Un gros joueur débarque dans les obligations vertes

L’univers des obligations vertes connaît une année nettement inférieure aux prévisions, mais il compte maintenant un nouveau joueur : BlackRock, dont les 4500 milliards sous gestion en font le plus gros gestionnaire d’actifs au monde.

L’arrivée de BlackRock dans le paysage est décrite comme un moment important dans l’évolution des obligations vertes, qui visent à soutenir des initiatives de lutte contre les changements climatiques et de développement durable.

Le rôle accru de BlackRock a été annoncé par le Climate Bonds Initiative, qui se positionne comme un carrefour autour duquel se dessinent les principes de fonctionnement de ce nouveau créneau. Le CBI compte déjà quelques partenaires comme HSBC, Credit Suisse et le spécialiste d’indices financiers MSCI.

« Beaucoup d’investissements demandent plus qu’un rendement financier pour leurs investissements », a affirmé Kevin Holt, co-chef du secteur des revenus fixes pour les Amériques chez BlackRock. « Le Climate Bonds Initiative est en train de devenir le chef de file dans l’émergence d’un consensus pour les normes et les mécanismes permettant de communiquer l’impact de ces obligations. »

BlackRock, qui a déjà investi dans le secteur des obligations vertes, a ajouté que « la normalisation devrait stimuler la demande des investisseurs et augmenter la liquidité » des titres. Le gestionnaire de fonds précise que son portefeuille voué à la poursuite des principes d’investissement responsable est d’environ 200 milliards. De son côté, le CBI estime que BlackRock amène avec lui une profonde compréhension des besoins des investisseurs et un rayon d’action certain.

C’est le deuxième grand partenaire en peu de temps. Il y a deux semaines, c’était Allianz, plus grand assureur allemand et qui figure également dans les plus importants investisseurs au monde. Ses actifs sous gestion, pour le compte de clients institutionnels et de détail, sont de près de 450 milliards d’euros (645 milliards de dollars canadiens).

Année plus faible que prévu

L’annonce survient au moment où le portrait final de l’année 2015 commence à se définir. Le montant cumulatif de janvier à octobre décrit une année nettement inférieure aux prévisions, qui annonçaient des émissions tournant autour de 100 milliards de dollars américains.

Ainsi, de janvier à octobre, les émissions d’obligations vertes ont totalisé 32,15 milliards de dollars américains, comparativement à 36,6 milliards en 2014.

Au Canada, une poignée d’émissions seulement ont été effectuées, notamment par la Banque TD (500 millions), le gouvernement de l’Ontario (500 millions) et Exportation et développement Canada (300 millions).

En Chine, cependant, la banque centrale pourrait dévoiler d’ici deux semaines les principes de fonctionnement des obligations vertes, a affirmé ce week-end le chef de la direction de CBI, Sean Kidney, au quotidien hongkongais South China Morning Post.

La Chine est aux prises avec d’énormes problèmes de pollution et un besoin urgent de réduire ses émissions de gaz à effet de serre. Le fait d’ouvrir le secteur des obligations vertes aux investisseurs étrangers sera extrêmement bénéfique aux efforts, selon M. Kidney.

Toujours selon M. Kidney, la Chine va déterminer les critères permettant de certifier qu’une obligation est « verte » et mettra la table à la vérification des réductions de gaz à effet de serre des projets par des entités indépendantes.

Il y a quelques semaines, la Banque agricole de Chine a procédé à l’émission d’une obligation de 1,3 milliard de dollars canadiens. Elle doit financer des projets d’efficacité énergétique et d’énergies renouvelables.