Des contrats alléchants pour Hydro-Québec

Hydro-Québec dispose déjà de surplus d’électricité appréciables.
Photo: Ted Nad Getty Images Hydro-Québec dispose déjà de surplus d’électricité appréciables.

Le premier ministre Philippe Couillard amorce une mission de deux jours à Boston au moment où Hydro-Québec s’apprête à participer à un appel d’offres historique pour la fourniture à la Nouvelle-Angleterre d’électricité tirée de sources renouvelables.

« Les signaux venant de cette région sont très positifs. C’est très bien pour l’hydroélectricité québécoise », a indiqué mercredi le porte-parole d’Hydro-Québec, Gary Sutherland.

Trois États de la Nouvelle-Angleterre, le Connecticut, le Massachusetts et le Rhode Island, se sont associés pour lancer un appel de propositions pour des contrats à long terme — de 20 ans ou de 15 ans — visant la fourniture d’électricité pour un total de 5067 GWh par an, soit l’équivalent de deux fois et demie la somme d’électricité vendue par Hydro-Québec au Vermont en vertu de contrats à long terme. L’électricité demandée doit provenir de sources renouvelables, soit l’éolien, le solaire et la biomasse. En principe, l’hydroélectricité de grande taille n’est pas admise, mais compte tenu des quantités requises, son apport pourrait être accepté, a signalé Gary Sutherland.

Qui plus est, les trois États sollicitent des offres, en sus de ce bloc, pour des quantités d’électricité répondant aux critères du « Qualified Clean Energy » ou l’équivalent, quantités qu’Hydro-Québec serait appelée à fournir.

Les besoins en énergie propre sont grands. Le Massachusetts, entre autres, s’est engagé dans un ambitieux programme de réduction de ses émissions de gaz à effets de serre (GES) de 25 % par rapport au niveau de 1990 d’ici 2020, et de 80 % d’ici 2050. Lors de la réunion des gouverneurs de la Nouvelle-Angleterre et des premiers ministres de l’est du Canada en septembre dernier, le gouverneur du Massachusetts, Charlie Baker, a déclaré que l’État poursuivait des objectifs pour réduire son empreinte de carbone et qu’une « relation adéquate avec l’hydroélectricité canadienne rendra la chose beaucoup plus facile ».

C’est d’autant plus vrai que la centrale nucléaire Pilgrim, dans le sud de l’État, fermera de façon définitive en 2019. Cette centrale de 680 MW fournit 5 % de l’énergie de la région et compte pour 84 % de l’énergie produite dans l’État sans émission de GES, selon le Boston Globe. Bill Mohl, le responsable de l’exploitation des centrales nucléaires du propriétaire de Pilgrim, la société Entergy Corp., a affirmé que la décision de fermer la centrale était influencée par « l’effort de l’État pour conclure des ententes à long terme afin de se procurer de l’énergie hydroélectrique du Canada », a rapporté le quotidien bostonnais le mois dernier.

Et quand on parle du Canada, il s’agit en fait du Québec. L’énergie produite par la nouvelle centrale de Muskrat Falls, à Terre-Neuve-et-Labrador, n’est destinée qu’au marché canadien. Quant au projet de Gull Island, il ne pourra pas être achevé avant 2022 ou 2025 au plus tôt, selon le chef de l’exploitation de la société terre-neuvienne Nalcor, Ed Martin, cité par un quotidien local.

Hydro-Québec dispose déjà de surplus d’électricité appréciables. La mise en service partielle du complexe de La Romaine fournit déjà 640 MW de plus depuis 2014 ; 910 MW s’ajouteront d’ici 2020, ce qui alimentera ces surplus.

Pour acheminer de nouvelles quantités d’électricité en Nouvelle-Angleterre, Hydro-Québec s’est associée au plus grand distributeur d’électricité de la région, Eversource Energy, pour la construction d’une ligne de transmission du Québec au sud du New Hampshire pour alimenter l’ensemble du réseau. La société d’État prévoit que cette ligne, un investissement de plus de 2 milliards, entrera en service en 2019.

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