En mission économique en Europe - Jean Charest vante le Québec aux industriels

Londres — Un vent de changement a soufflé sur le Québec depuis l'élection d'un gouvernement libéral, plus proche du secteur privé et plus ouvert que jamais aux investisseurs étrangers. Tel est, en substance, le message livré hier par le premier ministre Jean Charest au cours de sa première allocution en terre européenne depuis son accession au pouvoir.

C'est donc à Londres, à deux pas de la prestigieuse City — une des principales places financières au monde —, dans le cadre du très chic hôtel Renaissance Chancery Court et devant un parterre d'industriels et de financiers, que M. Charest a choisi d'annoncer les couleurs de son gouvernement.

Il a fait valoir que le Québec avait en mains tous les outils pour accroître son niveau de vie et attirer un nombre sans cesse plus important d'investisseurs étrangers. «Cette combinaison unique de leadership dans les secteurs de la haute technologie, des sources d'énergie fiables et concurrentielles, l'intégration dans le marché nord-américain et une main-d'oeuvre très qualifiée sont les gages des succès de l'économie québécoise», a dit M. Charest, qui a rappelé son engagement à faire les choses autrement que les gouvernements précédents.

S'inspirer de Blair

Tout en énumérant les grands axes et valeurs qui guident son action (décentralisation, accent sur les partenariats public-privé, promotion du libre-échange, etc.), il a dit vouloir établir de nouvelles règles de gouvernance et s'inspirer, pour y parvenir, des réalisations du premier ministre Tony Blair, en Grande-Bretagne. «Nous avons beaucoup à apprendre et à gagner de l'expérience britannique», selon lui.

D'ailleurs, a-t-il poursuivi, le Québec et la Grande-Bretagne ont beaucoup de choses en commun, dont le même système parlementaire, sans compter qu'«après les États-Unis, le Royaume-Uni constitue notre plus important partenaire commercial».

À son auditoire, M. Charest a donné du Québec l'image d'une économie moderne, axée sur l'innovation et la haute technologie, et qui prospère grâce à une main-d'oeuvre qualifiée, spécialisée et bilingue.

Même s'il n'est élu que depuis quelques mois, son gouvernement, a-t-il fait valoir, a déjà réussi à créer un environnement plus accueillant pour l'investissement et les affaires. «La taxe sur le capital a été réduite. 70 % des compagnies québécoises en sont désormais exemptées», a-t-il dit.

M. Charest a prononcé son allocution lors d'un dîner parrainé par la Chambre de commerce Canada-Royaume-Uni, qui regroupe quelque 300 membres — canadiens et britanniques — issus du milieu des affaires. On peut y trouver des dirigeants de sociétés britanniques installées au Canada et des dirigeants de compagnies canadiennes ayant choisi d'investir au Royaume-Uni.

Étaient aussi présents dans la salle, le président de la Caisse de dépôt et placement du Québec, Henri-Paul Rousseau, et le président d'Investissement-Québec, Jean Houde, notamment. «Le discours du premier ministre est constant. Une ouverture très grande au développement des entreprises et une démonstration assez claire que l'économie du Québec s'est transformée au cours des 20 dernières années», a dit M. Houde après l'allocution de M. Charest, lors d'un point de presse.

Le ton du discours de M. Charest était taillé sur mesure pour plaire à son auditoire. «C'était une excellente présentation de nature à démontrer que les investisseurs de n'importe où dans le monde vont trouver au Québec un environnement très, très compétitif», a déclaré, enthousiaste, lors d'un bref point de presse, un des membres de la Chambre, Harvey Susser, directeur d'une firme-conseil londonienne spécialisée en investissement étranger, Capital Representatives.

M. Charest s'est par ailleurs fait le champion de la diversité culturelle «pour assurer la survivance de la langue et de la culture du Québec».