Le Québec veut attirer davantage de grandes sociétés étrangères

Londres — Le Québec veut attirer davantage de grandes sociétés étrangères de capital de risque et entend se servir de l'exemple britannique pour y arriver, a affirmé hier le premier ministre Jean Charest.

«Le Québec n'a pas eu beaucoup de participation de sociétés de capital de risque privées pour ce qu'on appelle de deuxième et troisième financement, c'est-à-dire des financements qui arrivent après le démarrage de l'entreprise. Ce que nous recherchons, ce sont des gens qui seront intéressés à venir explorer au Québec ces occasions d'affaires», a dit le premier ministre Jean Charest lors d'un point de presse à Londres.

M. Charest veut attirer des investisseurs étrangers intéressés à prendre le relais, en partie, en ce domaine, des grandes sociétés d'État — comme la Caisse de dépôt et placement du Québec, la Société générale de financement (SGF) et les sociétés Innovatech, en régions — pour ainsi créer un meilleur «équilibre» de financement privé-public.

Une expertise reconnue

Le premier ministre s'est entretenu hier avec le vice-premier ministre du Royaume-Uni, John Prescott — M. Charest souhaitait, en fait, rencontrer le premier ministre Tony Blair, mais ce dernier a finalement décliné l'invitation — et les deux hommes ont convenu de pousser plus loin les échanges.

Les Britanniques ont une expertise reconnue dans les partenariats public-privé, a-t-il fait valoir, et le Québec a tout intérêt à tirer profit de leurs réalisations — même si le gouvernement Blair a enregistré certains ratés, dans le secteur du transport, notamment.

«Ça veut donc dire qu'on peut profiter beaucoup de l'expérience, puisqu'il [M. Prescott] nous invite très ouvertement à voir ce qui a marché et ce qui a moins bien marché. On va profiter de l'occasion, je n'ai aucun doute là-dessus», a-t-il dit.

Mais quels que soient les enseignements de cette future collaboration québéco-britannique, les sociétés d'État demeureront présentes dans le secteur des technologies de même qu'en régions, a précisé M. Charest, qui dit vouloir éviter tout «dogmatisme».

De plus, chose certaine, elles devront conserver une forme d'imputabilité, car il faut «une instance au niveau politique qui force la reddition de comptes sur la façon dont c'est administré».

Une commission parlementaire doit faire le point sur ces questions, en février, à la suite du rapport Brunet, rendu public en décembre, qui recommandait notamment de faire passer de 19 à deux le nombre de sociétés d'État chargées d'appuyer le secteur privé et de revoir l'intervention de l'État dans le capital de risque.