millions, ou 82 ¢ par action, au quatrième trimestre, en hausse de 1,5 %.

Pour ce qui est de l’exercice 2015, Groupe CGI a dégagé un bénéfice net de 977,6 millions, ou 3,04 $ par action, en hausse de 13,7 %. Ses revenus se sont toutefois repliés de 2 %, à 10,3 milliards.

« Nous sommes bien positionnés sur plusieurs aspects pour amorcer ce nouvel exercice, a dit M. Roach. Notre stratégie de retour à la croissance reposera à la fois sur ce que nous avons bâti et sur les acquisitions. » La signature de nouveaux contrats a atteint 2,9 milliards de dollars au quatrième trimestre, en hausse de 39 % par rapport à la même période l’an dernier.

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