Bombardier devra être convaincant, dit Trudeau

Le premier ministre du Canada, Justin Trudeau
Photo: Adrian Wyld La Presse canadienne Le premier ministre du Canada, Justin Trudeau

Le premier ministre Justin Trudeau affirme que si Bombardier a besoin d’un investissement du fédéral dans son programme de la CSeries, il devra lui livrer une présentation d’affaires solide.

M. Trudeau a affirmé, mardi matin, à une réunion du Congrès du travail du Canada à Ottawa, que son gouvernement ne financerait pas un tel projet d’affaires de manière émotive ou aux fins de politique partisane, ont dévoilé des sources présentes à la rencontre.

Le premier ministre a tout de même qualifié la firme montréalaise Bombardier de fabricant de grande valeur dans la même ligue que le secteur automobile canadien, qui avait obtenu de l’argent du gouvernement fédéral pour l’aider à surmonter la récession de 2008.

M. Trudeau a répondu aux questions lors de la rencontre à portes closes. Il est le premier premier ministre en exercice à prendre la parole devant la plus grande organisation syndicale au pays en plus de 50 ans. Avant lui, le dernier premier ministre fédéral à s’être présenté devant le CTC avait été John Diefenbaker, au congrès de 1958.

« Il ne fait pas de doute que la fabrication de grande valeur sera une part extrêmement importante de l’économie canadienne pour les années à venir. L’aéronautique est un bon exemple de cela, tout comme le secteur automobile et d’autres secteurs, a dit M. Trudeau à la rencontre. Il faut déterminer de manière responsable et les yeux grand ouverts la meilleure manière d’investir et de soutenir ce genre de fabrication, et pas seulement se baser sur l’émotion, la politique ou le caractère symbolique. »

M. Trudeau a ajouté qu’il devrait y avoir une « présentation d’affaires solide », et que le gouvernement s’assurerait qu’une décision sera prise dans le meilleur intérêt des Canadiens.

Le gouvernement du Québec a indiqué le mois dernier qu’il investirait 1,3 milliard dans la CSeries de Bombardier en échange d’une participation de près de 50 % dans le projet. Depuis ce temps, le gouvernement du Québec a approché le gouvernement fédéral pour qu’il injecte une somme équivalente.

Bombardier peine à financer le programme de la CSeries, plombé par des délais et des dépassements de coûts. Le ministre fédéral des Transports, Marc Garneau, a déjà dit que Bombardier n’avait pas approché formellement le gouvernement fédéral quant à la possibilité d’une aide fédérale.

Argumentaire solide

 

Les commentaires de M. Trudeau sur Bombardier n’ont pas surpris le président du CTC, Hassan Yussuff. « Je crois que Bombardier a un argumentaire solide. […] Bombardier a une vaste empreinte à travers ce pays pour les emplois et les communautés, et je crois qu’il est très important de maintenir cela », a dit M. Yussuff après avoir entendu le premier ministre.

M. Trudeau a été applaudi bruyamment lorsqu’il a affirmé devant plus de 120 chefs syndicaux que son gouvernement respectera sa promesse d’abroger les projets de loi C-377 et C-525 du précédent gouvernement conservateur, jugés antisyndicaux. M. Trudeau a dit croire que le syndicalisme ne représente pas « un problème, mais plutôt une solution ».

Le premier ministre a aussi salué l’aide offerte par le CTC dans les dossiers de la lutte contre les changements climatiques et de l’accueil des réfugiés syriens. « Nous avons plus de 130 conseils du travail et 25 000 syndicats locaux dans des collectivités partout au Canada et nous avons clairement fait savoir au premier ministre que nous voulons aider son gouvernement à atteindre son objectif d’accueillir et de réinstaller 25 000 réfugiés syriens au Canada », a dit M. Yussuff.

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